“Pour moi, c’est une forfaiture ; c’est une mesure prise par les fossoyeurs de l’Économie. Nos dirigeants ne savent pas ce que signifie perdre du temps à ne rien faire”, a déclaré Alice Maguedjio. D’après Falix Fetué, animateur à Balafon Radio et TV, “Il faut soit repenser le concept, soit l’on l’annule, parce que c’est un jour de repos de plus pour les commerçants”. L’animateur estime que les autorités devraient descendre sur le terrain chaque jeudi propre, et montrer l’exemple. “Par exemple, ils devraient se retrouver dans un quartier différent chaque jeudi selon un programme établi, et faire le nettoyage pour montrer l’exemple” a-t-il déclaré.
Les débuts du projet
À l’origine, une lettre circulaire (N° 00640/LC/MINAT/DCTD DU 4 AVRIL 2000), de l’ancien Ministre de l’administration territoriale Koungou Edima, adressée aux autorités locales. Dans le document également publié sur le site de Commune et Villes du Cameroun, Le Gouvernement dénonce l’état de délabrement avancé du cadre et des conditions de vie des populations, tant en milieu urbain qu’en milieu rural.
En 2006, le maire de Yaoundé 5 lance l’opération Jeudi Propre, qui exige à tous les commerçants de se prêter à cet exercice de fermer boutique tous les jeudis entre 8h et 10h, et de nettoyer. L’effet domino se poursuit de commune en commune, année après année, jusqu’en janvier 2020 ou le gouverneur du Littoral lance un jeudi propre général, à l’aune du Chan 2020 qui se jouait au Cameroun, et plus particulièrement à Douala.

Un coup de Massue à l’économie du Pays
La tradition qui est restée une loi locale, impose à des commerçants de consacrer désormais 2 jours par semaine au lieu d’un seul, au repos. D’après le constat de Cameroon Press, on assiste à un jour férié entre 7h et 11h tous les jeudis, tout comme les dimanches : en lieu et place des opérations de nettoyage, l’on aperçoit des rues et marchés vides de monde, des boutiques fermées parfois toute la journée. “Dimanche est d’office un jour non ouvrable au Cameroun, voilà une journée que l’on devrait vérifier si les citoyens sortent pour nettoyer leurs artères, mais l’on vient faucher l’économie sur un pan, parce que d’aucuns ferment et pas d’autres”, a déclaré Alice Maguedjio, contactée par notre rédaction.
D’après la présidente du Syndicat des Commerçants Détaillants du Wouri (Sycodew) Durant les matinées des jeudis propre, les gens ferment et ils ne nettoient pas, mais personne ne s’en inquiète”. Entre-temps, les grands magasins sont ouverts au détriment des petites boutiques, ce qui induit une concurrence déloyale. Pour moi, fermer un marché comme celui de Mboppi chaque jeudis Matin à cause d’un balayage qui n’est pas effectif, alors que le marché Mboppi se nettoie tous les soirs, est vraiment un assassinat sur l’économie. C’est une fausse décision qui abîme l’économie”, a-t-elle ajouté
Dans une capitale économique du Cameroun, avec un marché Mboppi, hautement sollicité par des grands commerçants du Cameroun, et même de quelques pays d’Afrique, perdre une demie journée de commerce, avec des milliers de boutiques fermées y compris les marché, s’évaluent à des milliards de pertes. “Lorsqu’on n’ouvre pas les boutiques le matin, le programme est désaxé”, a expliqué Alice Maguedjio, qui précise que ce n’est pas une mince affaire.
















