Dans un communiqué rendu public le 29 septembre 2026, Henri Moukoko revient sur les circonstances du décès de sa fille Ozanne, 11 ans et 11 mois, survenu le 18 septembre au Collège de La Salle de Douala. Le père affirme que les constatations médicales effectuées sur le corps de l’enfant font état de sperme frais et de traces d’agressions vaginale et anale. Il demande que les enquêtes établissent toute la vérité sur ce drame. Il a également déclaré ce matin sur Radio Balafon avoir reçu 3 millions de fcfa des mains de la ministre des enseignements secondaire, qui lui a signifié que c’est pour l’aider à couvrir les frais de procédures.
Le vendredi 18 septembre, Ozanne Moukoko se rend au Collège de La Salle comme à son habitude. Selon son père, elle est alors « en parfait état de santé » lorsqu’elle rejoint sa salle de classe.
À 17h07, Henri Moukoko reçoit un appel du professeur titulaire de sa fille. Celui-ci l’informe d’un malaise et lui indique qu’Ozanne a été transportée à l’Hôpital Laquintinie de Douala pour une prise en charge médicale. L’enseignant précise qu’il n’était pas présent dans l’établissement au moment des faits, mais qu’il a été chargé par sa hiérarchie d’informer le père.
En route pour l’hôpital, Henri Moukoko contacte également le préfet des études. Celui-ci lui confirme, selon son témoignage, que sa fille « est vivante » et lui demande de se rendre rapidement à Laquintinie.
À son arrivée aux urgences pédiatriques, le père découvre une autre réalité. Le préfet des études lui annonce le décès d’Ozanne, à l’extérieur du service, en lui disant : « elle est passée ».
Henri Moukoko explique ensuite que le personnel médical lui présente un document indiquant que sa fille est arrivée à l’hôpital déjà décédée. Cette information soulève pour lui une question essentielle : Ozanne est-elle morte dans l’enceinte de l’établissement ou pendant son transfert vers l’hôpital ? Le père demande alors une autopsie afin que les circonstances exactes et la cause du décès soient déterminées.

Le père évoque des violences sexuelles
Dans son communiqué, Henri Moukoko livre ensuite les informations qu’il dit avoir reçues du responsable médical ayant examiné le corps de sa fille. Selon lui, du sperme frais a été retrouvé sur le corps d’Ozanne. Le médecin lui révèle également la présence de traces d’agressions vaginale et anale, ainsi que de forts soupçons d’intoxication à des substances psychotropes.
Le père insiste sur les conditions dans lesquelles ces informations lui ont été communiquées. Il affirme que le médecin l’a reçu dans une salle, en présence de policiers, de gendarmes, de médecins et d’infirmiers. Pour Henri Moukoko, ces constatations ne résultent donc pas d’une information reçue en privé. Il demande que ces éléments soient désormais confrontés aux résultats des expertises et aux investigations judiciaires afin de déterminer précisément ce qui s’est passé.
Une autre dépouille dans la même salle
Henri Moukoko affirme également qu’à son arrivée à l’Hôpital Laquintinie, le corps d’une autre jeune fille d’un âge sensiblement similaire se trouvait dans la même salle.
Il précise toutefois que les deux enfants n’ont pas été examinées ensemble. Il dit avoir personnellement conditionné l’examen de sa fille à l’arrivée d’une parente, médecin au sein de l’hôpital. Cette précision intervient alors que le père rejette catégoriquement toute confusion entre les constatations effectuées sur sa fille et celles concernant une autre dépouille.
Les vidéos de surveillance au centre des demandes
Pour Henri Moukoko, les investigations doivent désormais permettre de reconstituer avec précision toute la chaîne des événements : les horaires, les circonstances de la prise en charge d’Ozanne dans l’établissement, les personnes intervenues auprès d’elle, son transport vers l’hôpital et les informations communiquées à la famille.
Le père demande surtout que les images des caméras de surveillance du Collège de La Salle soient intégralement exploitées par les enquêteurs et des experts. « Aucune image, aucune séquence, aucun enregistrement ne doit être soustrait à l’examen des autorités », insiste-t-il dans son communiqué.
Il appelle également les parents d’élèves à coopérer avec la justice lorsque les prélèvements ADN seront réalisés dans le cadre de l’enquête, et demande au Collège de La Salle ainsi qu’à l’ensemble de son personnel de se mettre à la disposition des enquêteurs.
« La vérité doit être révélée »
Le père d’Ozanne affirme avoir saisi les autorités compétentes et dit attendre désormais qu’elles établissent les responsabilités. Il indique que les investigations se poursuivent au sein de la gendarmerie et de la police judiciaire.
Henri Moukoko rejette par ailleurs les accusations selon lesquelles la famille aurait été « achetée par le Gouvernement ». Il estime que ces insinuations sont irrespectueuses de la douleur de la famille. Il reconnaît tout de même, avoir perçu 3 000 000 fcfa de la ministre des enseignements secondaire qui lui a précisé que cette sommes est une contribution du gouvernement pour couvrir les frais de procédure. À ces deux enveloppes de 1 et 2 millions, s’ajoutent 100 000 f du Gouverneur et 50 000f du préfet, qui lui ont précisé que c’est une contribution pour cette période difficile.
Il appelle également les médias à traiter cette affaire dans le respect de la dignité de sa fille et de la douleur de ses proches. « La mort de ma fille ne doit pas être un fait divers », écrit-il, tout en adressant ses condoléances à la famille de l’autre jeune fille décédée dont il dit avoir vu la dépouille à l’hôpital. Au terme de sa communication, Henri Moukoko réaffirme sa détermination à poursuivre les démarches jusqu’à ce que toute la lumière soit faite sur la mort de sa fille.
L’enjeu est désormais entre les mains des enquêteurs et des autorités judiciaires, appelés à confronter les témoignages, les constatations médico-légales, les prélèvements et les éventuelles images de vidéosurveillance afin d’établir les circonstances exactes du drame.
























