Le roman qui explore le blanchiment de la peau, l’estime de soi et l’influence des nouveaux modèles de beauté, sera présenté au public le 3 octobre à Douala, à l’occasion d’une séance de dédicace.

Et si le problème n’était pas seulement de vouloir changer de couleur de peau, mais de vouloir changer ce que l’on est pour être davantage accepté ? C’est autour de cette interrogation que se construit « Je suis nègre mais les Noirs ne m’aiment pas », le roman de Junior Haussin, publié aux éditions Éclosion.

À travers les personnages d’Asakya et de Mabanckou, l’auteur s’intéresse à un phénomène bien visible dans les sociétés africaines : le recours aux produits éclaircissants et au « djansang ». Mais son propos dépasse largement la question du blanchiment de la peau.

Le roman s’intéresse à ce qui peut pousser une personne à rejeter progressivement son apparence naturelle : le regard des autres, les normes de beauté, la recherche de reconnaissance ou encore l’association entre apparence, réussite et valeur sociale.

Quand l’image devient une identité

Le livre s’inscrit dans une époque où l’apparence occupe une place croissante dans les rapports sociaux. Réseaux sociaux, publicité, cinéma, mode et nouvelles technologies participent à la circulation permanente de modèles auxquels chacun peut être tenté de se comparer.

Junior Haussin pousse cette réflexion à travers Filtreland, un univers imaginaire dans lequel la représentation de soi prend une place centrale. Les filtres numériques deviennent alors plus qu’un simple outil esthétique : ils symbolisent cette possibilité permanente de modifier son apparence pour correspondre à une image jugée plus désirable.

Le roman du Journaliste et Écrivain, pose ainsi une question qui dépasse le seul rapport à la couleur de peau : à partir de quel moment l’image que nous construisons de nous-mêmes finit-elle par prendre le dessus sur ce que nous sommes réellement ?

De la critique à l’acceptation de soi

L’autre dimension du roman réside dans la trajectoire de Mabanckou. Face à la pression du regard social, le personnage ouvre une réflexion sur une autre manière de se définir : l’acceptation de soi, l’estime personnelle et l’affirmation de son identité. Le propos de Junior Haussin ne se limite donc pas à dénoncer une pratique.

Il cherche à comprendre les mécanismes qui la rendent possible et à interroger les représentations qui peuvent conduire certains à considérer leur propre apparence comme insuffisante. Cette démarche donne au livre une portée sociale plus large. Derrière la question du teint se dessinent celles de l’identité, de la confiance en soi et de la responsabilité individuelle face aux modèles imposés ou intériorisés.

Un débat autour du livre à Douala

Cette réflexion sera au cœur de la séance de dédicace annoncée pour le samedi 3 octobre 2026 à 13h30, au Vaal International School, à Beedi, Douala. Autour de l’auteur, plusieurs intervenants sont annoncés : Christelle Noah, éditrice et directrice générale des éditions Éclosion, Dr Christian Mouandjo, enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la communication, ainsi que Serge Hermann Tchutch’a, spécialiste de l’identité visuelle et de l’intelligence artificielle générative.

Lionel Akosso, journaliste, assurera la note de lecture, tandis que Marie Gabrielle Mfegue est annoncée comme modératrice. La composition du panel élargit ainsi le débat au-delà de la littérature, en faisant dialoguer écriture, communication, identité visuelle et technologies de l’image.

Avec « Je suis nègre mais les Noirs ne m’aiment pas », Junior Haussin propose finalement une réflexion sur une époque où il devient de plus en plus facile de modifier son apparence, mais peut-être plus difficile de s’interroger sur les raisons qui nous poussent à vouloir la modifier.

Un roman qui part de la peau pour parler de l’identité, et de l’image pour questionner le regard que nous portons sur nous-mêmes.

 

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