Prévue du 28 au 31 octobre 2026 à Douala, la Foire internationale sur les énergies renouvelables en Afrique entend rapprocher investisseurs, collectivités territoriales, entreprises et experts autour de projets énergétiques durables. Lors d’une conférence de presse tenue le 23 octobre au Cercle municipal de Douala, les intervenants ont mis en avant les perspectives de financement, le transfert de compétences et l’ambition de développer 1 500 mégawatts de nouvelles capacités renouvelables.

La transition énergétique ne se résume plus à une question environnementale. Elle représente également un enjeu d’investissement, de compétitivité économique et de développement territorial. C’est dans cette perspective que se prépare la Foire internationale sur les énergies renouvelables en Afrique (FIERA 2026), annoncée du 28 au 31 octobre à Douala. Co-organisé par la Communauté urbaine de Douala (CUD) et le ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), l’événement entend créer un espace de rencontre entre porteurs de projets, investisseurs, institutions publiques et spécialistes des technologies énergétiques.

Présentée à la presse le vendredi 23 octobre au Cercle municipal de Douala, cette initiative vise à favoriser les échanges d’expériences, la recherche de financements et la conclusion de partenariats autour des énergies renouvelables. Pour les organisateurs, l’enjeu est de dépasser la sensibilisation aux solutions énergétiques propres afin de favoriser leur appropriation par les collectivités territoriales, les entreprises et les populations.

Des projets locaux à la recherche de financements

L’un des principaux intérêts de la FIERA réside dans les possibilités de rapprochement entre les porteurs de projets et les acteurs susceptibles de les financer. Les collectivités territoriales décentralisées, les entreprises et les entrepreneurs pourront présenter leurs initiatives à des partenaires potentiels, qui en apprécieront notamment la pertinence, la faisabilité et la viabilité financière.

Au cours de la conférence de presse, un intervenant a résumé le paradoxe énergétique auquel sont confrontés de nombreux pays africains : « Nous sommes des pays où nous avons des problèmes énergétiques, et paradoxalement, nous avons des potentialités. »

Cette situation souligne l’importance de mieux exploiter les ressources disponibles et de s’inspirer des expériences déjà mises en œuvre dans d’autres pays. L’échange de compétences entre experts internationaux et professionnels camerounais doit ainsi faciliter l’adaptation des technologies aux réalités locales, tout en permettant de tirer profit des enseignements issus de projets déjà opérationnels.

La ville de Douala pourrait notamment présenter des projets susceptibles d’intéresser des partenaires financiers. L’éclairage public alimenté par des panneaux photovoltaïques a été cité comme une application possible. Une telle solution pourrait contribuer à améliorer l’éclairage de certains espaces urbains et à réduire la dépendance de ces équipements aux sources conventionnelles d’électricité.

La valorisation des déchets ménagers constitue une autre piste évoquée pendant les échanges. Le recours à la biomasse et à la production de biogaz pourrait ouvrir des perspectives pour transformer certains déchets en ressources énergétiques. La concrétisation de telles initiatives dépendrait toutefois des études techniques, des coûts d’investissement, des dispositifs de collecte et des mécanismes d’exploitation.

Pour les collectivités territoriales, l’enjeu sera donc de transformer les besoins des populations en projets structurés, capables de mobiliser des financements et de produire des résultats mesurables.

Un objectif de 1 500 MW de nouvelles capacités renouvelables

La diversification du mix énergétique camerounais constitue l’autre axe majeur abordé lors de la conférence de presse. Le Dr Yaya Saïdou a présenté des chiffres selon lesquels le mix énergétique du pays serait composé de 63 % d’hydroélectricité, de 36 % d’énergies fossiles et de 1 % de nouvelles énergies renouvelables. « Aujourd’hui, la part de l’énergie renouvelable que nous avons dans le mix énergétique du Cameroun, c’est vraiment négligeable. Mais nous voulons porter ce pas-là à 25 %, hors hydroélectricité », a-t-il déclaré.

L’intervenant a également évoqué un objectif de développement de 1 500 mégawatts (MW) de nouvelles capacités renouvelables. Cette ambition, telle que présentée lors de la rencontre, suppose de renforcer les investissements dans les équipements de production, les infrastructures, la formation et les compétences techniques nécessaires à l’exploitation de ces installations.

Le développement du solaire, de l’éolien, de la géothermie et de la biomasse pourrait contribuer à diversifier les sources d’approvisionnement énergétique. Ces filières offrent aussi des perspectives d’activité pour les entreprises spécialisées dans l’installation, la maintenance et l’exploitation des équipements, ainsi que pour les structures de recherche et de formation.

Ludovic Dassi, coordonnateur général de la FIERA, a expliqué que les énergies renouvelables reposent sur l’exploitation de ressources naturelles telles que le soleil, le vent, l’eau, la chaleur du sous-sol et la biomasse. Leur développement peut contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre, selon les technologies utilisées, et à soutenir une production énergétique plus durable. Pour Douala, où les fortes pluies et les inondations constituent des préoccupations récurrentes, les enjeux énergétiques s’inscrivent également dans une réflexion plus large sur la résilience urbaine et le développement durable.

Accessibilité de l’énergie et inclusion des populations

Au-delà de la capacité à produire davantage d’électricité, la question de l’accès à l’énergie a également été soulevée. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de faire en sorte que le développement des nouvelles filières ne se traduise pas par une exclusion des ménages les plus modestes. « Si il y a l’énergie renouvelable, c’est accessible à tous les Camerounais », a déclaré l’un des intervenants, en référence à l’importance de préserver l’accessibilité du service énergétique.

Cette ambition soulève des questions économiques essentielles : le coût d’installation des équipements, les modalités de financement, les dépenses d’entretien et les conditions de commercialisation de l’électricité produite. La compétitivité des solutions renouvelables dépendra notamment de leur coût global, des investissements nécessaires et des mécanismes de régulation applicables.

Pour les entreprises et les collectivités, le développement de ces solutions pourrait néanmoins ouvrir de nouvelles possibilités d’équipement et de maîtrise des dépenses énergétiques, sous réserve d’une évaluation précise de chaque projet.

Des partenaires internationaux et des opportunités pour la jeunesse

La FIERA entend également favoriser les échanges avec des institutions africaines, des partenaires européens et des organismes internationaux de développement. Parmi les structures citées lors de la conférence de presse figurent la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), la coopération allemande GIZ, le programme européen Global Gateway, l’Agence française de développement et la Banque mondiale.

La participation annoncée de ces acteurs illustre l’importance accordée aux partenariats institutionnels et financiers. Leur présence ne signifie toutefois pas, à elle seule, qu’un financement de projets précis est acquis.

Plusieurs départements ministériels sont également concernés, notamment ceux chargés des Relations extérieures, de l’Enseignement supérieur, de l’Habitat et du Développement urbain, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, de l’Emploi, de l’Agriculture et du Développement rural, des Mines ainsi que de l’Environnement.

Cette mobilisation traduit le caractère transversal des énergies renouvelables, dont les applications peuvent toucher l’agriculture, l’industrie, l’urbanisme, la gestion des déchets, la recherche et la formation professionnelle.

Les étudiants et les jeunes entrepreneurs sont particulièrement ciblés par cette dynamique. L’objectif est de susciter des vocations, de valoriser les innovations et de favoriser l’orientation vers des filières susceptibles de répondre aux besoins futurs du marché. Les échanges entre experts internationaux et acteurs locaux devraient également faciliter le partage de connaissances et l’acquisition de compétences pratiques.

L’accès à la foire sera gratuit pour les visiteurs, tandis qu’une contribution sera demandée aux personnes souhaitant participer aux ateliers, selon les précisions apportées lors de la conférence de presse.

À travers cette édition annoncée à Douala, les organisateurs entendent ainsi faire des énergies renouvelables un levier de développement économique et territorial. La portée de l’initiative se mesurera surtout à sa capacité à faire émerger des projets réalisables, à faciliter les partenariats entre acteurs publics et privés et à mobiliser des investissements au service d’un approvisionnement énergétique plus diversifié au Cameroun et en Afrique centrale.

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