Un an après son arrestation, Mwalimu Djeukam Tchameni annonce une plainte pour diffamation contre le journaliste Bruno Bidjang, qu’il met au défi d’étayer ses déclarations sur la prétendue découverte de chars d’assaut, de Kalachnikovs et de stupéfiants à son domicile et dans l’école de son épouse. L’annonce a été relayée samedi 24 octobre 2026 à Douala, lors d’un point de presse animé par son fils, Samory Tchameni, accompagné de Junior Abena, communicant du Mouvement pour le changement.

Mwalimu Djeukam Tchameni annonce une bataille judiciaire contre le journaliste Bruno Bidjang. Dans une déclaration transmise par son fils, Samory Tchameni, lors d’un point de presse organisé à Douala le samedi 24 octobre 2026, l’acteur politique affirme avoir déposé une plainte pour diffamation devant le tribunal de première instance d’Ekounou. Il conteste les informations diffusées après son arrestation, le 24 octobre 2025, au sujet d’une prétendue découverte de matériel militaire et de stupéfiants à son domicile et dans l’établissement scolaire de son épouse.

Selon Djeukam Tchameni, les déclarations mises en cause évoquaient notamment des chars d’assaut, des fusils de type Kalachnikov, des munitions, des uniformes militaires et de la drogue. Il rejette ces allégations et affirme que ces éléments ne figureraient pas dans son dossier d’accusation. Il met le journaliste au défi d’apporter des preuves à l’appui de ses déclarations.

Une école fragilisée par les retombées de l’affaire

Le différend comporte également un volet familial et économique. Djeukam Tchameni estime que la médiatisation des accusations a contribué à fragiliser l’établissement scolaire de son épouse. Selon les éléments présentés lors du point de presse, des enseignants ont quitté l’école et certains parents, inquiétés par les informations relayées, ont retiré leurs enfants ou pris leurs distances avec l’établissement. L’école n’aurait pas été saccagée, mais son fonctionnement aurait été perturbé.

Venu d’Afrique du Sud, où il réside, Samory Tchameni entend contribuer à la relance de l’établissement et au rétablissement de la confiance au sein de la communauté éducative. Il a également réclamé la libération de son père, détenu depuis un an.

« J’ai payé cher le prix de la liberté »

Dans sa déclaration, Djeukam Tchameni revient sur les conséquences personnelles de son engagement politique. Il affirme avoir connu trois années de prison, perdu son fils Nkrumah pendant sa détention, vu son entreprise INTELAR détruite et subi cinq années d’exil après des tentatives d’assassinat présumées. Il évoque aussi les difficultés rencontrées par son épouse autour de son école à Bonanjo et les obstacles auxquels leurs enfants auraient été confrontés pour obtenir des documents d’identité camerounais.

Sur le plan politique, il soutient que les poursuites engagées contre lui sont liées à son rôle dans la constitution d’une coalition de 22 partis et de 34 associations, ainsi qu’à sa participation à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Il présente son engagement comme pacifique et légal et dénonce ce qu’il qualifie de « procès en sorcellerie ». Ses accusations concernant la crise postélectorale et le traitement judiciaire de son dossier restent à confronter à des sources indépendantes et aux pièces de la procédure.

Des recours à l’étranger et réclame 5 milliards de FCFA à l’État

Djeukam Tchameni prévient qu’il pourrait saisir des juridictions étrangères contre Bruno Bidjang si sa démarche n’aboutit pas au Cameroun, en invoquant la diffusion des déclarations sur Internet. La compétence d’une juridiction étrangère dépend toutefois des règles de droit applicables et des circonstances de l’affaire.

L’acteur politique affirme également avoir saisi le tribunal administratif de Yaoundé, avec l’assistance du professeur Aba’a Oyono, pour réclamer 5 milliards de FCFA à l’État camerounais au titre des préjudices qu’il attribue à son arrestation et à ses conséquences.

Le dépôt effectif de la plainte contre Bruno Bidjang, son contenu précis et les suites qui lui ont été réservées restent à confirmer par les pièces judiciaires correspondantes. La position du journaliste n’est pas rapportée dans les éléments communiqués. Elle devra être recherchée afin de rendre compte contradictoirement de cette affaire.

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