Geremi Njitap reste aux commandes du Syndicat national des footballeurs camerounais (SYNAFOC). Réélu ce mercredi à Douala avec 100 % des suffrages exprimés, l’ancien international camerounais entame un troisième mandat consécutif, de 2026 à 2030. Un nouveau bail placé sous le signe de la défense des joueurs, de l’application de l’accord FIFA-FIFPRO et du dialogue avec les différents acteurs du football camerounais.

Il n’y a pas eu de suspense à Douala. Réunis en Assemblée générale élective, les membres du SYNAFOC ont renouvelé leur confiance à Geremi Njitap. Seule en lice, sa liste a recueilli 143 voix sur 143, soit 100 % des suffrages exprimés.

Les chiffres proclamés publiquement par la commission électorale sont sans appel : sur les 296 membres à jour de cotisation, 143 étaient présents et émargés. Les 143 ont voté. Les 143 bulletins ont été déclarés valides, contre zéro bulletin nul et zéro bulletin blanc. Un résultat qualifié avec humour de « score soviétique » par le président de la commission électorale. La liste conduite par Geremi Njitap est ainsi installée pour quatre nouvelles années à la tête du comité directeur du syndicat.

Un troisième mandat dans la continuité

Geremi Njitap dirige le SYNAFOC depuis 2016. Il avait été élu pour la première fois le 3 novembre 2016 à Douala, quelques mois après la disparition de David Mayebi, qui avait présidé le syndicat pendant 21 ans.

Avant d’accéder à la présidence, l’ancien milieu de terrain avait occupé pendant quatre ans le poste de vice-président. En janvier 2022, il avait été reconduit pour un deuxième mandat avec 210 voix favorables sur 211 votants.

Le Bureau réélu du Synafoc, avec la Comission Électorale après l’élection de qui a eu lieu ce jour à Douala, en présence de plus de 140 membres du Syndicat

Dix ans après sa première élection, il repart donc pour un troisième mandat, jusqu’en 2030, avec quatre chantiers clairement affichés.

1. Défendre les joueurs et leurs intérêts

La défense des droits et des intérêts des footballeurs et footballeuses camerounais reste la priorité absolue du président réélu. Geremi Njitap entend notamment poursuivre le combat contre les salaires impayés. Lorsqu’un joueur ou une joueuse saisit le syndicat pour réclamer ses droits, celui-ci doit, selon lui, « automatiquement agir ».

« Il est question pour nous de défendre ces joueuses-là, défendre leurs droits et leurs intérêts », a-t-il expliqué. Cette mission de défense constitue le cœur de l’action du SYNAFOC, mais elle est aussi à l’origine de certaines incompréhensions avec d’autres acteurs du football.

2. Faire appliquer l’accord FIFA-FIFPRO

Deuxième priorité : obtenir la mise en œuvre effective au Cameroun du nouvel accord entre la FIFA et la FIFPRO.

Pour Geremi Njitap, cet accord constitue un levier important pour renforcer la protection et la représentation des joueurs. Il estime qu’il « a remis le syndicat dans la course », notamment en consacrant le rôle de l’organisation reconnue par la FIFPRO comme interlocuteur national.

Le président du SYNAFOC espère désormais que cet accord sera « implémenté d’ici bientôt » au Cameroun, malgré, reconnaît-il, « un environnement assez spécial ».

3. Sortir de l’image d’« ennemi » et privilégier le dialogue

Troisième chantier : renouer le dialogue avec les différents acteurs du football camerounais.

Geremi Njitap reconnaît que les prises de position du syndicat peuvent parfois donner l’impression d’une confrontation permanente. « Je pense que c’est cette défense-là qui amène certaines personnes à croire que nous sommes des ennemis. Nous ne sommes pas des ennemis. »

Pour son nouveau mandat, il se dit donc « ouvert au dialogue, prêt à rencontrer toutes les parties prenantes », avec l’ambition de permettre à chacun de « regarder dans la même voie ».

4. Améliorer les conditions de pratique et éviter les contentieux

Dernier chantier : permettre aux footballeurs et footballeuses d’exercer leur métier dans de meilleures conditions tout en réduisant les conflits. « Ces jeunes footballeurs et footballeuses pratiquent leur métier dans les meilleures conditions », souhaite le président du SYNAFOC.

Pour lui, certains contentieux pourraient être évités si les différentes parties acceptaient davantage de dialoguer et de respecter leurs responsabilités respectives. « Si on nous écoutait, on devrait éviter certains contentieux », estime-t-il, appelant les acteurs du football camerounais à « respecter les missions de toutes les parties prenantes ».

« J’ai été bien réélu »

Derrière l’unanimité du scrutin, Geremi Njitap assure toutefois que le contexte de cette élection n’a pas été totalement serein.

Dans sa première prise de parole après sa réélection, il a tenu à marteler la légitimité du vote : « J’ai été bien réélu, je dois le marteler. C’est une preuve que nos membres me font confiance malgré les menaces et les intimidations. » Il affirme même que des cas d’intimidation ont été signalés le jour même du scrutin : « Pas plus tard que ce matin, nous avons encore vécu des cas d’intimidation. »

Malgré cette tension, le président réélu veut désormais se concentrer sur ses quatre priorités. Avec un score de 143 voix sur 143, Geremi Njitap entame son troisième mandat avec une feuille de route précise : défendre les joueurs, faire appliquer l’accord FIFA-FIFPRO, privilégier le dialogue et contribuer à améliorer les conditions d’exercice du métier de footballeur au Cameroun.

 

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