Plus de 150 participants ont pris part, le 10 octobre 2026 à Douala, au Cocktail dînatoire des Entrepreneurs Acte 2. À travers trois mécanismes d’accompagnement, Vision Entrepreneuriat Cameroun entend faciliter l’accès des entrepreneurs aux partenaires, aux circuits de distribution et aux opportunités d’affaires, y compris sur le marché de la CEMAC.

Passer des rencontres professionnelles aux contrats, des contacts aux partenariats et des idées aux opportunités commerciales. C’est l’ambition affichée par Yaël Motazé lors de la deuxième édition du Cocktail dînatoire des Entrepreneurs, organisée le 10 octobre 2026 au Krystal Palace de Douala.

Sous le thème « Bâtir la confiance, accélérer l’investissement », cette rencontre a rassemblé plus de 150 participants autour des difficultés rencontrées par les petites et moyennes entreprises camerounaises pour accéder au financement, trouver des distributeurs et développer leurs activités.

À travers Vision Entrepreneuriat Cameroun (VECAM), créée en 2025, Yaël Motazé veut donner une dimension plus opérationnelle au réseautage entrepreneurial. Après six sessions de formation organisées en un an, ayant permis de former 1 754 personnes, dont 938 femmes, la promotrice estime que l’acquisition de compétences doit s’accompagner de possibilités concrètes de développement.

Trois mécanismes pour passer à l’action

La deuxième édition du rendez-vous a ainsi été marquée par la présentation de trois mécanismes destinés à rapprocher les entrepreneurs des opportunités d’affaires. Passerelle VECAM doit orienter les porteurs de projets et les chefs d’entreprise vers la formalisation, la structuration et les dispositifs d’accompagnement adaptés. Le ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat parraine cette initiative.

Mme Ebune Nicoline, représentante du Gouverneur du Littoral, a l’ouverture du Cocktail Dînatoire des Entrepreneurs Acte 2 au Krystal Palace de Douala

Avec Business Match, VECAM veut organiser des rencontres ciblées entre entrepreneurs et partenaires en fonction des besoins exprimés. L’objectif est de dépasser les échanges de cartes de visite pour favoriser des collaborations utiles aux activités économiques.

Le troisième outil, le Mur des opportunités, permet aux participants de préciser leurs attentes et leurs offres à travers deux entrées : « Je recherche » et « Je propose ». Financement, distribution, expertise ou partenariat peuvent ainsi devenir le point de départ d’une mise en relation concrète.

La question de la distribution occupe une place importante dans cette démarche. VECAM a notamment approché MRS Corporation afin de faciliter l’accès des entrepreneurs à des réseaux commerciaux. Pour les PME, disposer d’un produit ne suffit pas : encore faut-il pouvoir le placer sur le marché et atteindre les consommateurs.

Le marché de la CEMAC, une opportunité à saisir

Les échanges ont également mis en évidence les perspectives qu’offre le marché communautaire. Pierre-Guillaume BOUM BISSAI, représentant résident de la Commission de la CEMAC au Cameroun, a appelé les entrepreneurs à dépasser les frontières du marché national et à mieux exploiter les possibilités commerciales de la sous-région.

Selon les chiffres avancés lors de son intervention, les échanges entre les pays de la CEMAC ne représentent qu’environ 3,5 % à 5 % du commerce total. Un niveau qui illustre, selon lui, l’écart entre les ambitions de l’intégration régionale et la réalité des échanges économiques.

Le représentant de la Commission a notamment insisté sur la formalisation des activités, la structuration des petites entreprises et la transformation des produits locaux. Les opérateurs camerounais disposent d’un potentiel commercial, mais doivent pouvoir mieux organiser leurs activités pour accéder aux marchés voisins.

L’importance des échanges informels témoigne également de l’existence de débouchés transfrontaliers. En 2024, le Cameroun a enregistré un excédent d’environ 37,13 milliards de FCFA dans ses échanges informels avec le Tchad, selon les données du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire.

Pour les entreprises, l’enjeu est de convertir ces possibilités en activités mieux structurées, capables de créer de la valeur et de s’inscrire dans la durée.

Administration et entrepreneurs appelés à travailler ensemble

Représentant le gouverneur de la région du Littoral, Nicole Ebune, cheffe de la Division du Développement régional, a plaidé pour un rapprochement entre l’administration et les acteurs économiques. Elle a souligné l’importance d’un langage commun et d’un accompagnement public qui tienne compte des besoins réels des entreprises.

Le financement, l’accès aux marchés et la recherche de partenaires restent des préoccupations majeures pour les PME. Dans ce contexte, la confiance constitue un préalable aux investissements et à la conclusion de partenariats durables.

Pour Yaël Motazé et VECAM, l’objectif est désormais de faire en sorte que les échanges professionnels débouchent sur des résultats mesurables. Les prochaines étapes se joueront dans la capacité des entrepreneurs à conclure des partenariats, à accéder à de nouveaux circuits de distribution et à développer leurs activités au Cameroun comme dans la sous-région.

Le défi est posé : faire du réseautage non plus une simple occasion de rencontre, mais un véritable levier de croissance pour les entreprises camerounaises.

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