Dans une prise de parole au deuxième jour du Salon de la Nutrition à Douala, Dr Solange Ndom Ebongue, directrice de l’Hôpital Laquintinie de la ville, a insisté sur la responsabilité des parents dans la construction des habitudes alimentaires des enfants. Elle les invite à montrer l’exemple à la maison et à respecter les signaux de faim et de satiété des plus jeunes.
« L’éducation alimentaire commence à la maison. Les habitudes prises pendant l’enfance, les repas partagés en famille et les comportements observés à table contribuent à façonner le rapport de l’enfant à la nourriture ». C’est le message défendu par Solange Ndom, Directeur de l’Hôpital Laquintinie de Douala, ce samedi 17 Octobre 2026 lors du panel pédiatrie.
Pour la marraine du Salon de la Nutrition, les parents occupent une place centrale dans la prévention des déséquilibres alimentaires. « Les enfants mangent ce que nous mangeons », a-t-elle rappelé en substance, soulignant l’importance de l’exemplarité des adultes. Il est difficile d’inculquer de bonnes habitudes alimentaires aux enfants si celles-ci ne sont pas également mises en pratique au sein du foyer.
Au-delà du choix des aliments, cette éducation passe par la manière de composer les repas, de faire découvrir différentes saveurs et d’installer progressivement des habitudes adaptées aux besoins de l’enfant.
« Finis ton assiette » : une pratique à reconsidérer
Parmi les comportements évoqués figure l’injonction faite aux enfants de terminer systématiquement leur assiette. Si cette exigence répond parfois à la volonté d’éviter le gaspillage, elle peut aussi conduire à ignorer les signaux de satiété.
Lorsqu’un enfant indique qu’il n’a plus faim, le forcer à poursuivre son repas n’est pas une approche à privilégier. Il importe plutôt de lui apprendre progressivement à reconnaître ses sensations de faim et de satiété, sans transformer les repas en moments de tension.
Cela ne signifie pas que l’enfant doit décider seul de son alimentation. Les parents restent responsables du choix des aliments, de l’équilibre des repas et de leur organisation. L’enjeu consiste à maintenir ce cadre tout en respectant les besoins de l’enfant.
L’exemple familial, premier outil de prévention
Les habitudes alimentaires ne se construisent pas uniquement à travers les recommandations des professionnels de santé. Elles se développent aussi par imitation, au contact des parents et de l’entourage.
La diversité des aliments proposés, la découverte progressive de nouveaux goûts et l’ambiance des repas participent à cet apprentissage. Cette démarche est particulièrement importante pendant les premières années de vie, lorsque se mettent en place les préférences alimentaires.
Le respect du rythme de l’enfant est également essentiel pendant la diversification alimentaire. Après six mois, les aliments complémentaires doivent être introduits progressivement, en fonction de son développement, tout en poursuivant l’allaitement maternel. Les parents sont ainsi appelés à accompagner cette évolution sans brusquer l’enfant ni le contraindre à manger.
La prévention commence dans les ménages
Pour Marie Solange Ndom Ebongue, l’éducation nutritionnelle ne saurait se limiter aux consultations médicales ou aux campagnes de sensibilisation. Elle doit se prolonger dans les pratiques quotidiennes des familles, avec des conseils adaptés aux réalités économiques, sociales et culturelles.
Les professionnels de santé ont un rôle d’information et d’accompagnement, mais les parents restent les premiers acteurs de la transmission des habitudes alimentaires. L’objectif est de les aider à adopter des pratiques favorables à la santé de leurs enfants, sans culpabilisation ni contraintes inutiles. À travers cette intervention au Salon de la Nutrition, un principe se dégage : apprendre aux enfants à bien manger suppose aussi que les adultes leur montrent l’exemple et respectent leurs besoins.






















