Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a suspendu le Front pour le salut national du Cameroun (FSNC) de toute activité sur l’ensemble du territoire national. Signée le 27 octobre 2026, cette décision administrative intervient dans le prolongement des tensions liées à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, à quelques mois des prochaines élections législatives et municipales.
Le Front pour le salut national du Cameroun (FSNC) est frappé d’une suspension de trois mois. La mesure est contenue dans l’arrêté n° 000163/A/MINAT, signé le 27 octobre 2026 par le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji. Elle interdit à cette formation politique, dirigée par l’opposant Issa Tchiroma Bakary, d’exercer toute activité sur le territoire national pendant la durée de la sanction.
Pour justifier cette décision, le ministère de l’Administration territoriale invoque cinq griefs portant sur des actes qui auraient été commis avant, pendant et après l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. L’arrêté mentionne notamment des appels à l’insurrection, des atteintes à l’intégrité territoriale, à l’unité nationale et à la souveraineté nationale, ainsi que l’incitation à la violence ayant occasionné des destructions de biens publics et privés.
Les autorités retiennent également les troubles graves à l’ordre public et la résidence à l’étranger de l’un des dirigeants statutaires du parti. Ces éléments constituent les motifs administratifs avancés par le gouvernement pour justifier la suspension de la formation politique.
Une décision dans le prolongement de la crise postélectorale
Cette sanction intervient dans un contexte marqué par les contestations consécutives à la présidentielle de 2025. Candidat du FSNC à ce scrutin, Issa Tchiroma Bakary avait revendiqué la victoire avant la proclamation officielle des résultats, qui ont consacré la réélection de Paul Biya. Cette confrontation politique avait été suivie de manifestations et de violences dans plusieurs localités du pays.
L’ancien ministre, devenu l’une des principales figures de l’opposition durant cette campagne, se trouve actuellement en Gambie. Son éloignement du territoire camerounais figure parmi les motifs expressément mentionnés dans l’arrêté ministériel.
La décision du 27 octobre ne se limite pas à une restriction de certaines activités : elle interdit l’ensemble des activités du FSNC sur le territoire national pendant trois mois. Le texte prévoit également des poursuites judiciaires contre les personnes qui enfreindraient cette interdiction. Les autorités administratives territoriales sont chargées de veiller à son application.
Un enjeu politique à l’approche des élections de 2027
La suspension intervient alors que les acteurs politiques se projettent vers les prochaines élections législatives et municipales, attendues en 2027. Elle constitue une contrainte majeure pour le fonctionnement du FSNC, dont les activités militantes et organisationnelles sont gelées pendant la période concernée.
Au-delà de la sanction administrative, cette décision ravive les interrogations sur les conditions d’exercice des activités politiques dans un climat encore marqué par les tensions postélectorales. Elle place également le parti d’Issa Tchiroma Bakary face à une échéance importante : celle de la fin de la suspension et des conditions dans lesquelles il pourra reprendre ses activités.
La mesure gouvernementale ouvre ainsi une nouvelle séquence dans les rapports entre le pouvoir et cette formation de l’opposition, à l’approche d’un nouveau rendez-vous électoral déterminant pour la scène politique camerounaise.























