À quelques heures du lancement de la campagne nationale de sensibilisation contre la contrebande des boissons, la Brigade mobile des Douanes d’Ebolowa vient de réaliser une nouvelle saisie de vins non estampillés. Une opération qui s’inscrit dans une série d’actions menées depuis le début de l’année 2026 à travers plusieurs régions du Cameroun.

La lutte contre la contrebande des boissons prend une nouvelle intensité dans la région du Sud. Dans la nuit de vendredi, les éléments de la Brigade mobile des Douanes d’Ebolowa ont intercepté un véhicule de tourisme en provenance de Kyé-Ossi, à la frontière avec la Guinée équatoriale.

À l’intérieur du véhicule, les agents ont découvert 69 cartons de vin rouge de marque « Perlado », soigneusement dissimulés dans la malle arrière et sous les sièges. Les marchandises, dépourvues de la vignette réglementaire, ont été saisies.

Cette opération intervient dans un contexte de renforcement de la surveillance douanière des boissons importées et commercialisées sur le territoire national. Elle intervient surtout à la veille d’une campagne nationale de sensibilisation consacrée à la lutte contre la contrebande des produits sensibles.

Une campagne qui démarre dans le Sud

Les 31 août et 1er septembre 2026, Ebolowa et Kyé-Ossi accueilleront le lancement de cette campagne nationale, qui cible notamment les bières, liqueurs, vins, jus, champagnes et spiritueux.

L’objectif est de rappeler aux opérateurs économiques l’obligation de respecter les règles d’importation et d’estampillage fiscal, mais également d’amener les consommateurs à adopter les bons réflexes avant l’achat.

La vignette constitue à cet égard un élément essentiel du dispositif. Elle permet notamment de renforcer la traçabilité des produits et de distinguer les marchandises ayant emprunté le circuit légal de celles introduites ou commercialisées frauduleusement.

Dans sa communication sur une récente saisie de 121 cartons de vins et liqueurs dans le Sud-Ouest, la Direction générale des Douanes soulignait justement que l’absence de vignette pose des enjeux de traçabilité, de santé publique et de protection de l’économie locale contre la concurrence déloyale.

Une pression qui monte depuis janvier

La saisie d’Ebolowa ne constitue donc pas un fait isolé. Depuis le début de l’année, les services douaniers ont multiplié les opérations contre les trafics de boissons et autres produits sensibles.

À Bekoko, dans la périphérie de Douala, la Brigade mobile des Douanes de Bonabéri a notamment intercepté, dans la nuit du 26 au 27 janvier, une cargaison de 228 bouteilles de whisky de contrebande.

Quelques semaines plus tard, à Limbé, dans le Sud-Ouest, les gabelous ont saisi 82 bouteilles de liqueurs présentées comme étant de qualité douteuse. L’opération s’inscrivait également dans la surveillance des flux de boissons illicites.

Le phénomène a pris une autre dimension en juin. Le 3 juin 2026, les éléments de la Brigade mobile des Douanes de Limbé, avec l’appui du BIR, ont intercepté au Beach de Ngueme une cargaison comprenant 5 000 sachets de whisky et 5 208 bouteilles de Guinness.

En juillet, la Douane a par ailleurs frappé au cœur des réseaux de fabrication clandestine. À Bandjoun, dans la région de l’Ouest, deux unités clandestines de fabrication de vins et de whiskies de contrefaçon ont été démantelées à la suite de l’exploitation d’un renseignement.

Et le 13 août dernier, soit quelques semaines avant l’opération d’Ebolowa, la Brigade mobile des Douanes de Mamfé a saisi 121 cartons de vins et liqueurs en provenance du Nigeria. Les produits, non couverts de vignettes et considérés comme de qualité douteuse, ont été placés sous douane.

Du contrôle à la sensibilisation

Ce bilan à mi-parcours de l’année 2026 montre ainsi que la stratégie douanière ne repose pas uniquement sur les saisies. Elle combine désormais renseignement, contrôles aux frontières, surveillance intérieure, démantèlement des réseaux clandestins et sensibilisation des opérateurs et des consommateurs.

Cette orientation est d’ailleurs assumée par la hiérarchie douanière. Lors de sa réunion de direction du 10 août 2026, le Directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, a mis l’accent sur le renforcement de la lutte contre la fraude et la contrebande afin de protéger l’économie et la santé publique.

L’enjeu est double. D’un côté, il s’agit de préserver les recettes publiques en combattant les marchandises qui échappent aux droits et taxes. De l’autre, la Douane entend protéger les consommateurs contre des produits dont l’origine, la composition ou les conditions de conservation peuvent être incertaines.

Ebolowa, nouveau signal aux réseaux de contrebande

Avec les 69 cartons de « Perlado » interceptés à Ebolowa, les services douaniers donnent donc un nouveau signal aux réseaux qui exploitent les corridors frontaliers pour alimenter le marché camerounais en boissons non estampillées.

À la veille du lancement de la campagne nationale, cette saisie donne une résonance particulière au message qui sera porté à Ebolowa et Kyé-Ossi : la lutte contre la contrebande ne relève pas seulement du contrôle douanier, mais aussi de la responsabilité des opérateurs économiques et des consommateurs.

Dans le Sud comme dans les autres zones frontalières du pays, la Douane entend ainsi maintenir la pression sur les circuits frauduleux, tout en renforçant la sensibilisation sur l’importance de l’estampillage fiscal.

Une manière de rappeler que derrière chaque carton de boisson introduit clandestinement se jouent à la fois des enjeux fiscaux, économiques et sanitaires.

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