Au deuxième jour du Salon de la Nutrition, organisé à l’Hôpital Laquintinie de Douala, ce samedi 17 octobre 2026, l’endocrino-pédiatre et enseignante-chercheuse a expliqué comment les habitudes alimentaires influencent le fonctionnement hormonal, la croissance et le développement des enfants. Elle a insisté sur l’importance d’une alimentation équilibrée dès les premières années de vie et à la puberté.

L’alimentation ne sert pas uniquement à couvrir les besoins énergétiques de l’organisme. Elle joue également un rôle déterminant dans la régulation hormonale, la croissance et la prévention de plusieurs maladies métaboliques. C’est l’un des principaux enseignements de l’exposé présenté par le Pr Susanne Sap, endocrino-pédiatre et enseignante-chercheuse, au deuxième jour du Salon de la Nutrition, organisé à l’Hôpital Laquintinie de Douala.

Intervenant sur le thème « Nutrition et prévention des maladies endocriniennes », ce samedi 17 octobre 2026, la spécialiste a mis en lumière les liens entre les aliments consommés, le fonctionnement des hormones et la santé des enfants et des adolescents. Son intervention s’inscrit dans la réflexion portée par cette troisième édition du salon, consacrée à l’alimentation au cœur de la santé hormonale, de la petite fille à la femme active.

Les hormones au cœur de l’équilibre nutritionnel

Pour comprendre les effets de l’alimentation sur l’organisme, il faut d’abord s’intéresser au rôle des hormones. Parmi elles, l’insuline intervient dans la régulation de la glycémie en facilitant l’utilisation du glucose par les cellules. Lorsque sa production est insuffisante ou que l’organisme répond mal à son action, des troubles métaboliques peuvent apparaître.

Le diabète illustre ainsi les conséquences possibles d’un dysfonctionnement de ce mécanisme. La spécialiste a notamment attiré l’attention sur les risques associés aux déséquilibres alimentaires et à la sédentarité, qui peuvent favoriser la résistance à l’insuline et contribuer au développement du diabète de type 2.

L’alimentation agit également sur les mécanismes de faim et de satiété, notamment par l’intermédiaire de la leptine et de la ghréline. D’autres hormones, liées à la thyroïde et aux facteurs de croissance, interviennent dans le métabolisme et le développement de l’enfant. L’apport de nutriments essentiels, dont l’iode, les protéines et l’énergie, participe au bon fonctionnement de ces mécanismes.

Enfance et puberté : deux périodes déterminantes

L’un des points majeurs de l’exposé concerne les périodes de croissance pendant lesquelles les besoins nutritionnels sont particulièrement importants. La spécialiste a notamment mis en avant les 1 000 premiers jours de vie, de la conception aux deux ans de l’enfant, ainsi que la puberté.

Durant l’enfance et l’adolescence, l’organisme connaît des transformations physiques et hormonales qui nécessitent des apports alimentaires adaptés. La croissance en taille, le développement des organes et la consolidation du squelette mobilisent de nombreux nutriments.

Le calcium et la vitamine D sont notamment indispensables à la santé osseuse. Des apports insuffisants peuvent compromettre la minéralisation des os et favoriser des troubles tels que le rachitisme chez l’enfant. Le fer, de son côté, contribue à prévenir l’anémie et ses conséquences, notamment la fatigue et les difficultés de concentration.

L’iode est également essentiel au fonctionnement de la thyroïde. Une carence peut perturber la production des hormones thyroïdiennes et affecter le développement physique et cognitif. Ces besoins doivent être pris en compte dans l’alimentation des enfants et des adolescents, dont les habitudes se construisent progressivement au sein de la famille.

Photo de famille Panel Pédiatrie du Salon de la Nutrition, jour 2,samedi 17 Octobre 2026

Sucres, boissons sucrées et sédentarité dans le viseur

Au-delà des carences, le Pr Susanne Sap a également souligné les risques liés aux excès alimentaires et aux mauvaises habitudes de vie. La consommation excessive de sucres, notamment à travers les boissons sucrées et certains produits ultra-transformés, associée à une activité physique insuffisante, peut favoriser le surpoids, l’obésité et les déséquilibres métaboliques.

Chez les enfants, ces habitudes peuvent s’installer précocement et compliquer la prévention des maladies chroniques. La réduction des boissons sucrées, la limitation du grignotage et des aliments riches en sucres ajoutés, ainsi que la pratique régulière d’une activité physique constituent des mesures de prévention importantes.

La spécialiste a également insisté sur la nécessité de répondre aux besoins énergétiques des enfants en pleine croissance. Il ne s’agit donc pas de soumettre systématiquement les jeunes à des restrictions alimentaires, mais de leur proposer des repas suffisamment nourrissants, variés et adaptés à leur âge.

Une prévention qui engage les familles et les pouvoirs publics

Pour la spécialiste, la prévention des maladies endocriniennes ne repose pas uniquement sur les consultations médicales. Elle nécessite aussi une mobilisation des familles, des établissements scolaires, des professionnels de santé et des pouvoirs publics.

Les parents ont notamment un rôle à jouer dans la composition des repas, la régularité des prises alimentaires et l’adoption de bonnes habitudes dès le plus jeune âge. L’école et les structures de santé peuvent, de leur côté, contribuer à l’éducation nutritionnelle et au suivi de la croissance.

Le recours à une alimentation diversifiée, intégrant notamment des sources de fer, de calcium, d’iode et de vitamine D, doit s’accompagner d’un suivi adapté aux besoins de chaque enfant. En cas de retard de croissance, de variation inhabituelle du poids ou de signes évocateurs d’un trouble hormonal, un avis médical permet d’orienter la prise en charge.

À travers cet exposé, le Pr Susanne Sap a rappelé que la nutrition constitue un levier essentiel de prévention, particulièrement pendant les périodes de développement. Un enjeu qui dépasse les choix individuels et appelle à une meilleure information des familles pour limiter, dès l’enfance, les risques de maladies métaboliques et endocriniennes.

 

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