Au deuxième jour du Salon de la Nutrition, le samedi 17 octobre 2026, la cardiologue émérite, en sa qualité de panéliste et marraine de l’événement, a expliqué comment les habitudes alimentaires influencent la santé cardiovasculaire. Son intervention a notamment mis en lumière les facteurs de risque, les symptômes parfois méconnus chez les femmes et les résultats d’une étude scientifique sur les bénéfices du modèle méditerranéen.

La protection du cœur commence bien avant l’apparition des premiers symptômes. C’est le message défendu par la Dr Marie Solange Ndom lors du panel consacré à la santé cardiovasculaire, placé sous le thème « La protection du cœur de la femme commence dans l’assiette », au cours de la deuxième journée du Salon de la Nutrition, le samedi 17 octobre 2026. Mme le Directeur de l’Hôpital Laquintinie de Douala, qui intervenait également en qualité de panéliste et de marraine de cette édition, a insisté sur la place de la prévention dans la lutte contre les maladies cardiovasculaires.

Ces pathologies ne concernent pas uniquement les hommes. Les femmes sont elles aussi exposées à ces maladies, qui peuvent se manifester de manière moins caractéristique et être plus difficiles à reconnaître. D’où l’importance, selon la spécialiste, de mieux connaître les signes d’alerte et de réduire les facteurs de risque avant l’apparition de complications.

Comprendre les maladies cardiovasculaires pour mieux les prévenir

Les maladies cardiovasculaires regroupent les affections qui touchent le cœur et les vaisseaux sanguins. Parmi les mécanismes en cause figure l’accumulation de plaques sur la paroi des artères, ces vaisseaux qui transportent le sang et l’oxygène vers les différents organes. Lorsque ces dépôts se développent, ils peuvent rétrécir le passage du sang et compromettre l’irrigation des tissus.

Plusieurs facteurs favorisent ce processus, notamment l’hypertension artérielle, le diabète, l’obésité, le tabagisme, la consommation d’alcool, le manque d’activité physique et le stress. La maîtrise de ces facteurs constitue ainsi un axe essentiel de la prévention.

La Dr Marie Solange Ndom a également attiré l’attention sur les manifestations possibles de ces maladies chez les femmes. Une douleur thoracique pouvant s’étendre vers la mâchoire ou le bras gauche, une fatigue intense et inhabituelle ou un essoufflement peuvent notamment constituer des signaux d’alerte. Ces symptômes ne doivent pas être banalisés, surtout lorsqu’ils apparaissent brutalement ou s’accompagnent d’un malaise. En cas de suspicion d’infarctus ou d’autre urgence cardiaque, une prise en charge médicale immédiate est nécessaire.

Au cours de sa présentation, la spécialiste a par ailleurs souligné le potentiel de la prévention, en avançant que 80 % des maladies cardiovasculaires pourraient être évitées grâce à des mesures préventives et à la réduction des facteurs de risque. Ce chiffre, présenté pendant son intervention, met l’accent sur l’importance des habitudes de vie et du dépistage.

L’alimentation, première ligne de prévention 

« La santé est au bout de la fourchette », a rappelé la Dr Marie Solange Ndom. Les aliments consommés quotidiennement influencent en effet plusieurs paramètres de santé, dont la tension artérielle, la glycémie et le taux de cholestérol.

La spécialiste recommande de limiter les excès de sel, de sucre et de graisses saturées, ainsi que la consommation fréquente de fritures, de charcuteries et de produits transformés. Les boissons sucrées doivent également être réduites. Même le miel, souvent considéré comme une alternative plus saine au sucre, reste une source de sucres et doit être consommé avec modération.

À l’inverse, une alimentation variée et équilibrée, qui accorde une place suffisante aux fruits, aux légumes et aux légumineuses, contribue à la prévention cardiovasculaire. L’eau doit être privilégiée comme boisson principale, y compris dans les habitudes alimentaires des enfants. Pour la spécialiste, l’éducation nutritionnelle doit commencer dès le plus jeune âge afin de favoriser l’adoption durable de comportements favorables à la santé.

Cette approche ne consiste pas à interdire systématiquement certains aliments, mais à mieux équilibrer les repas, à réduire les excès et à privilégier des choix alimentaires adaptés aux besoins de chacun.

Le modèle méditerranéen, des résultats encourageants chez les femmes

Pour illustrer le lien entre alimentation et santé cardiovasculaire, la Dr Marie Solange Ndom a présenté les résultats d’une méta-analyse publiée en 2023 dans la revue scientifique Heart. Signée par Anushriya Pant et ses coauteurs, cette étude a regroupé 16 études de cohortes prospectives portant sur 722 495 femmes. Elle a comparé les résultats observés chez les femmes présentant une forte adhésion au modèle alimentaire méditerranéen à ceux des femmes dont l’adhésion était plus faible. 

Les résultats indiquent que la forte adhésion à ce modèle alimentaire était associée à un risque de maladies cardiovasculaires inférieur de 24 % et à une mortalité toutes causes confondues inférieure de 23 %. Il s’agit d’associations observées dans les études analysées, et non d’une garantie de protection individuelle. 

Le modèle méditerranéen privilégie notamment les fruits, les légumes, les légumineuses, les céréales complètes, les noix et le poisson, tout en limitant la consommation de viande rouge et de produits très sucrés. Son intérêt réside dans l’équilibre général des habitudes alimentaires plutôt que dans un aliment présenté isolément comme protecteur.

Ces principes peuvent aussi inspirer les pratiques alimentaires au Cameroun, sans imposer l’achat de produits importés. Les poissons locaux, les légumes du terroir, les haricots, les arachides et les fruits de saison peuvent contribuer à des repas variés et équilibrés. L’enjeu est de valoriser les ressources alimentaires disponibles localement tout en réduisant les excès de sel, de sucre et de matières grasses.

L’activité physique et les habitudes de vie en complément

La prévention ne s’arrête toutefois pas à l’assiette. La Dr Marie Solange Ndom a également insisté sur la nécessité de bouger régulièrement. Elle a cité comme repères environ 30 minutes d’activité physique par jour ou une heure trois fois par semaine, encourageant chacun à intégrer le mouvement dans ses habitudes quotidiennes.

L’éviction du tabac, y compris la limitation de l’exposition à la fumée des autres, la réduction de la consommation d’alcool et une meilleure gestion du stress font également partie des mesures évoquées. Ces habitudes gagnent à être associées au contrôle régulier de la tension artérielle, de la glycémie et du cholestérol, ainsi qu’au suivi médical lorsque celui-ci est nécessaire.

À travers ce panel du Salon de la Nutrition, la Dr Marie Solange Ndom a ainsi rappelé que la protection cardiovasculaire repose sur un ensemble de gestes accessibles, répétés au quotidien. Pour les femmes comme pour les hommes, une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et une meilleure connaissance des signes d’alerte constituent des leviers importants pour préserver la santé du cœur.

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