Quatre morts, dont trois enfants de 11 mois, 6 ans et 7 ans, un autre enfant en soins intensifs et une famille brisée. À Bonaloka, dans le quartier Bassa, l’effondrement d’un pan d’immeuble en construction remet brutalement sur la table la question du contrôle des chantiers et de la responsabilité des acteurs du bâtiment.
Quatre vies fauchées, une famille décimée et des questions qui ne peuvent rester sans réponse. Dans la nuit du vendredi 9 octobre 2026, au lieu-dit Église Évangélique du Cameroun de Bonaloka, dans le quartier Bassa à Douala, un pan d’un immeuble de quatre niveaux (R+4) en construction s’est détaché avant de s’écraser sur une maison en matériaux provisoires. À l’intérieur, des enfants et des adultes ont été pris au piège sous les décombres. Le bilan officiel est lourd : quatre morts, dont trois enfants âgés de 11 mois, 6 ans et 7 ans, et un autre enfant grièvement blessé, actuellement en soins intensifs.
Le maire de la ville de Douala, Roger Mbassa Ndine, descendu sur les lieux ce samedi 10 octobre, a confirmé ce bilan. « Ce drame a coûté la vie à quatre (04) personnes, dont trois enfants âgés respectivement de 11 mois, 6 ans et 7 ans, ainsi qu’un adulte. Un autre enfant, blessé lors de l’accident, se trouve actuellement en soins intensifs », a indiqué l’exécutif communautaire.
Quatre morts. Et des comptes à rendre.
Derrière ce bilan, il y a des vies arrachées, des proches plongés dans le deuil et des enfants qui devront vivre avec les conséquences de cette tragédie. Selon les premiers témoignages recueillis auprès des riverains, la maison écrasée abritait M. Elessa et ses enfants, ainsi que des enfants de son entourage familial. L’immeuble en construction appartiendrait, selon ces témoignages, à son frère jumeau. Cette information reste à confirmer officiellement.
La mère des enfants aurait été absente au moment du drame. Deux enfants de M. Elessa auraient échappé à la mort parce que leur père les avait envoyés à la boutique. À leur retour, ils ont découvert l’horreur. Une absence de quelques instants qui les aurait soustraits à l’effondrement, tandis que d’autres membres de leur famille perdaient la vie.
Les images diffusées dans la nuit montrent la violence de la scène : une foule de riverains, des gyrophares et une habitation écrasée sous des blocs de béton. Les photographies publiées par la Communauté urbaine de Douala le 10 octobre confirment l’ampleur des dégâts.
Un chantier, des normes et des responsabilités à établir
Ce drame ne saurait être réduit à une simple catastrophe. Lorsqu’un immeuble en construction s’effondre sur une habitation voisine et tue des enfants, la question des responsabilités doit être posée sans détour. Qui a autorisé les travaux ? Le chantier disposait-il d’un permis de construire ? Les études techniques requises ont-elles été réalisées ? Les matériaux utilisés étaient-ils conformes ? Les contrôles ont-ils été effectués comme l’exigent les règles en vigueur ?
Sur les réseaux sociaux, des internautes dénoncent déjà la qualité présumée des matériaux et le laxisme dans le contrôle des constructions. Certains évoquent l’utilisation de fer de faible diamètre à la place de celui qu’exigerait la structure. Ces accusations ne sont pas encore établies par une expertise technique. Mais elles soulignent l’urgence de faire toute la lumière sur les conditions dans lesquelles cet immeuble a été construit.
Il ne serait pas acceptable que les familles endeuillées soient abandonnées à leur douleur pendant que les interrogations sur la conformité du chantier restent sans réponse. Les circonstances de l’effondrement doivent être documentées, les responsabilités éventuelles identifiées et les conclusions des vérifications rendues publiques.
Combien de drames faudra-t-il encore ?
À Douala, les effondrements de bâtiments alimentent régulièrement les inquiétudes sur la sécurité des constructions et l’urbanisation. Chaque nouveau drame fait ressurgir les mêmes préoccupations : respect des normes, contrôle des chantiers, qualité des matériaux et sanctions en cas de manquements. Mais lorsque des vies sont perdues, les discours de circonstance ne suffisent plus.
À Bonaloka, l’urgence est désormais triple : sécuriser les structures susceptibles de s’effondrer à leur tour, assurer la prise en charge de l’enfant hospitalisé et accompagner les survivants, notamment les deux enfants qui ont retrouvé leur famille frappée par le drame. Il faut également établir les responsabilités liées au chantier et déterminer si des manquements ont contribué à la catastrophe.
La présence du maire sur les lieux et les opérations de contrôle menées par la Police municipale constituent des premières interventions. Elles ne sauraient cependant remplacer les conclusions d’une enquête ni les mesures correctives qui pourraient s’imposer.
Quatre morts, dont trois enfants. Un autre enfant en soins intensifs. Une famille brisée. À Bonaloka, l’émotion est légitime, mais elle ne doit pas étouffer les questions essentielles. Qui répondra de ce qui s’est passé ? Et quelles mesures concrètes seront prises pour éviter qu’un autre chantier ne se transforme en tombeau ?























