Une campagne organisée le 27 octobre 2026 à l’École publique d’applications d’Akwa Groupe 2 par L’ŒIL ET LA MAIN et le CAFDA École pour Sourds a mis en évidence plusieurs problèmes nécessitant une attention médicale. En parallèle, plus de 250 enfants ont été sensibilisés à la prévention des troubles auditifs et initiés à la langue des signes.
Les premiers résultats interpellent. Sur les 50 élèves examinés le mardi 27 octobre 2026 à l’École publique d’applications d’Akwa Groupe 2, à Douala, 33 présentaient des anomalies relevées lors du dépistage auditif. L’opération a été menée par l’association L’ŒIL ET LA MAIN et le CAFDA École pour Sourds dirigés par Dimitri Fokou, avec l’appui médical du service d’oto-rhino-laryngologie (ORL) de l’Hôpital militaire de Douala.
Initialement, les organisateurs entendaient examiner 150 enfants. Le calendrier scolaire, marqué par la fin des cours à 12 h 30, n’a cependant permis de soumettre que 50 élèves aux consultations. Le dépistage a été conduit à partir de 10 heures par le Dr Issock Paul, major du service ORL.
Le bilan communiqué fait état de 14 élèves signalant une sensation d’oreille bouchée, parfois accompagnée de douleurs, de quatre cas d’inflammation avec écoulement et de 15 cas de bouchons de cérumen. Ces observations nécessitent, selon les situations, des examens complémentaires et une prise en charge médicale appropriée. Elles ne constituent pas, à elles seules, un diagnostic définitif de perte auditive.
Au-delà des chiffres, cette campagne pose la question de la place accordée à la santé auditive dans le suivi des élèves. Une gêne persistante, une douleur ou une difficulté à percevoir les consignes peuvent compliquer les interactions en classe et perturber les apprentissages. D’où l’importance d’un repérage précoce et d’une orientation vers les services de santé.
Les comportements à risque ciblés
L’intervention ne s’est pas limitée aux consultations médicales. Dimitri Fokou, coordonnateur de l’association L’ŒIL ET LA MAIN et directeur du CAFDA, a animé une séance de sensibilisation destinée aux élèves et aux enseignants. Au centre des échanges : les gestes susceptibles d’endommager l’oreille et les moyens de prévenir certains troubles.
Les enfants ont notamment été mis en garde contre l’introduction de crayons, de stylos ou d’autres objets dans le conduit auditif, ainsi que contre les pratiques de nettoyage inadaptées. Les risques liés à l’exposition aux sons intenses et à l’utilisation prolongée d’écouteurs à volume élevé ont également été évoqués.
Les violences physiques en milieu scolaire ont constitué un autre point d’attention. Les gifles et les coups portés à la tête ou aux oreilles peuvent provoquer des blessures, voire des lésions auditives. Les organisateurs ont appelé les encadreurs à privilégier des méthodes éducatives respectueuses de l’intégrité physique des enfants.
La vigilance des enseignants a également été sollicitée face à certains signes : un élève qui demande régulièrement de répéter une consigne, ne réagit pas lorsqu’on l’appelle ou semble éprouver des difficultés à suivre une conversation. Sans suffire à établir un diagnostic, ces comportements peuvent justifier une consultation.
Plus de 250 enfants sensibilisés à la langue des signes
L’autre volet de la campagne concernait l’inclusion des personnes sourdes ou malentendantes. Plus de 250 enfants ont participé aux activités de sensibilisation et découvert les bases de la langue des signes, notamment l’alphabet, les chiffres et quelques expressions courantes. Pour L’ŒIL ET LA MAIN et le CAFDA, l’enjeu dépasse l’apprentissage de quelques gestes. Il s’agit aussi de familiariser les élèves avec d’autres modes de communication, de réduire les préjugés et de prévenir les moqueries dont peuvent être victimes les enfants sourds ou malentendants.
La participation des enseignants est apparue déterminante pour prolonger cette sensibilisation au-delà de la journée d’intervention. L’opération a été organisée avec l’autorisation du délégué régional de l’Éducation de base du Littoral et la collaboration de la directrice de l’établissement, Mme Konye née Ngo Nkondog Antoinette. Les organisateurs annoncent déjà une prochaine étape à l’École publique inclusive de New Town Aéroport, à Douala. Ils prévoient également de retourner à Akwa Groupe 2 pour poursuivre le dépistage et atteindre l’objectif initial de 150 élèves examinés.
Le programme entend ainsi associer prévention, repérage des troubles et sensibilisation à l’inclusion. Ses initiateurs sollicitent le soutien des entreprises, des mécènes et des personnes engagées dans la protection de l’enfance afin d’étendre les interventions à d’autres établissements.
À Akwa, les résultats du premier dépistage donnent une indication des besoins rencontrés sur le terrain. La suite dépendra notamment de la continuité des examens, de l’orientation des enfants concernés vers les soins et de la capacité des acteurs éducatifs et sanitaires à inscrire la prévention auditive dans les pratiques scolaires.

























