Depuis la réforme du Fonds routier, les présidents des Conseils régionaux sont devenus ordonnateurs des ressources destinées à l’entretien du réseau routier régional. Une session de renforcement des capacités organisée à Douala vise à améliorer la maîtrise des procédures, la maturation des projets et l’exécution des financements.
La réforme du Fonds routier a profondément modifié le rôle des exécutifs régionaux dans la gestion des projets d’entretien routier. Désormais ordonnateurs des ressources qui leur sont affectées, les présidents des Conseils régionaux peuvent définir leurs priorités, maturer leurs projets, solliciter les financements du Fonds routier et engager les procédures de passation des marchés nécessaires à leur réalisation.
C’est dans ce nouveau cadre qu’une session de renforcement des capacités a réuni à Douala les présidents des Conseils régionaux. L’objectif est de leur permettre de mieux maîtriser les procédures du Fonds routier et, par conséquent, d’améliorer l’utilisation des ressources consacrées au réseau routier régional.
Selon Aubin Essaïe Moussa, administrateur du Fonds routier, le gouvernement a mis à la disposition des Conseils régionaux environ 22 milliards de FCFA depuis 2023. Mais l’exploitation de ces ressources a également révélé plusieurs insuffisances, notamment dans la passation des marchés et l’exécution des projets.
La formation intervient ainsi pour corriger ces manquements et améliorer l’exécution des prochains budgets. Pour l’administrateur du Fonds routier, une meilleure appropriation du guide technique et des procédures par les présidents des Conseils régionaux devrait contribuer à une gestion plus efficace des projets relevant de leur compétence.
L’enjeu dépasse la seule gestion financière. Les routes régionales constituent un maillon important du réseau routier national, puisqu’elles assurent notamment la connexion entre les routes communales et les routes nationales. Leur entretien participe donc directement au désenclavement des territoires et à la mobilité des populations.

La maîtrise des procédures au cœur des préoccupations
Pour Oumarou Ousmanou, président du Conseil régional du Nord, cette session constitue un apport important dans les relations entre les collectivités et le Fonds routier. Il en attend une meilleure maîtrise des procédures et une amélioration de l’exécution des projets financés au sein des collectivités.
Le responsable régional souligne notamment la nécessité de renforcer la redevabilité des ordonnateurs et de réduire les rejets de dossiers. Selon lui, une partie de ces rejets serait liée à la méconnaissance des procédures par les responsables chargés de conduire les projets.
La formation doit donc permettre de réduire ces erreurs, d’accélérer le traitement des dossiers et d’améliorer les relations entre les collectivités territoriales décentralisées, les opérateurs économiques et le Fonds routier.
Au Sud-Ouest, des financements déjà engagés
Dans le Sud-Ouest, l’accompagnement du Fonds routier se traduit déjà par plusieurs opérations. Zacheus Bakoma Elango, président du Conseil régional du Sud-Ouest, cite notamment l’entretien de l’axe Bonge-Bobalondo-Bamuso, réalisé grâce aux ressources mises à disposition par le Fonds routier.
La région a également bénéficié d’un premier financement de 400 millions de FCFA pour la réhabilitation de la route Mondemba-Toko, dont la première phase est achevée. Une deuxième enveloppe de 200 millions de FCFA a été mise à disposition cette année pour poursuivre les travaux sur l’itinéraire Mondemba-Toko-Dikomébalé-Trékona-Ekombe. Le Conseil régional a décidé d’engager les travaux à partir de Trékona-Ekombe vers Dikomébalé.
Un autre projet concerne la route Tombel-Banga, pour laquelle un financement triennal de 1,5 milliard de FCFA a été prévu. Pour l’année en cours, 400 millions de FCFA sont destinés à cette opération. Le marché a été attribué, mais le démarrage des travaux a été affecté par les fortes pluies. Selon le président du Conseil régional, les travaux devraient véritablement commencer en novembre.
Malgré ces interventions, les besoins demeurent importants dans cette région considérée comme un important bassin de production. Les difficultés de circulation pendant la saison des pluies affectent notamment l’évacuation des produits et la mobilité des populations. Le président du Conseil régional du Sud-Ouest plaide ainsi pour une augmentation de l’enveloppe destinée à l’entretien des routes.
La maturation des projets, une condition déterminante
La question de la répartition des ressources a également été abordée au cours des échanges. Dans le nouveau dispositif, les Conseils régionaux disposent d’une responsabilité accrue dans la définition de leurs priorités routières. Les présidents des exécutifs régionaux doivent ainsi identifier les besoins, préparer les projets et présenter des dossiers suffisamment matures pour solliciter leur financement.
Plus les projets sont techniquement et administrativement préparés, plus ils sont susceptibles d’être financés, selon les explications données au cours de la session. Cette logique fait de la capacité des maîtres d’ouvrage à préparer des dossiers conformes aux exigences du Fonds routier un élément important dans l’accès aux financements.
Pour Zacheus Bakoma Elango, la formation revêt dès lors une dimension pédagogique. Elle doit permettre aux principaux acteurs de connaître précisément les procédures à suivre et d’éviter les erreurs dans la gestion des fonds mis à leur disposition.
Au terme de cette session, l’enjeu est donc de transformer la nouvelle responsabilité confiée aux exécutifs régionaux en résultats concrets sur le terrain : des projets mieux maturés, des procédures mieux maîtrisées, des marchés exécutés dans de meilleures conditions et, surtout, un entretien plus régulier du réseau routier régional.:::























