Après plusieurs jours marqués par des auditions, des démarches auprès des autorités et les visites successives du préfet, du gouverneur du Littoral et de la ministre des Enseignements secondaires, le père d’Ozanne Moukoko revient sur les événements. Il dément tout « arrangement » avec les autorités et demande désormais que les engagements pris à son égard se traduisent par des avancées concrètes dans l’enquête et par la réalisation de l’autopsie.

Le père d’Ozanne Moukoko livre une nouvelle fois sa version des jours qui ont suivi le décès de son fils. Son récit commence par une démarche effectuée à la préfecture pour y déposer un courrier.

Après avoir expliqué l’objet de sa présence à une employée, celle-ci contacte certains de ses collègues, qui lui confirment avoir vu l’affaire circuler sur les réseaux sociaux. Elle lui indique alors que le courrier ne suffit pas et qu’il faut en informer le préfet.

Le père est finalement appelé dans une réunion de sécurité présidée par le préfet. Il y lit devant l’assemblée la lettre qu’il lui avait adressée. À l’issue de la réunion, le préfet lui demande de laisser ses coordonnées à son garde du corps et lui annonce qu’il se rendra à son domicile avant une descente au collège La Salle.

Le préfet, puis le gouverneur au domicile familial

Le lundi suivant, le préfet se rend effectivement chez lui. Selon le père, la famille n’avait pas été informée de cette visite. Il affirme avoir reçu une enveloppe de 50 000 FCFA, présentée comme une contribution destinée à faire célébrer une messe pour le repos de l’âme d’Ozanne.

Le même jour, son frère dépose des courriers auprès des services du gouverneur ainsi qu’auprès des responsables départemental et régional des Enseignements secondaires.

Le lendemain, mardi, le gouverneur du Littoral se rend à son tour au domicile familial, accompagné des responsables régionaux et départementaux des Enseignements secondaires. Plusieurs médias sont présents.

Le père affirme avoir exposé une nouvelle fois sa version des faits. Il rapporte également que le gouverneur lui aurait indiqué être en contact avec le procureur et lui aurait assuré que, dans de précédentes affaires de viol à Maka, des responsables avaient été arrêtés.

À l’issue de cette rencontre, le gouverneur lui remet, selon son témoignage, une enveloppe de 100 000 FCFA, destinée à faire face à d’éventuelles dépenses liées aux événements à venir.

Trois millions de francs remis par la ministre

Le jeudi soir, le père reçoit ensuite un appel du délégué départemental des Enseignements secondaires l’informant de la venue prochaine de la ministre. Ne connaissant pas l’heure exacte de son arrivée, il décide de rester à son domicile.

Une audition prévue à la Police judiciaire est alors reportée au lundi.

La ministre des Enseignements secondaires se rend finalement chez lui le vendredi 25 septembre pour présenter ses condoléances. Selon le père, elle lui réitère l’engagement des autorités à contribuer à l’établissement de la vérité.

Il affirme également avoir reçu, à son départ, deux enveloppes contenant au total 3 millions de FCFA. Il précise que la ministre lui aurait expliqué que cet argent était destiné à faire face aux différentes dépenses susceptibles d’être liées à la procédure et qu’elle était présente au nom du gouvernement.

« La vie d’Ozanne ne vaut pas 3 millions 150 000 »

Ces différentes remises d’argent ont toutefois suscité des interrogations dans l’opinion, certains pouvant y voir la raison du silence observé ensuite par la famille.

Le père réfute fermement cette interprétation.

> « La vie d’Ozanne ne vaut pas 3 millions 150 000. »

Il affirme que les sommes reçues n’ont jamais constitué une contrepartie à son silence et explique son absence de prise de parole par l’épuisement accumulé depuis le décès de son fils.

Il rappelle que l’incident est survenu le vendredi 18 septembre. Dès le samedi matin, il est convoqué à la Police judiciaire. Le lundi, il effectue ses démarches auprès de la préfecture et pour le dépôt de la plainte. Le mardi, il reçoit le gouverneur. Le mercredi, il rencontre notamment un psychologue et ses conseils. Le jeudi, il est auditionné pendant plus de huit heures au groupement de gendarmerie et ne regagne son domicile qu’après 22 heures.

Le lendemain, il reçoit la ministre.

Entre les avocats, les journalistes, les enquêteurs et les différentes autorités qui se succèdent à son domicile, auxquels s’ajoute un manque de sommeil important, le père dit avoir atteint ses limites.

> « À un moment, j’étais à bout. »

Il explique ainsi ne pas avoir été en mesure de s’adresser aux médias après le départ de la ministre.

Auditions et autopsie : où en est la procédure ?

Le lundi 28 septembre, le père affirme avoir commencé sa journée par une nouvelle audition à la Police judiciaire, avant de se rendre à la Commission des droits de l’homme.

Concernant l’autopsie, il indique qu’elle a été demandée et que la famille a déjà désigné un médecin légiste pour la réaliser. Il affirme cependant ne disposer d’aucune information précise sur sa réalisation effective ni sur d’éventuels résultats.

Cette absence d’informations, explique-t-il, est liée au caractère confidentiel des investigations.

> « Les enquêteurs me font comprendre que les enquêtes sont confidentielles. »

Le père dit donc ne pas être en mesure d’évaluer lui-même l’état d’avancement de l’enquête.

« J’attends toujours leur soutien »

L’intéressé affirme néanmoins attendre des autorités qu’elles donnent suite aux engagements pris lors de leurs différentes visites.

Selon son témoignage, le préfet, le gouverneur et la ministre des Enseignements secondaires lui ont chacun assuré qu’ils useraient de leur influence pour que la vérité soit établie.

Il dit comprendre que les enquêteurs soient tenus à la confidentialité, mais appelle les autorités à faciliter, à leur niveau, l’avancement de la procédure.

Il souhaite notamment que les résultats de l’autopsie soient disponibles afin de contribuer à répondre aux interrogations persistantes sur les circonstances exactes de la mort d’Ozanne.

Pour le père, les engagements pris au cours de cette semaine particulièrement éprouvante restent donc attendus dans les faits : faire progresser les investigations, établir les circonstances exactes du décès et permettre à la famille de connaître la vérité sur ce qui est arrivé à son fils.

D’après les déclarations du père de Ozane Moukoko ce matin sur Radio Balafon 

 

https://cameroonpress.com/wp-content/uploads/2025/03/WhatsApp-Image-2022-06-02-at-17.31.04.jpeg

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici