La Foire internationale des énergies renouvelables en Afrique a ouvert ses portes hier au Best Western Hotel de Douala. Entre les engagements du Cameroun en faveur de la transition énergétique et l’ambition de faire de cette rencontre une plateforme régionale d’investissement et de coopération, les premières interventions ont mis en avant les enjeux d’un accès durable à l’énergie.

Le développement des énergies renouvelables s’invite au cœur des réflexions sur l’avenir économique de l’Afrique centrale. Depuis hier, le Best Western Hotel de Douala accueille la Foire internationale des énergies renouvelables en Afrique (FIERA) 2026, une initiative destinée à rapprocher les institutions publiques, les entreprises, les investisseurs, les partenaires techniques et les porteurs de projets autour des solutions énergétiques durables.

À l’ouverture des travaux, le Délégué régional du ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), Youssoufa Hamadou, a présenté les orientations du gouvernement camerounais en matière de transition énergétique. Il a notamment rappelé le potentiel du pays, qui dispose d’importantes ressources hydroélectriques, solaires et de biomasse, ainsi que de possibilités de développement de la petite hydroélectricité.

Cette politique se traduit par plusieurs initiatives conduites par le ministère de l’Eau et de l’Énergie, notamment à travers la Direction des énergies renouvelables et de la maîtrise de l’énergie. Parmi les projets évoqués figurent le programme d’électrification de 1 000 localités par systèmes solaires photovoltaïques, le développement des mini-réseaux verts, l’élaboration d’une stratégie nationale de cuisson propre et le Programme national de maîtrise de l’énergie (PROLEM).

Le responsable régional a également évoqué les efforts engagés pour moderniser le cadre législatif et réglementaire du secteur, avec l’élaboration d’une loi sur la promotion des énergies renouvelables et la révision de la loi régissant le secteur de l’électricité. L’objectif est notamment de favoriser les investissements, l’innovation et le transfert de technologies.

Le Compact énergétique à l’horizon 2030

L’année 2026 constitue, selon l’intervention du représentant du MINEE, une étape importante avec l’adoption du Compact énergétique du Cameroun dans le cadre de l’initiative Mission 300. Cette feuille de route fixe notamment l’ambition de porter le taux d’accès à l’électricité à 100 % à l’horizon 2030, d’accroître la contribution des énergies renouvelables au mix énergétique national et d’améliorer l’accès des populations à des solutions de cuisson propre.

Pour Youssoufa Hamadou, la transition énergétique dépasse ainsi la seule dimension environnementale. Elle représente également un levier de transformation économique et sociale, à travers l’amélioration de l’accès à l’électricité, le développement des activités productives et la création d’emplois.

Prenant ensuite la parole, le promoteur de la FIERA, Ludovic Dassi, a replacé cette initiative dans le contexte des difficultés énergétiques rencontrées par les populations et les acteurs économiques africains. Il a notamment souligné les conséquences des interruptions d’électricité sur les entreprises, les petites et moyennes entreprises, les agriculteurs et les collectivités territoriales.

À travers le thème consacré aux énergies renouvelables pour l’indépendance énergétique de l’Afrique, il défend une conception de la souveraineté fondée sur la capacité des pays africains à valoriser leurs ressources, développer leurs compétences, maîtriser leurs technologies et construire des partenariats équilibrés.

Une ambition qui dépasse les frontières camerounaises

Au-delà du marché national, Ludovic Dassi entend positionner la FIERA comme une plateforme de référence en Afrique centrale. Le promoteur a insisté sur les complémentarités énergétiques entre le Cameroun, le Tchad, le Congo, le Gabon, la République centrafricaine et la Guinée équatoriale. Selon lui, ces complémentarités pourraient favoriser des projets communs, des échanges de compétences, des investissements et le développement d’infrastructures énergétiques interconnectées.

Le choix de Douala repose notamment sur son statut de carrefour économique et logistique sous-régional. La foire ambitionne ainsi de faciliter les rencontres entre les collectivités territoriales, les industriels, les PME, les fournisseurs de technologies et les investisseurs.

Son programme s’articule autour de cinq axes : la production énergétique, les réseaux et infrastructures, la gouvernance, le financement des projets ainsi que le capital humain et l’innovation. Conférences, ateliers techniques, rencontres d’affaires, journée des maires et espaces d’innovation doivent permettre de transformer les échanges en opportunités concrètes.

Le promoteur a par ailleurs lancé un appel à la diaspora africaine, notamment camerounaise, afin qu’elle mette davantage ses compétences, ses réseaux professionnels et son expérience internationale au service du développement du continent. Il a également encouragé les jeunes à investir dans la formation, l’innovation et l’entrepreneuriat.

À travers cette première édition, la FIERA entend contribuer à rapprocher les besoins énergétiques africains des technologies, des compétences et des financements disponibles à l’échelle internationale. Un rendez-vous dont les retombées dépendront désormais de la capacité des participants à faire émerger des partenariats et des projets structurants.

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