Transportés clandestinement dans la soute d’un bus à destination de Douala, 80 litres de diluant pour analyseur d’hématologie ont été saisis par la Brigade Mobile des Douanes de Limbé. Une cargaison dont la circulation hors des circuits contrôlés soulève des risques sanitaires et environnementaux.
La découverte a de quoi interpeller. Mercredi 30 septembre 2026, au poste de contrôle de Karata, dans la région du Sud-Ouest, les éléments de la Brigade Mobile des Douanes de Limbé ont intercepté 80 litres de diluant destiné aux analyseurs d’hématologie, dissimulés dans la soute d’un autobus de transport en commun.
Le produit, qui devait rejoindre Douala, circulait sans les documents permettant d’établir son origine, sa conformité et sa traçabilité. Les douaniers ont procédé à sa saisie et ouvert un contentieux, matérialisé par un procès-verbal de saisie et une fiche de synthèse.
Un réactif médical qui ne doit pas échapper au contrôle
Le diluant pour analyseur d’hématologie n’est pas un simple liquide de laboratoire. Il s’agit d’un réactif chimique utilisé dans les automates qui analysent le sang, notamment pour le comptage des globules rouges, des globules blancs et des plaquettes.
Son utilisation médicale impose une vigilance particulière. Lorsque ce type de produit circule en dehors des circuits contrôlés, plusieurs risques peuvent se poser : mauvaise conservation, altération du produit, utilisation d’un réactif périmé ou absence de traçabilité sur son fabricant et ses conditions de stockage.
Or, un réactif altéré ou inadapté peut affecter le fonctionnement de l’analyseur et, par conséquent, fausser les résultats d’un examen sanguin. Le danger ne réside donc pas uniquement dans la manipulation du produit, mais également dans les conséquences que pourrait avoir son utilisation dans un laboratoire ou une structure de soins.
80 litres dans la soute d’un bus : un risque supplémentaire
Le mode de transport retenu par les contrebandiers constitue également un sujet de préoccupation. 80 litres de produits chimiques médicaux transportés clandestinement dans la soute d’un bus de transport interurbain échappent nécessairement aux contrôles habituels portant sur leur conditionnement, leur stockage et leur traçabilité.
En cas de fuite ou de détérioration des contenants, le produit pourrait entrer en contact avec les passagers, leurs bagages ou l’environnement. Le risque est d’autant plus préoccupant lorsqu’aucune information fiable n’est disponible sur la composition exacte du produit, son état ou ses conditions de conservation.
Le risque ne s’arrête pas à la frontière douanière
Cette saisie rappelle ainsi que la lutte contre la contrebande ne concerne pas uniquement les marchandises de grande consommation. Les produits chimiques et réactifs destinés au secteur médical présentent eux aussi des enjeux de sécurité.
En interceptant cette cargaison avant son arrivée à Douala, les services douaniers ont donc empêché qu’un lot dont la conformité et la traçabilité n’étaient pas établies puisse potentiellement intégrer des circuits d’utilisation médicale.
Au-delà de la valeur de la marchandise saisie, l’enjeu est celui de la sécurité des patients, de la fiabilité des analyses biologiques et de la protection de l’environnement.






















