La ville de Maroua dispose désormais d’une nouvelle infrastructure dédiée à la culture, à l’éducation et à la vie citoyenne. Inaugurée ce jeudi par le ministre de l’Habitat et du Développement urbain, la salle polyvalente de 1 000 places s’inscrit dans un vaste programme d’investissements qui transforme progressivement le visage de la capitale régionale de l’Extrême-Nord.
Construite sur la rive droite du Mayo Kaliao dans le cadre du programme C2D « Urbain Capitales Régionales », la nouvelle salle polyvalente ambitionne de devenir un véritable espace de vie communautaire. Concerts, spectacles, conférences, projections, rencontres associatives, activités scolaires ou manifestations citoyennes pourront désormais s’y tenir dans un cadre moderne et adapté.
L’infrastructure comprend notamment un espace polyvalent de 906,82 m², une scène équipée avec estrade, coulisses, loge, bureau et terrasse, ainsi qu’un mur de projection de 6,50 mètres. L’accessibilité aux personnes à mobilité réduite a également été intégrée à la conception de l’ouvrage.
Deux locaux techniques destinés à la lumière, à la projection et au pilotage audiovisuel, un hall d’accueil, des sanitaires pour hommes, femmes et personnes à mobilité réduite, une coursive périphérique couverte ainsi qu’un bureau de gestion complètent l’équipement. À l’extérieur, le site comprend notamment des parkings, un parvis, un jardin thématique et des espaces destinés aux vendeurs saisonniers.
Près de 30 milliards FCFA d’investissements dans la deuxième phase du C2D
La salle polyvalente constitue l’un des éléments visibles d’un programme beaucoup plus large. Dans sa deuxième phase, le C2D Urbain Capitales Régionales mobilise près de 30 milliards de FCFA d’investissements à Maroua. Plusieurs réalisations sont déjà opérationnelles. Il s’agit notamment de 17,5 km de routes en béton compacté au rouleau et en pavés, ainsi que de 2 054 mètres linéaires de voiries pavées réalisées selon l’approche HIMO, avec l’appui du Bureau international du Travail.
Le portefeuille comprend également la modernisation du marché de Douggoï, actuellement réalisée à 55 %, avec 118 boutiques et trois hangars totalisant 460 comptoirs. Dans les secteurs de l’eau et de l’éducation, le programme prévoit l’extension du réseau CAMWATER et le branchement de 260 ménages à Pitoaré, la construction de latrines dans 15 établissements publics et la fourniture de 835 tables-bancs aux écoles primaires.
L’amélioration du cadre urbain passe aussi par l’installation de bancs publics, de bacs à ordures et la plantation de 220 arbres. Le programme intègre par ailleurs l’insertion socio-professionnelle de jeunes ingénieurs et ouvriers locaux.
D’autres équipements sont en cours d’achèvement, notamment deux marchés secondaires à Pont Vert et Loumo Babba, destinés à plus de 120 commerçants, des espaces de grillades à Domayo, Fassao et Founangué, trois terrains multisports pouvant accueillir jusqu’à 830 spectateurs et plus de 350 candélabres solaires autonomes. La suite du programme prévoit notamment la réhabilitation d’infrastructures sportives de proximité dans le cadre du programme SPORCAP, pour plus d’un milliard de FCFA, ainsi que des études consacrées à la stabilisation des berges du Mayo Kaliao.
Le PDVIR renforce la connexion des quartiers
À ce dispositif s’ajoute le Projet de développement des villes inclusives et résilientes (PDVIR), piloté par le MINHDU avec l’appui de la Banque mondiale. À Maroua, le coût total des investissements du PDVIR est évalué à 7,5 milliards de FCFA. Les travaux de proximité, lancés à Ouro Tchedé dans l’arrondissement de Maroua 1er en novembre 2024, ciblent notamment plusieurs axes routiers des quartiers sous-équipés.
Ils concernent les tronçons Ouro Tchedé–Ziling, Bawa–Carrefour Mongoroye, Maison Justin–Maison colonel–École publique Ziling et Collège Espoir–vers Mayo Kaliao, pour un linéaire global de 4 190 mètres de voiries en 2×1 voies. Le projet comprend également 1 405 mètres de drains et 50 lampadaires photovoltaïques. Plus de 751 millions de FCFA sont annoncés au titre des compensations destinées aux populations riveraines. L’objectif affiché est d’améliorer simultanément la mobilité, l’assainissement et l’éclairage dans des zones urbaines jusque-là moins bien desservies.
L’enjeu désormais : faire vivre les infrastructures
Au-delà de la construction, la question de la gestion et de l’entretien des équipements apparaît désormais centrale. Lors de l’inauguration, le ministre de l’Habitat et du Développement urbain a appelé les autorités municipales et les populations à faire « bon usage » des investissements réalisés. Une étude est actuellement menée afin de déterminer le mode de gestion le plus adapté à la salle polyvalente.
Le maire de Maroua devra ensuite s’appuyer sur ses conclusions pour recruter le prestataire chargé de l’exploitation de l’équipement et permettre sa mise en service dans les meilleurs délais. L’enjeu est double : garantir la pérennité de l’infrastructure et permettre à ces équipements de contribuer aux ressources de la collectivité tout en restant accessibles aux populations.
Le C2D, entre coopération et développement local
Pour le gouvernement camerounais, le C2D Urbain Capitales Régionales dépasse le seul cadre d’un mécanisme de financement. Le ministre l’a présenté comme un instrument de coopération et de développement permettant de transformer le remboursement de la dette en investissements structurants au bénéfice des territoires. La France, à travers l’Agence française de développement, accompagne ainsi plusieurs projets urbains à Maroua, en lien avec les autorités camerounaises et les équipes techniques locales.
Avec la salle polyvalente désormais inaugurée, les investissements routiers, les équipements marchands, les ouvrages d’assainissement, l’éclairage public et les infrastructures sportives, Maroua voit se dessiner un nouveau paysage urbain. Dans une région confrontée à d’importants défis économiques, sociaux et sécuritaires, la question sera désormais celle de la capacité des collectivités et des populations à préserver ces équipements, à les exploiter durablement et à en faire de véritables espaces au service de la vie locale.























