Après une longue période d’inertie marquée par des conflits de gestion et une dégradation avancée du site, le Parcours Vita de Douala veut redevenir la référence sportive nationale. Budget de 110 millions, sécurisation foncière et sécuritaire au menu du Conseil d’Administration tenu ce mardi après-midi sur le site.

C’est un Parcours Vita « new look » que promet le Dr Roger Mbassa Ndine. Le Maire de la Ville de Douala, Président du Conseil d’Administration de cette institution sportive, a présidé ce jour même, dans l’après-midi, une demi-journée de travaux au cœur du site de Douala Vème.

Une session particulière, qui intervient après une longue période d’inertie, sur fond de tensions institutionnelles. On se souvient qu’en décembre 2025, le Préfet du Wouri avait dû siffler la fin des manœuvres irrégulières, rappelant que le Parcours Vita est un Établissement Public Administratif sous tutelle du Ministère des Sports, après la pose de scellés sur le bureau du directeur par la Mairie. Cette fois, le quorum était largement atteint. « La totalité des membres du comité est présente », s’est félicité le Maire.

Avant de délibérer, les administrateurs ont fait le tour du propriétaire. Le constat est sans appel : le poumon sportif de Douala, qui accueille près de 10 000 sportifs par semaine, est à bout de souffle.

Les membres du Conseil d’Administration du Parcours Vita de Douala prennent connaissance de l’état des lieux avant le conseil qui s’est tenu dans l’après midi du mercredi 02 Septembre 2026 à Douala 5ème

Un site sinistré par l’histoire

Le Parcours Vita n’en est pas à sa première alerte. Déjà en 2015, une forte pluie avait causé un éboulement, coupant la piste en deux sur près de 2 mètres de profondeur. A l’époque, le directeur alertait déjà : « une certaine insécurité règne sur les lieux. Les sportifs sont en danger ».

Le mal est plus profond : constructions anarchiques sur les drains venant de Bonamoussadi, Maképé, Kotto, empiètement foncier massif, avec dès 2010 l’annonce de 50 maisons à démolir au lieu-dit Parcours Vita, transformation progressive du site en dépotoir. Un cocktail qui explique l’ensablement et les inondations récurrentes.

110 millions et 4 mesures d’urgence

Pour tourner la page, le Conseil a tranché :

1. Un budget de relance : 110 millions FCFA adoptés pour l’exercice 2026, avec résolution d’apurer les arriérés et restes à payer importants de 2025.

2. La sécurité d’abord : Le poste de police installé sur le site, précisément à l’endroit où se sont produits « près de 80 à 90% des agressions », va être rendu fonctionnel dans les plus brefs délais.

3. La lumière et la clôture : Installation imminente de lampadaires solaires – les massifs en béton sont déjà coulés – pour éclairer le site même la nuit, renforcement de la clôture et augmentation des effectifs de police.

4. Le foncier et l’eau : Lancement de travaux de sécurisation foncière face à ceux qui « empiètent et construisent sur le terrain qui appartient au Parcours Vita » et curage du grand drain par les engins de la Mairie de la Ville pour prévenir les inondations.

Objectif affiché par le Dr Mbassa Ndine : « Faire du Parcours Vita de Douala au bout d’un an ou deux ans un Parcours Vita de référence dans tout le pays ». « A toutes les populations de la ville de Douala nous leur disons de venir. Le Parcours Vita renaît. Le Parcours Vita a été relancé. La nouvelle direction a pris les choses en main », a lancé le Maire.

Nkeng Koung Pamphile, Directeur du Parcours Vita de Douala, s’exprime devant les membres du Conseil d’Administration du Mercredi 02 Septembre 2026.

Le nouveau Directeur déjà au front

Nommé il y a seulement 10 jours, le nouveau Directeur, Nkeng Koung Pamphile, ne veut pas perdre de temps. Consultant et expert reconnu en gestion et construction des parcours vita, il assume un style « gestion des résultats rapides ».

« Le temps mort a détruit tout. Il n’y a plus d’ateliers, les ateliers doivent être refaits. Dans les parcours vita, on ne doit pas passer un mois sans faire passer les machines pour défricher et ça fait partie de la sécurité des sportifs », explique-t-il.

Sur le terrain, les jeunes sont déjà à l’œuvre pour le débroussaillage. « Depuis dix jours je m’y attèle et ça va aller comme ça jusqu’au bout et l’ordre va régner », assure-t-il, précisant que tout le personnel et les animateurs sportifs sont en poste et déjà remis au travail.

Un discours qui tranche avec les longues années de léthargie. Reste maintenant à transformer l’essai.

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