Réunis autour du thème « Femmes leaders, femmes d’impact pour une croissance inclusive et durable au Cameroun et en Afrique », les participantes au premier congrès national de Business and Professional Women (BPW) Cameroun sont invitées à transformer leurs ambitions en actions concrètes. Parrain de l’événement, le gouverneur du Littoral, Dieudonné Ivaha Diboua, a insisté sur l’autonomisation des femmes et l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeantes.

À l’ouverture du congrès, ce vendredi 9 octobre, le gouverneur a appelé les participantes à faire du leadership féminin un levier de transformation économique et sociale. Devant les représentantes des différents secteurs d’activité, il a souligné que les femmes ne doivent plus être considérées uniquement comme des bénéficiaires des politiques publiques, mais comme des actrices à part entière de la croissance, capables de concevoir, de diriger et de mettre en œuvre des solutions adaptées aux réalités du pays.

« Le temps des promesses est révolu. Le moment est venu de passer de l’engagement à l’action concrète », a-t-il déclaré, invitant les femmes à proposer des solutions, nouer des partenariats et obtenir des résultats durables. Pour le gouverneur, les discours sur l’égalité et l’autonomisation ne peuvent produire d’effets que s’ils sont accompagnés d’initiatives précises, de mécanismes de suivi et d’un engagement constant des organisations professionnelles.

Il a également encouragé les participantes à renforcer leur solidarité, à mutualiser leurs expériences et à créer des réseaux capables de soutenir les porteuses de projets, notamment celles qui évoluent dans les zones rurales ou dans le secteur informel. Selon lui, l’action collective constitue l’un des moyens les plus efficaces pour surmonter les obstacles liés à l’accès au financement, à la formation et aux marchés.

Cinq priorités pour renforcer le leadership féminin

Dieudonné Ivaha Diboua a identifié cinq leviers : l’inclusion financière, la gouvernance transparente, le mentorat et la transmission intergénérationnelle, l’encadrement juridique, ainsi que le bien-être et la santé.

Ces priorités doivent permettre aux femmes de développer leurs activités, d’accéder aux financements, de renforcer leurs compétences et de participer davantage aux espaces de décision. L’inclusion financière apparaît notamment comme une condition essentielle pour permettre aux entrepreneures de consolider leurs entreprises, d’investir dans de nouveaux équipements et de créer des emplois. Elle suppose un meilleur accès au crédit, mais aussi une information plus claire sur les produits financiers et les dispositifs d’accompagnement existants.

La gouvernance transparente doit, pour sa part, favoriser la confiance au sein des organisations et garantir une gestion responsable des ressources. Le gouverneur a insisté sur la nécessité de mettre en place des structures crédibles, capables de rendre compte de leurs actions et de mesurer les résultats obtenus.

Le mentorat et la transmission intergénérationnelle ont également été présentés comme des outils indispensables. Les jeunes femmes doivent pouvoir bénéficier de l’expérience de professionnelles confirmées, tandis que ces dernières sont appelées à transmettre leurs connaissances, leurs réseaux et les leçons tirées de leur parcours. Cette relation peut contribuer à réduire l’isolement des nouvelles entrepreneures et à accélérer leur progression.

L’encadrement juridique doit aider les femmes à mieux connaître leurs droits, à sécuriser leurs activités et à défendre leurs intérêts dans les relations commerciales et professionnelles. Enfin, la question du bien-être et de la santé ne saurait être dissociée de la performance. Une dirigeante ne peut durablement porter une activité si elle ne dispose pas de conditions de vie et de travail favorables.

Le gouverneur a également rappelé leur rôle essentiel dans l’agriculture, le commerce, l’artisanat, l’entrepreneuriat et les échanges transfrontaliers. Il a toutefois souligné que cette contribution ne s’accompagne pas encore d’un accès équivalent aux responsabilités et aux ressources. Les femmes restent confrontées à des difficultés persistantes : faible représentation dans les instances de décision, accès limité à la propriété et au crédit, poids des normes sociales, manque de réseaux professionnels et insuffisance des dispositifs de protection.

BPW Cameroun veut structurer son réseau

La création d’une fédération nationale constitue une étape importante pour BPW Cameroun. L’organisation entend renforcer la formation, le mentorat, l’autonomisation économique, l’accès au financement et le leadership des jeunes.

Cette structuration doit permettre de fédérer les différentes initiatives existantes, de donner davantage de visibilité aux actions menées et de porter une voix commune auprès des institutions publiques et privées. En se dotant d’un cadre national, BPW Cameroun souhaite également faciliter la circulation de l’information entre ses membres et favoriser la création de projets communs.

La fédération entend mettre l’accent sur le développement des compétences. Des formations dans les domaines de la gestion, du numérique, du marketing, de la négociation et de la gouvernance pourraient aider les membres à mieux répondre aux exigences d’un environnement économique en constante évolution. L’organisation veut aussi accorder une place particulière aux jeunes femmes, afin de préparer une relève capable d’occuper des postes de responsabilité dans les entreprises, les administrations et les organisations de la société civile.

Elle souhaite aussi établir un dialogue durable avec les pouvoirs publics afin de mieux orienter les femmes vers les dispositifs d’accompagnement et de faciliter leur accès aux marchés nationaux et internationaux. Ce dialogue pourrait porter sur la simplification des procédures, l’amélioration de l’information économique, la commande publique, la fiscalité et la mise en place de mécanismes de financement adaptés aux petites et moyennes entreprises dirigées par des femmes.

Pour BPW Cameroun, l’enjeu est désormais de dépasser le cadre des rencontres ponctuelles. Le réseau devra proposer un calendrier d’activités, définir des objectifs mesurables et assurer un suivi régulier des engagements pris. La réussite de cette nouvelle étape dépendra de la capacité de ses membres à travailler dans la durée et à transformer les recommandations en programmes opérationnels.

Une ouverture internationale

Le congrès a également bénéficié du soutien de BPW New York. Nermine Amad a transmis un message de la fédération américaine, saluant la création de BPW Cameroun et rappelant l’importance de la patience, du dialogue, du compromis et de la persévérance.

Cette coopération doit favoriser le partage d’expériences, le développement des compétences et la mise en place de nouvelles collaborations. Elle ouvre également des perspectives pour les membres de BPW Cameroun, qui pourront s’inspirer d’initiatives conduites dans d’autres pays et développer des contacts avec des professionnelles issues de secteurs variés.

La dimension internationale du réseau peut aussi faciliter l’accès à des formations spécialisées, à des programmes d’échanges et à des opportunités de partenariat. Dans un contexte marqué par la transformation numérique et l’intensification des échanges, l’ouverture sur l’extérieur constitue un atout pour les entrepreneures qui souhaitent élargir leur clientèle, améliorer leurs produits ou accéder à de nouveaux marchés.

Les participantes ont été encouragées à considérer cette coopération comme un espace d’apprentissage et non comme une simple relation institutionnelle. Le partage d’expériences doit permettre d’identifier les pratiques qui peuvent être adaptées au contexte camerounais, tout en tenant compte des réalités locales et des besoins spécifiques des femmes.

Des attentes fortes à l’issue du congrès

Au-delà des échanges et des interventions, le congrès a fait émerger plusieurs attentes. Les participantes souhaitent notamment que les engagements annoncés soient suivis d’effets, que les réseaux professionnels soient renforcés et que les femmes bénéficient d’un accompagnement plus proche de leurs réalités quotidiennes.

Elles appellent également à une meilleure coordination entre les associations, les institutions publiques, les établissements financiers et les entreprises privées. Une telle collaboration permettrait d’éviter la dispersion des initiatives et de proposer des parcours d’accompagnement plus cohérents, depuis la formation jusqu’à l’accès au financement et aux marchés.

La question de la représentation des femmes dans les espaces de décision demeure également centrale. Pour les participantes, le leadership féminin ne doit pas se limiter à l’entrepreneuriat. Il doit aussi s’exprimer dans la vie publique, les conseils d’administration, les organisations professionnelles, les collectivités territoriales et les instances de définition des politiques économiques.

Passer des ambitions aux résultats

En clôturant l’ouverture des travaux, Dieudonné Ivaha Diboua a invité BPW Cameroun à transformer ses échanges en programmes, partenariats et opportunités concrètes.

La crédibilité de la fédération dépendra désormais de sa capacité à traduire ses priorités en actions mesurables. Cela implique de définir des indicateurs, de publier régulièrement les résultats obtenus et de maintenir un dialogue constant avec les bénéficiaires et les partenaires. Les initiatives devront également tenir compte de la diversité des profils féminins, qu’il s’agisse de salariées, d’entrepreneures, d’agricultrices, de commerçantes, de cadres ou de jeunes diplômées.

Le congrès marque ainsi le début d’une nouvelle phase pour BPW Cameroun. Après la mobilisation et la réflexion, l’organisation devra démontrer sa capacité à produire des changements visibles : davantage de femmes formées, plus d’entreprises accompagnées, un meilleur accès aux financements et une présence accrue dans les lieux de décision.

C’est à cette condition que le leadership féminin pourra devenir un véritable moteur de croissance inclusive et durable. En appelant les participantes à passer à l’action, le gouverneur a placé la fédération face à une responsabilité claire : faire de ses engagements un programme concret au service des femmes et du développement du Cameroun.

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