La quinzième édition des Canal 2’Or, organisée le 31 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, a consacré les figures marquantes de la musique, de l’humour et de l’audiovisuel camerounais. Kocee et Sandrine Nnanga ont décroché les distinctions majeures dans la musique, tandis que Kaprice Akamba s’est illustrée avec un doublé dans l’univers numérique. Entre confirmation des artistes établis et reconnaissance de nouveaux talents, cette édition anniversaire, placée sous le thème « L’âge d’or », donne à voir les mutations de l’industrie culturelle nationale.
Vingt ans après leur lancement, les Canal 2’Or continuent de distribuer les distinctions dans un paysage culturel camerounais en pleine diversification. Pour son quinzième acte, la cérémonie organisée par Canal 2 International a réuni, samedi 31 octobre 2026, au Palais des Congrès de Yaoundé, plusieurs acteurs de la musique, de l’humour et de la production audiovisuelle. Placée sous le thème « L’âge d’or », cette édition anniversaire a récompensé des artistes confirmés, des révélations musicales et des créateurs qui ont progressivement construit leur audience sur les plateformes numériques.
Dans la catégorie des distinctions musicales les plus convoitées, Kocee a remporté le trophée du meilleur artiste musicien masculin, tandis que Sandrine Nnanga s’est imposée chez les femmes. Deux consécrations qui viennent récompenser leur présence dans le paysage musical camerounais. Le palmarès a également fait une place aux nouvelles générations avec King Luca, sacré révélation musicale, et Armand Biyag, distingué dans la catégorie afro fusion.
La diversité des courants musicaux représentés constitue l’une des caractéristiques de cette édition. Cysoul a remporté le prix de l’artiste masculin afro-urban, devant une sélection comprenant notamment Locko, Tenor, Stanley Enow et Salatiel. Chez les femmes, Sabrina a décroché la distinction afro-urban. La Chakala a été récompensée dans la catégorie mbolé, tandis qu’Indira s’est imposée dans le gospel. Fadil le Sorcier a, pour sa part, remporté le prix de la musique d’inspiration patrimoniale.
Les distinctions ont également valorisé les œuvres et les productions. La chanson « Le Goût » de Tchakala VIP a remporté le prix de la chanson populaire. Lecris Mila a été distingué pour le meilleur clip vidéo. Ces récompenses rappellent que la reconnaissance artistique ne repose pas uniquement sur la notoriété des interprètes, mais également sur les créations et les professionnels qui contribuent à leur diffusion.
Kaprice Akamba, symbole de la montée en puissance du numérique
L’un des résultats les plus remarqués de cette quinzième édition est le doublé de Kaprice Akamba. Sa production « Les Années 80 » a remporté le prix de la meilleure web-série, tandis qu’elle-même a été consacrée meilleure web-comédienne. Cette double distinction traduit la reconnaissance d’un travail de création qui associe interprétation, conception de contenus et fidélisation d’une communauté numérique.
Dans la même dynamique, Papy le Jongleur a remporté le prix du meilleur web-comédien, alors que Markus a été sacré meilleur humoriste. Les distinctions spéciales consacrées aux performances digitales, attribuées hors du vote du public, sont revenues à Bad Nova pour la musique et à Moustik le Karismatik pour l’humour.
Ces résultats illustrent l’évolution du secteur audiovisuel camerounais. La production de contenus ne se limite plus aux chaînes de télévision et aux circuits classiques de diffusion. Les plateformes numériques sont devenues des espaces de création, de promotion et de confrontation avec le public. Les web-séries et les web-comédiens disposent désormais d’une visibilité suffisamment importante pour intégrer les grandes cérémonies de récompenses culturelles.
Le cinéma et la fiction télévisée ont également eu leurs représentants. La série « 12 Cas », produite par Blaise Ntedju, a remporté le prix de la meilleure série TV. Rigobert Tamwa a été récompensé comme meilleur comédien de série, tandis que Hortavie Mpondo a décroché celui de la meilleure comédienne. Ces distinctions mettent en lumière le travail des acteurs et des producteurs qui contribuent à maintenir la fiction camerounaise dans l’espace audiovisuel national.
Un palmarès entre suffrage populaire et distinctions spéciales
Au-delà des noms inscrits au palmarès, le dispositif de cette édition mérite également attention. Dix-huit catégories étaient soumises au vote du public, sur la base d’une présélection effectuée par un collège de professionnels des médias et du secteur culturel. Trois autres distinctions échappaient au suffrage populaire : les prix spéciaux du comité d’organisation et les récompenses liées aux performances digitales en musique et en humour.
Le mode de participation avait connu une évolution importante. Pour cette édition, les mentions « J’aime » sur Facebook ne constituaient plus un critère de comptabilisation. Les supporters devaient exclusivement passer par la plateforme officielle de vote mise en place par l’organisation. Une orientation qui visait à encadrer davantage la participation du public et à distinguer les interactions sur les réseaux sociaux des suffrages effectivement exprimés.
La Première dame, Chantal Biya, présente à cette cérémonie placée sous son haut patronage, a reçu le prix du meilleur mécène. Cette distinction spéciale met en avant la place accordée au soutien et à l’accompagnement des initiatives culturelles.
Au terme de cette quinzième édition, les Canal 2’Or affichent un palmarès qui dépasse les seules performances musicales. La reconnaissance des productions télévisées, des web-séries et des créateurs de contenus confirme l’élargissement du périmètre de l’industrie du divertissement camerounais. Pour les lauréats, les trophées représentent une consécration de leur travail et une visibilité supplémentaire. Pour le secteur, ils rappellent surtout que la vitalité culturelle se construit désormais à la rencontre de plusieurs univers : la musique, la télévision, l’humour et les nouveaux médias.
























