Disparu le 5 novembre 2026 alors qu’il poursuivait des individus soupçonnés de consommer du chanvre indien, l’officier de police de 2e grade a été retrouvé mort ce dimanche 8 novembre. Sa disparition dans une rivière réputée dangereuse soulève des interrogations sur les circonstances de cette intervention.

La rivière Bangué a finalement livré le corps de Stève Obam. Porté disparu depuis le jeudi 5 novembre 2026 à Yokadouma, dans le département de la Boumba-et-Ngoko, région de l’Est, cet officier de police de 2e grade a été retrouvé mort ce dimanche, au terme de quatre jours de recherches mobilisant ses collègues, les autorités locales et les populations riveraines.

Les circonstances de sa disparition donnent à ce drame une dimension particulièrement préoccupante. Selon le témoignage de Majesté Tétégo Tétégo Arnaud, chef du quartier Relais, recueilli par la presse locale, l’officier aurait engagé une poursuite contre des individus soupçonnés de consommer et de commercialiser du chanvre indien. À la vue des policiers, ces derniers auraient pris la fuite en plongeant dans les eaux de la Bangué. Stève Obam les aurait suivis dans la rivière avant de ne plus jamais refaire surface.

Cette décision interpelle d’autant plus que la Bangué traîne une réputation particulièrement redoutée à Yokadouma. Le chef du quartier Relais affirme que les noyades y sont récurrentes et avance un bilan d’environ dix cas. Un chiffre qui, même s’il reste à vérifier auprès des services compétents, témoigne de la dangerosité attribuée à ce cours d’eau par les populations riveraines. L’officier aurait ainsi engagé sa poursuite dans un environnement aquatique dont les risques étaient connus des habitants.

Une question demeure : jusqu’où peut aller une intervention policière lorsqu’elle conduit un agent à s’exposer à un danger aussi important ? Fallait-il poursuivre les suspects jusque dans les eaux de la Bangué, au risque de transformer une opération de contrôle en drame humain ? Les circonstances précises de cette décision, les consignes éventuellement données et les conditions dans lesquelles la poursuite s’est déroulée restent à établir.

Quatre jours de recherches sans résultat immédiat

L’alerte avait été donnée le 5 novembre, aux environs de 14h30. Informé de la disparition, le chef du quartier Relais aurait immédiatement mobilisé des nageurs locaux pour retrouver le policier. Les premières recherches, poursuivies jusqu’en soirée, n’avaient cependant donné aucun résultat.

Face à l’absence de résultats, les opérations se sont poursuivies avec la participation de plongeurs locaux et le concours des populations riveraines. Les autorités administratives et les responsables des forces de sécurité avaient également été informés.

Au fil des heures, l’inquiétude avait gagné la ville. La mobilisation autour de la rivière avait pris une dimension particulière, avec l’intervention de plusieurs personnes venues participer aux recherches. La découverte du corps, ce dimanche 8 novembre, met ainsi fin à quatre jours d’incertitude pour la famille, les collègues et les habitants de Yokadouma.

Les circonstances du décès restent à éclaircir

Au-delà de la disparition tragique de cet officier en service, plusieurs questions demeurent. Les circonstances médicales et matérielles exactes de sa mort n’ont pas encore été officiellement établies. Les informations disponibles ne permettent pas non plus de déterminer si une enquête administrative ou judiciaire a été ouverte, ni de connaître les conclusions d’éventuels examens médico-légaux.

L’incident remet également au premier plan la question des conditions d’intervention des forces de sécurité dans les zones fluviales. La poursuite de suspects jusque dans un cours d’eau réputé dangereux expose les agents à des risques importants, particulièrement lorsqu’ils ne disposent pas de moyens adaptés de sauvetage et de sécurisation.

À Yokadouma, la mort de Stève Obam ne constitue donc pas seulement une perte pour la Police nationale et sa famille. Elle pose aussi la question de la prévention des risques auxquels les personnels de sécurité sont exposés dans l’exercice de leurs missions. L’établissement des circonstances exactes de cette disparition devra permettre de comprendre comment une opération de contrôle a pu se terminer par un tel drame.

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