Réunie samedi 3 octobre 2026 à l’hôtel Krystal Palace de Douala, la première édition de FUSBUS (For Us By Us) a porté un message clair : l’entrepreneur camerounais ne doit plus se limiter au marché de proximité. Portée par Ladies In The Boardroom, la plateforme veut favoriser la formalisation, les connexions commerciales et l’accès à de nouveaux marchés, avec en ligne de mire la montée en puissance du Made in Cameroon.
FUSBUS ne se veut pas une exposition de plus. Pour ses initiateurs, l’enjeu est de créer un environnement dans lequel les entrepreneurs peuvent se rencontrer, présenter leurs produits et services, trouver des partenaires et surtout changer d’échelle.
À l’ouverture, Léonie Ella, vice-présidente de Ladies In The Boardroom, a insisté sur cette vocation. « Cette rencontre est bien plus qu’une exposition. C’est un espace de rencontre, de découverte, de connexion et surtout de possibilités », a-t-elle déclaré.
Son appel aux participants était concret : poser des questions, échanger des contacts, découvrir de nouvelles solutions et repartir avec autre chose que des brochures. « Derrière chaque rencontre peut naître un partenariat. Derrière chaque partenariat peut naître une entreprise et, derrière chaque entreprise, peut naître un véritable impact pour le pays », a-t-elle souligné.
Du potentiel local à la valeur créée
Cette ambition rejoint le plaidoyer porté par Dr Edith F. Gibson, présidente de Ladies In The Boardroom. Dans son discours, elle a mis en lumière le paradoxe d’un pays disposant de nombreuses matières premières et de talents, mais qui continue d’importer une partie des produits issus de leur transformation. « Pourquoi produisons-nous certains des meilleurs cafés et cacaos du monde au Cameroun, alors que nous importons du chocolat ? », a-t-elle interrogé.
La même question s’est posée autour des matières premières destinées aux produits de soins corporels et du beurre de karité. Pour la promotrice de FUSBUS, le potentiel existe, mais il faut davantage de mécanismes pour transformer ce potentiel en valeur économique. « Le problème n’a jamais été notre talent », a-t-elle affirmé.
Derrière cette formule se dessine l’un des enjeux majeurs de FUSBUS : faire en sorte que les entrepreneurs camerounais ne soient plus seulement producteurs de matières premières ou de petites quantités destinées au marché local, mais deviennent progressivement des acteurs capables de transformer, commercialiser et exporter.

Une plateforme qui mise aussi sur la qualité
Cette ambition passe également par la sélection des entreprises et des produits appelés à intégrer la plateforme. Vicky Fokala, s’exprimant au micro de Cameroon Press, a expliqué que FUSBUS n’a pas vocation à accueillir automatiquement tout producteur qui se présente avec un produit estampillé Made in Cameroon.
Selon elle, des experts sont chargés d’examiner la qualité des produits présentés par les producteurs et les entrepreneurs avant leur intégration à la plateforme. Une démarche qui vise à assurer un certain niveau de qualité et de crédibilité aux produits proposés à travers FUSBUS. Cette sélection donne ainsi à la plateforme une fonction qui dépasse celle d’une simple vitrine : il s’agit également de contribuer à mieux préparer les produits locaux à la commercialisation sur des marchés plus exigeants.
Pour sa journée d’exposition au Krystal Palace, FUSBUS a réuni plus de 60 exposants proposant des produits Made in Cameroon, donnant un aperçu de la diversité des initiatives entrepreneuriales que la plateforme entend accompagner.
Formaliser pour pouvoir grandir
La représentante du ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, dont l’administration était associée à l’événement sous son haut-patronage, a prolongé cette réflexion sur le terrain institutionnel. Son message aux jeunes entrepreneurs est d’abord celui de l’accompagnement. Les porteurs de projets ne doivent pas considérer qu’ils sont seuls face aux difficultés liées au développement de leurs activités.
Le ministère intervient notamment dans l’accompagnement à la formalisation et à l’institutionnalisation des entreprises, étape indispensable pour passer d’une activité informelle à une structure capable de saisir davantage d’opportunités. L’enjeu est précisément de sortir d’un modèle où l’entrepreneur vend depuis sa chambre ou une petite boutique de quartier sans pouvoir accéder à des marchés plus importants. « La jeunesse n’est pas le problème. Il est important que la jeunesse aujourd’hui soit une solution », a-t-elle insisté.
De la boutique du quartier au marché mondial
C’est ici que la plateforme FUSBUS prend tout son sens dans le discours institutionnel. La représentante du ministère a présenté For Us By Us comme une opportunité permettant aux entrepreneurs de dépasser leur marché traditionnel et d’envisager une commercialisation à plus grande échelle.
L’ambition évoquée est celle d’une plateforme capable de connecter les produits camerounais à des clients situés au-delà des frontières, jusqu’aux États-Unis, en France et sur d’autres marchés internationaux. Autrement dit, le défi n’est plus seulement de vendre ; il est de pouvoir vendre partout où existe une demande.

























