La troisième édition du Salon de la Nutrition, organisée du 16 au 18 octobre 2026 à l’Hôpital Laquintinie, met l’accent sur les liens entre alimentation, santé hormonale et prévention des maladies chroniques. Sa promotrice, Nathalie Kamdem, défend une approche accessible fondée sur les produits locaux.
L’alimentation est au cœur de la prévention de nombreuses maladies. C’est le message porté par la troisième édition du Salon de la Nutrition, ouverte ce vendredi 16 octobre 2026 à l’Hôpital Laquintinie de Douala. Placée sous le thème « De la petite fille à la femme active : l’alimentation au cœur de la santé hormonale », la rencontre réunit des professionnels de santé autour des conséquences des habitudes alimentaires sur l’organisme, de l’enfance à l’âge adulte.
Pour la promotrice du salon, Nathalie Kamdem, diététicienne, mieux se nourrir relève aussi des choix quotidiens. « Manger n’est pas une question d’argent, mais c’est juste une décision qu’on doit prendre pour savoir choisir quoi manger, quand manger et comment manger », explique-t-elle. À travers cette approche, elle entend déconstruire l’idée selon laquelle une alimentation équilibrée serait nécessairement coûteuse ou réservée aux habitudes alimentaires occidentales.
Les produits locaux au cœur de l’assiette
Nathalie Kamdem préconise de s’appuyer sur les produits disponibles au Cameroun pour composer des repas équilibrés. Les légumes-feuilles, le plantain, le macabo, le manioc, le maïs, le poisson, les œufs et les légumineuses peuvent contribuer à couvrir les besoins nutritionnels, à condition de varier les aliments et de respecter les proportions recommandées.
« Une assiette équilibrée doit correspondre aux recommandations de santé publique », souligne-t-elle. Elle propose notamment de consacrer la moitié de l’assiette aux légumes, un quart aux féculents et le dernier quart aux aliments riches en protéines, comme la viande, le poisson, les œufs ou les légumineuses.
La promotrice insiste également sur la place des protéines végétales dans les habitudes alimentaires. Les haricots rouges et le niébé, notamment, peuvent constituer des alternatives intéressantes aux protéines animales. L’objectif est de rendre les recommandations nutritionnelles applicables aux réalités des ménages, sans imposer des produits coûteux.
Pour Nathalie Kamdem, la mobilisation autour de cette troisième édition témoigne de l’intérêt grandissant accordé à la nutrition. Elle met notamment en avant l’accueil du salon par l’Hôpital Laquintinie et la participation de spécialistes de la communauté scientifique.

Marie Solange Ndom Ebongue alerte sur les conséquences des excès
Marraine du salon, cardiologue et directrice de l’Hôpital Laquintinie, Dr Marie Solange Ndom Ebongue a consacré sa leçon inaugurale aux effets de l’alimentation sur plusieurs fonctions vitales. Son intervention a notamment porté sur les maladies cardiovasculaires, le diabète, les atteintes rénales et hépatiques, ainsi que les conséquences des carences nutritionnelles.
Une consommation excessive de sel, de sucre, d’alcool et d’aliments riches en graisses saturées peut favoriser plusieurs maladies chroniques. L’hypertension artérielle, notamment, augmente le risque de complications graves comme les accidents vasculaires cérébraux et les crises cardiaques. Les déséquilibres alimentaires peuvent également contribuer au diabète de type 2 et à certaines complications métaboliques.
La responsable hospitalière a aussi rappelé que les carences nutritionnelles peuvent fragiliser l’organisme, particulièrement chez les enfants. Le manque de fer peut notamment provoquer une anémie, de la fatigue et des difficultés de concentration, tandis que d’autres carences peuvent compromettre la croissance et le développement.
Son message tient en une formule qui résume l’enjeu de la prévention : « Ce que nous mettons dans notre assiette aujourd’hui façonne la santé de demain. Chaque repas est une décision. » Elle appelle ainsi à éviter aussi bien les excès que les carences et à adapter l’alimentation aux besoins de chaque âge.
La santé hormonale, un enjeu de prévention
Le thème de cette édition met particulièrement en lumière les liens entre nutrition et santé hormonale féminine. Le surpoids abdominal et les déséquilibres métaboliques peuvent favoriser la résistance à l’insuline, tandis que plusieurs troubles gynécologiques et les changements hormonaux liés à la ménopause nécessitent une prise en charge adaptée.
Le programme scientifique prévoit des conférences sur la prévention des maladies endocriniennes chez l’enfant, la protection cardiovasculaire de la femme, les liens entre obésité et reproduction, ainsi que les fibromes, l’endométriose, le syndrome des ovaires polykystiques et la nutrition pendant la ménopause.
Représentant le gouverneur de la région du Littoral, Nicoline Ebune a, pour sa part, insisté sur l’importance de la santé des femmes dans l’équilibre familial. Une femme qui prend soin de sa santé est mieux placée pour contribuer au bien-être de son foyer, a-t-elle souligné.
Les activités se poursuivent jusqu’au dimanche 18 octobre, avec des conférences, des échanges avec les spécialistes et des stands consacrés notamment aux produits locaux. À travers cette initiative, les organisateurs entendent rapprocher les connaissances scientifiques du grand public et rappeler que la prévention commence aussi dans l’assiette.
























