Chassées de leurs villages par les attaques de Boko Haram, plus de 5 000 personnes vivent aujourd’hui dans une extrême précarité à Waza. Entre nuits à la belle étoile, abris improvisés et assistance d’urgence, ces familles attendent surtout de pouvoir rentrer chez elles.
À Waza, dans le département du Logone-et-Chari, la guerre contre Boko Haram se mesure désormais aux visages des familles déplacées. Des villages vidés, des maisons abandonnées et des populations contraintes de fuir avec le strict nécessaire : le conflit continue de bouleverser le quotidien dans cette partie de l’Extrême-Nord.
Le 28 septembre 2026, une délégation gouvernementale conduite par le ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, et le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, s’est rendue sur place. Objectif : évaluer la situation sécuritaire et humanitaire et apporter un message de solidarité du gouvernement aux populations affectées.
Des familles sans toit
Plus de 5 000 personnes sont concernées par ces déplacements. Certaines dorment à même le sol ou à la belle étoile, exposées aux intempéries et aux risques liés à l’insécurité. D’autres se sont réfugiées dans des salles de classe transformées en abris de fortune.
Derrière cette situation, il y a des familles séparées, des enfants éloignés de leur école et des agriculteurs privés de leurs terres. La fuite devant les attaques de Boko Haram a également entraîné son lot de faim, de dénuement et d’incertitude.

Pour répondre à l’urgence, 1 000 kits ont été remis à plus d’un millier de familles, représentant environ 5 000 bénéficiaires. Riz, huile, savon, sacs de couchage et produits d’hygiène figurent notamment parmi les biens distribués.
Le BIR attendu pour renforcer la sécurité
L’aide humanitaire ne règle toutefois pas la question du retour. Pour les populations déplacées, la condition première reste la sécurisation durable de leurs villages.
L’annonce de l’installation prochaine d’une base du Bataillon d’intervention rapide (BIR) à Waza constitue, à ce titre, un nouvel espoir. Selon Joseph Beti Assomo, cette présence doit contribuer à renforcer la protection des populations et la sécurisation des zones touchées par les violences dans le bassin du lac Tchad.
À Waza, le message des déplacés reste donc le même : pouvoir retrouver leurs maisons, leurs terres et une vie normale. Car derrière l’urgence humanitaire se joue aussi une autre bataille, celle du retour durable des populations dans des villages longtemps vidés par la violence de Boko Haram.























