Représentant Paul Biya à la 77ᵉ session du Comité exécutif du HCR, le ministre de l’Administration territoriale a appelé les partenaires internationaux à renforcer leur soutien aux réfugiés et aux pays d’accueil. Le Cameroun accueille environ 500 000 réfugiés et 20 000 demandeurs d’asile, alors que les financements humanitaires diminuent.
Le Cameroun appelle à une solidarité internationale plus concrète face à l’aggravation des besoins humanitaires. À Genève, en Suisse, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a interpellé la communauté internationale sur la nécessité de renforcer les financements destinés à la protection des réfugiés, dans un contexte marqué par la multiplication des crises et la contraction de l’aide internationale.
Le membre du gouvernement s’exprimait le 12 octobre 2026, à l’ouverture de la 77ᵉ session du Comité exécutif du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), où il représente le président de la République, Paul Biya. Les travaux, prévus jusqu’au 16 octobre au Palais des Nations, réunissent des représentants d’États et d’organisations autour des défis liés à la protection des réfugiés et des personnes déplacées.
Dans son intervention, le ministre a relevé un déséquilibre préoccupant : alors que les besoins humanitaires atteignent des niveaux élevés, les ressources destinées à y répondre connaissent une baisse importante. Une évolution qui fragilise les dispositifs d’assistance et accentue les contraintes pesant sur les pays d’accueil.
500 000 réfugiés et 20 000 demandeurs d’asile au Cameroun
Le Cameroun est directement confronté à cette réalité. Fidèle à sa tradition d’hospitalité, le pays accueille environ 500 000 réfugiés et 20 000 demandeurs d’asile, principalement originaires des États voisins. Cet effort implique une mobilisation durable de ressources et exerce une pression supplémentaire sur les communautés qui partagent avec ces populations les infrastructures et les services essentiels.
Paul Atanga Nji a réaffirmé la détermination du Cameroun à poursuivre ses engagements en faveur des personnes vulnérables. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’un partage plus équitable des responsabilités entre les pays d’accueil et les partenaires internationaux.
Pour Yaoundé, les engagements en faveur des réfugiés doivent se traduire par une assistance concrète, accessible au moment opportun. Le ministre a ainsi plaidé pour des financements prévisibles et immédiatement mobilisables, tout en saluant l’accompagnement du HCR et en appelant au renforcement de ses capacités opérationnelles.
« Le chéquier doit rester sur la table »
Pour illustrer l’urgence d’une aide disponible sans retard, le ministre a employé une formule particulièrement évocatrice devant les participants à la session.
« Le chéquier destiné à l’assistance aux réfugiés doit rester sur la table, près d’un stylo, prêt à être signé chaque fois qu’une urgence humanitaire survient. Il ne doit plus être conservé dans un coffre-fort », a-t-il déclaré, mettant en garde contre les retards susceptibles de bloquer ou de différer l’assistance aux populations en danger.
Cette image résume la préoccupation camerounaise : les annonces de solidarité ne suffisent pas lorsque les moyens financiers ne sont pas disponibles au moment où les besoins se manifestent. Pour les réfugiés, les conséquences peuvent être immédiates, tandis que les communautés d’accueil doivent supporter une pression accrue.
Le retour volontaire, une solution privilégiée
Le Cameroun réaffirme également sa préférence pour le retour volontaire des réfugiés dans leur pays d’origine, dans des conditions garantissant leur sécurité et leur dignité. Cette orientation s’inscrit dans la recherche de solutions durables, lorsque les circonstances permettent un retour effectif.
Le ministre a évoqué, à cet égard, les accords tripartites conclus en 2017 avec le Nigeria, la République du Congo et le HCR. Cette démarche prolonge la position exprimée par le président Paul Biya lors du Sommet des dirigeants sur les réfugiés, le 20 septembre 2016, à New York, où il avait rappelé la responsabilité collective de la communauté internationale face aux crises de déplacement.
À Genève, le message du Cameroun est sans ambiguïté : la protection des réfugiés ne peut reposer uniquement sur les pays qui les accueillent. Elle exige des financements suffisants, prévisibles et accessibles, afin que la solidarité internationale se traduise en réponses effectives aux urgences humanitaires.























