Sept ans après l’enlèvement et l’assassinat de Florence Ayafor dans le Nord-Ouest, le dossier judiciaire reste ouvert. Deux accusés sont poursuivis devant le tribunal militaire de Yaoundé, tandis que la famille attend toujours que la justice établisse les responsabilités.

Le 29 septembre 2019, Florence Ayafor, gardienne de prison en service à Bamenda, était enlevée alors qu’elle revenait d’une cérémonie funéraire à Pinyin, dans le Nord-Ouest. Selon la Commission des droits de l’homme, elle avait ensuite été violentée puis décapitée.

Le drame avait profondément marqué l’opinion publique, dans une région alors déjà plongée dans un conflit armé. Sept ans plus tard, l’affaire reste inscrite au rôle du tribunal militaire de Yaoundé.

Sept ans de procédure

Niba Innocent Akuma et Ngang Edmond sont poursuivis dans cette affaire. Mais le procès a été marqué par plusieurs renvois. En février 2021 déjà, une audience avait été reportée.

Pour Me Batam Nkolong, avocat de la défense, ces délais s’expliquent notamment par des changements au sein du ministère public, des difficultés liées à la composition de la juridiction militaire et, plus récemment, par l’exploitation d’une vidéo versée au dossier. La défense conteste toutefois la capacité de cette vidéo à identifier ses clients.

> « Le commissaire du gouvernement a regretté le fait de ne pas être capable d’identifier monsieur Edmond et Niba Innocent dans cette vidéo. Nous espérons clairement qu’au vu de cette évidence, nos clients ne pourront plus être poursuivis pour l’assassinat de Florence Ayafor », affirme Me Batam Nkolong.

Cette déclaration constitue la position de la défense. La portée de cet élément de preuve doit encore être appréciée par la juridiction. Selon l’avocat, une nouvelle audience est annoncée en octobre 2026 pour l’examen des éléments d’accusation concernant Ngang Edmond.

La famille dans l’attente

Derrière la procédure judiciaire, le drame continue de produire ses effets sur la famille de Florence Ayafor. En 2024, sa fille, Ndung Telma Puwo Asongwo, expliquait que des menaces avaient contraint la famille à quitter Bamenda pour Yaoundé.

Elle indiquait vivre chez un oncle maternel, qui prenait en charge ses besoins, tout en évoquant les difficultés matérielles rencontrées par la famille et en lançant un appel à l’aide. Sept ans après les faits, le dossier n’a donc toujours pas connu son épilogue judiciaire. Pour les proches de Florence Ayafor, le temps a passé. Mais la question demeure : qui répondra définitivement de sa mort devant la justice ?

Avec Balafon Radio 

https://cameroonpress.com/wp-content/uploads/2025/03/WhatsApp-Image-2022-06-02-at-17.31.04.jpeg

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici