Réélu à la tête du Syndicat national des footballeurs camerounais (SYNAFOC) pour un nouveau mandat de quatre ans, Geremi Njitap a présenté un bilan marqué, selon lui, par des avancées concrètes au profit des joueurs, mais aussi par plusieurs épisodes de tension avec la FECAFOOT. Face aux délégués réunis à Douala, le président du syndicat a réaffirmé son attachement à l’indépendance de l’organisation.

Trois années mouvementées, mais un syndicat qui, selon son président, a résisté aux turbulences. Dans son bilan moral présenté lors de l’Assemblée générale du SYNAFOC, Geremi Njitap est revenu sur la période écoulée depuis les dernières assises de 2023. Il a surtout insisté sur deux aspects : les difficultés rencontrées par l’organisation et les résultats obtenus malgré celles-ci.

Le SYNAFOC face aux tensions avec la FECAFOOT

Le président du syndicat a consacré une importante partie de son discours aux problèmes auxquels le SYNAFOC affirme avoir été confronté ces dernières années. Il cite notamment la décision prise le 16 novembre 2024 par la FECAFOOT de retirer l’agrément du syndicat. Geremi Njitap conteste toutefois la portée de cette décision, estimant que la Fédération camerounaise de football n’a pas autorité sur les activités du syndicat.

Autre épisode évoqué : la suspension, le 18 juin 2025, du président et du secrétaire général du SYNAFOC par une commission d’éthique de la FECAFOOT. Là encore, Geremi Njitap estime que cette décision ne pouvait pas s’imposer au fonctionnement de son organisation.

À ces épisodes institutionnels, le président du SYNAFOC ajoute des intimidations, menaces et pressions dont certains collaborateurs du syndicat et des joueurs auraient été victimes en raison de leurs relations avec l’organisation.

Pour Geremi Njitap, le fond du problème réside dans une question essentielle : l’indépendance du syndicat. « Notre indépendance n’est pas négociable », a-t-il martelé, estimant que cette liberté est indispensable pour permettre au SYNAFOC de défendre les intérêts des footballeuses et des footballeurs.

Des résultats malgré les difficultés : Malgré ce contexte, Geremi Njitap assure que le syndicat n’a jamais cessé de fonctionner et d’accompagner ses membres.

Sur le plan interne, il a notamment salué le travail des 14 employés permanents du SYNAFOC, distingués le 15 mai dernier par des médailles d’honneur du travail. Cette reconnaissance est présentée comme un indicateur de la solidité administrative de l’organisation et du respect de ses obligations envers son personnel.

Sur le plan international, le président du SYNAFOC a également mis en avant le Trophée de l’Impact Syndical, remporté à Bali, en Indonésie, en 2024 grâce au Baromètre des salaires. Une distinction qui, selon lui, vient consacrer le travail réalisé par le syndicat dans la défense des intérêts des joueurs.

Photo de Famille Assemblée générale Synafoc, du 02 Septembre 2026 à Douala, Hotel Best Western

Reconversion et santé : deux conventions majeures

Autre acquis mis en avant : la signature de deux conventions destinées à répondre à des préoccupations concrètes des footballeurs.

La première a été conclue avec l’École des Métiers de l’INJS, afin d’accompagner les joueurs dans leur reconversion professionnelle. La seconde lie le SYNAFOC au Centre Médical BEN’SS, avec pour objectif de faciliter la prise en charge des problèmes de santé des footballeurs.

Les premiers résultats sont déjà visibles. 18 joueurs sont inscrits pour la rentrée de septembre 2026 à l’École des Métiers de l’INJS, tandis que plusieurs prises en charge médicales ont déjà été effectuées dans le cadre du partenariat avec le Centre Médical BEN’SS.

Pour le président du SYNAFOC, ces actions constituent une réponse directe aux besoins des joueurs, au-delà des seules questions liées aux contrats et aux salaires.

Un engagement qui dépasse le Cameroun

Geremi Njitap a également insisté sur l’action internationale du syndicat. Il a notamment évoqué le renouvellement, le 10 juin 2026, de la Convention FIFA-FIFPRO, obtenu avec l’implication de la Division Afrique de FIFPRO. Cette convention doit notamment contribuer à encadrer les relations entre les différents acteurs du football dans l’espace relevant de la FIFA et de la FIFPRO.

« Dialoguer debout »

Malgré les tensions, Geremi Njitap affirme ne pas vouloir fermer la porte au dialogue. Le président du SYNAFOC dit souhaiter un football camerounais « rassemblé », dans lequel les différentes parties prenantes peuvent discuter de leurs divergences. Mais il pose une condition : le dialogue ne doit pas se faire au détriment de l’indépendance du syndicat. « Être ouvert au dialogue ne signifie pas renoncer à nos principes », a-t-il déclaré, tout en réaffirmant que le SYNAFOC entend négocier et défendre les intérêts des joueurs « debout ».

Au terme de son bilan, Geremi Njitap a ainsi voulu envoyer un double message : le SYNAFOC sort renforcé de ces dernières années, mais reste confronté à des tensions qui pourraient continuer de peser sur son action. Réélu pour quatre ans, le président entend désormais poursuivre sa mission autour d’une ligne qu’il résume en trois verbes : défendre, protéger et rassembler.

 

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