Des produits carnés congelés dans le Sud, 827 téléphones portables dans la région de l’Est et plus de 683 000 produits pharmaceutiques au Sud-Ouest : les opérations douanières menées les 1er et 2 octobre 2026 témoignent d’une intensification de la lutte contre les circuits illicites.
La contrebande est sous pression sur plusieurs fronts au Cameroun. Dans le cadre de l’opération spéciale HALCOMI IV (« Halte au Commerce Illicite »), les équipes douanières ont réalisé deux saisies importantes dans les régions du Sud et de l’Est. Au Sud-Ouest, une autre opération, menée dans le cadre de CRIPHARM, a permis d’intercepter une cargaison massive de produits pharmaceutiques illicites.
Dans la région du Sud, la vigilance des équipes de la Zone II de HALCOMI IV a permis d’intercepter, dans la nuit du 1er octobre 2026 aux environs de 2 heures, trois véhicules transportant 207 cartons de produits carnés congelés, au lieu-dit Akonangui, dans la Vallée du Ntem.
La cargaison, d’un poids total de 2 486 kilogrammes, était constituée notamment de dos, cous, pattes et cuisses de poulets, mais aussi de pattes et jarrets de porc ainsi que de saucissons. Les transporteurs ne disposaient d’aucun document permettant de justifier l’importation régulière des marchandises, leur origine ou encore leur salubrité.
Au-delà de l’infraction douanière, cette saisie présente un enjeu sanitaire. Les produits n’avaient pas été soumis au contrôle sanitaire vétérinaire à l’importation. Leur salubrité restant à établir, les autorités ont engagé leur mise à disposition des services départementaux du MINEPIA de la Vallée du Ntem, afin de procéder aux inspections nécessaires. Selon les conclusions de ces contrôles, une destruction conjointe pourrait être envisagée et constatée par procès-verbal.
Des procès-verbaux de saisie ont par ailleurs été dressés et les marchandises consignées sous la garde de la Coordination HALCOMI IV Zone II.
827 téléphones saisis dans l’Est
Le lendemain, 2 octobre, c’est dans la région de l’Est que les équipes de la Zone II de HALCOMI IV ont réalisé une nouvelle prise. Au poste de contrôle de Djaglassi, les douaniers ont intercepté un camion en provenance de Douala et à destination de Kenzou, transportant clandestinement 827 téléphones portables.
Les appareils étaient dissimulés sous une cargaison de marchandises diverses. Lors du contrôle, le conducteur s’est révélé incapable de présenter les documents douaniers justifiant la régularité de la marchandise. La cargaison a fait l’objet d’un procès-verbal de saisie avant son acheminement, sous escorte, vers le poste de commandement d’HALCOMI à Bertoua. Les procédures contentieuses et les investigations doivent permettre de déterminer les responsabilités et l’ampleur éventuelle du réseau impliqué.
Plus de 683 000 produits pharmaceutiques interceptés au Sud-Ouest
À l’autre extrémité du pays, la lutte contre le commerce illicite s’est également intensifiée sur le front pharmaceutique. Vendredi 2 octobre à 10 heures, la Brigade Mobile des Douanes d’Ekok, dans la région du Sud-Ouest, a intercepté une cargaison de 683 008 produits pharmaceutiques illicites en provenance du Nigeria.
La saisie comprend 508 000 comprimés et 175 008 capsules, dissimulés au milieu de marchandises diverses. Le convoi a été immobilisé lors d’un contrôle effectué par les éléments de la Brigade Mobile des Douanes d’Ekok. Cette opération s’inscrit dans le cadre de CRIPHARM, qui vise à renforcer la lutte contre la criminalité pharmaceutique dans la région de l’Organisation mondiale des douanes pour l’Afrique occidentale et centrale.
Cette nouvelle saisie met en évidence un autre aspect de la contrebande : celui des produits pharmaceutiques circulant en dehors des circuits réglementaires, avec des implications potentielles pour la santé publique.
Du Sud au Sud-Ouest, en passant par l’Est, les opérations menées en l’espace de 48 heures montrent ainsi la diversité des marchandises ciblées par les services douaniers : produits alimentaires congelés, téléphones portables et médicaments. Trois saisies qui illustrent, chacune sur son terrain, la pression exercée sur les circuits de commerce illicite et sur les réseaux qui tentent de contourner les dispositifs de contrôle aux frontières et sur les axes de circulation intérieure.
























