Le parti entend présenter des candidats dans les circonscriptions où cela sera possible. Son secrétaire administratif, Ikang Pascal, annonce la mise en place d’une commission nationale d’investiture et de supervision des élections, avec pour objectif de favoriser des listes consensuelles.

L’Union des populations du Cameroun (UPC) entend prendre part aux prochaines élections législatives et municipales. Malgré les divisions internes qui affectent son fonctionnement et les difficultés rencontrées lors de précédentes consultations électorales, le parti prépare son dispositif de participation. C’est ce qu’a indiqué Ikang Pascal, secrétaire administratif de l’UPC depuis près de 25 ans, au cours d’un entretien à Cameroon Press, consacré à la situation politique de la formation et à ses perspectives électorales.

Au cœur de cette préparation figure la recherche d’un consensus entre les différentes sensibilités du parti. Selon Ikang Pascal, une concertation avec les collectifs des héritiers des martyrs de l’UPC est engagée afin de rapprocher les différentes instances et de parvenir à la présentation d’une seule liste par circonscription électorale. Une réunion tenue à Pouma, le samedi précédant l’entretien, a ainsi permis de mettre sur pied une commission nationale d’investiture et de supervision des élections.

Cette structure doit encore préciser son organisation interne, notamment la désignation de son président, de son vice-président, de son rapporteur et de son secrétaire. Elle aura également pour mission de définir les modalités de confection des listes consensuelles, les critères de sélection des candidats, la prise en charge des cautions et la conduite de la campagne électorale.

Pour Ikang Pascal, cette démarche s’inscrit dans une volonté de réunification et de préparation anticipée. « Nous avons dit que quel que soit le cas, il y aura élection un jour, et donc il ne faudrait pas que ce soit le jour-là que nous commencions à le savoir », explique-t-il. Le responsable reconnaît toutefois que le calendrier électoral demeure incertain, en raison de l’absence de convocation officielle du corps électoral.

Ikang Pascal, Secrétaire Administratif de l’UPC

Le contentieux interne au cœur des difficultés électorales

La participation de l’UPC aux prochaines élections reste étroitement liée à la question de sa représentation légale. Le secrétaire administratif dénonce une situation dans laquelle plusieurs responsables revendiquent la direction du parti, une configuration qu’il attribue notamment à l’intervention du ministère de l’Administration territoriale (MINAT).

Il rappelle que l’UPC a engagé plusieurs procédures judiciaires contre l’État du Cameroun au sujet de la reconnaissance de ses dirigeants. Selon son récit, les décisions rendues en première instance et en appel, puis en cassation, ont donné raison au parti. Il estime que ces décisions devraient permettre de clarifier la situation auprès des instances chargées de l’organisation des élections.

Cette crise aurait, selon lui, privé l’UPC de participation effective à plusieurs échéances électorales, notamment en 2020, aux élections régionales et à la dernière présidentielle. Il soutient que la multiplicité des candidatures invoquée pour écarter le parti résulte précisément de la coexistence de plusieurs directions concurrentes. « L’UPC n’a pas de problème avec un individu. L’UPC a un problème avec l’État du Cameroun qui ne respecte pas les décisions de sa propre justice », affirme-t-il.

Le responsable revient également sur l’expérience des élections sénatoriales de 2013, au cours desquelles l’UPC aurait été écartée en raison de ses différentes instances dirigeantes. Il évoque alors la mise en place d’un dispositif transitoire, à la suite de concertations avec le ministère de l’Administration territoriale, pour permettre au parti de participer aux élections et de préparer ensuite un congrès de réunification.

Un appel au-delà des militants

Au-delà de la résolution de ses différends internes, l’UPC souhaite élargir sa base de participation aux prochaines consultations. Ikang Pascal invite les militants et sympathisants à contribuer à la réflexion politique du parti, mais aussi les Camerounais qui aspirent à un changement. « L’UPC ne va pas limiter ses investitures aux militants, ni même aux sympathisants seulement », précise-t-il. Pour lui, les prochaines élections doivent permettre de rassembler toutes les personnes désireuses de contribuer au redressement du pays.

Le secrétaire administratif insiste sur la nécessité de ne pas réduire cette démarche à une opposition entre formations politiques ou à une volonté de revanche. Il assure que l’UPC entend proposer une alternative et recueillir les contributions susceptibles d’enrichir son projet. Si le parti affiche ainsi sa volonté de présenter des candidats aux législatives et aux municipales dans tout le pays, Ikang Pascal reste prudent sur les conditions de validation de ces investitures. « L’UPC va investir. Maintenant, ce que l’UPC investit, dire que je suis sûr que ces investitures vont passer, c’est une autre paire de manches », reconnaît-il.

Le responsable se dit néanmoins encouragé par la mobilisation des héritiers des martyrs et par les évolutions qu’il associe à la reconnaissance, par la France, de sa responsabilité dans les violences liées à la répression de l’UPC. Il estime que cette évolution pourrait contribuer à faire évoluer le contexte politique.

À l’approche des prochaines élections législatives et municipales, l’enjeu pour l’UPC sera donc double : parvenir à surmonter ses divisions internes et obtenir les conditions administratives nécessaires à sa participation. La constitution de listes consensuelles et la clarification de sa représentation auprès des autorités électorales seront déterminantes pour transformer ses ambitions en candidatures effectives.

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