Le gouvernement annonce le paiement du deuxième trimestre de l’allocation spéciale et précise avoir déjà apuré 7,294 milliards de FCFA sur les 16,959 milliards de dette académique. Réuni dimanche, le SYNES estime toutefois que les garanties restent insuffisantes et reconduit son mot d’ordre de grève illimitée.

Yaoundé, 21 septembre 2026 – Le bras de fer se poursuit dans les universités d’État du Cameroun. Alors que le ministère de l’Enseignement supérieur (MINESUP) annonce de nouvelles opérations de paiement en faveur des enseignants-chercheurs, le Syndicat national des enseignants du supérieur (SYNES) a décidé de maintenir sa grève illimitée lancée le 3 septembre dernier.

La décision syndicale a été prise dimanche 20 septembre, lors d’une session extraordinaire du Bureau exécutif national du SYNES. Elle intervient deux jours après une concertation tenue à Yaoundé entre les responsables syndicaux, le MINESUP et une délégation du ministère des Finances.

Le MINESUP annonce le paiement du deuxième trimestre

Dans un communiqué daté du 21 septembre 2026, le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, apporte de nouvelles précisions sur les opérations financières engagées en faveur des enseignants-chercheurs.

Le document indique que les bénéficiaires de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche universitaire, octroyée par le chef de l’État, peuvent percevoir dès ce lundi 21 septembre, à partir de 16 heures, leurs primes correspondant au deuxième trimestre 2026 pour ceux concernés par le paiement par billetage.

Le ministère précise également que les virements bancaires ont commencé le 18 septembre auprès des banques de domiciliation des comptes des enseignants-chercheurs. Ces opérations sont exécutées conformément au plan de programmation des dépenses arrêté par le ministère des Finances et en fonction des disponibilités de trésorerie de l’État.

Ces annonces prolongent les opérations déjà communiquées par le MINESUP. Le quatrième trimestre 2025, évalué à 5,478 milliards de FCFA, aurait été intégralement réglé le 26 juillet. Pour le premier trimestre 2026, le cumul des paiements annoncés atteint 4,861 milliards de FCFA. Le deuxième trimestre représente, selon les chiffres communiqués précédemment par le ministère, 4,919 milliards de FCFA pour les paiements bancaires.

Dette académique : 16,959 milliards FCFA, dont 7,294 milliards déjà payés

L’autre dossier central de la crise reste celui de la dette académique. Le nouveau communiqué du MINESUP fixe son montant total à 16,959 milliards de FCFA TTC. Cette dette concerne huit universités d’État créées avant le 5 janvier 2022.

Sur cette enveloppe, le ministère affirme que 7,294 milliards de FCFA ont déjà été payés depuis le 31 décembre 2025. Le reliquat s’établit ainsi à 9,696 milliards de FCFA, qui doivent être apurés progressivement, en fonction des disponibilités de trésorerie de l’État.

Le chiffre de 16,959 milliards avait déjà été communiqué par le MINESUP dans le cadre des échanges récents avec le SYNES. Le syndicat demande cependant une liste consolidée de la dette, afin de pouvoir suivre précisément les montants dus et les paiements effectués.

Le SYNES ne considère pas les paiements comme suffisants

Pour le syndicat, la reprise du dialogue constitue une évolution positive, mais elle ne permet pas encore de mettre fin au mouvement. Dans ses conclusions du 20 septembre, le Bureau exécutif national du SYNES a pris acte des efforts du gouvernement et des paiements déjà effectués. Mais le syndicat estime qu’aucun consensus n’a encore été trouvé sur le règlement intégral du deuxième trimestre 2026 de l’allocation spéciale, ni sur l’apurement complet de la dette académique.

Le SYNES réclame notamment davantage de visibilité sur la dette académique à travers la transmission d’une liste consolidée permettant de suivre son apurement. En conséquence, le mot d’ordre de grève illimitée est maintenu. Le syndicat prévoit par ailleurs de se réunir à nouveau en fonction de l’évolution des négociations.

Les universités toujours sous tension

Déclenchée le 3 septembre, la grève affecte les activités académiques dans les universités d’État. Les soutenances de mémoires de Master et de thèses de Doctorat restent notamment suspendues selon les informations rapportées lundi.

La concertation du 18 septembre avait pourtant marqué une reprise du dialogue entre les deux parties. Au cours de cette rencontre, le SYNES avait notamment demandé des engagements concrets sur le paiement des allocations et souhaité un apurement rapide d’une partie substantielle du reliquat de la dette académique.

Un dialogue sans sortie de crise

Le dossier se retrouve ainsi dans une nouvelle phase : le gouvernement met en avant les décaissements effectués et la poursuite du processus d’apurement ; le SYNES demande, lui, des garanties supplémentaires avant toute levée de la grève.

Le communiqué du 21 septembre apporte surtout une précision nouvelle sur le calendrier des paiements du deuxième trimestre et officialise l’état de la dette académique à 16,959 milliards de FCFA, dont 9,696 milliards restent à payer.

Pour l’heure, le dialogue est renoué, les paiements se poursuivent, mais le mouvement de grève reste en vigueur dans les universités d’État. La prochaine étape dépendra de l’évolution des discussions entre le SYNES, le MINESUP et le ministère des Finances.

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