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Accessibilité des bâtiments publics, mobilité, emploi, formation et participation aux décisions : les personnes vivant avec un handicap restent confrontées à de nombreux obstacles dans l’agglomération de Douala. Le constat ressort de l’« Étude de référence sur l’inclusion urbaine des Personnes Vivant avec Handicap dans la ville de Douala », présentée ce 17 septembre 2026 au CMB de Bépanda, lors de l’atelier de restitution du Projet de plaidoyer pour l’agglomération inclusive à Douala (PAI).

Organisé avec les acteurs institutionnels de la ville, cet atelier a notamment réuni des responsables des Collectivités territoriales décentralisées (CTD), les mairies des cinq arrondissements du continent de Douala, la Communauté urbaine de Douala ainsi que le Conseil régional du Littoral. Une mobilisation destinée à placer les décideurs locaux au cœur de la réflexion sur l’inclusion urbaine.

Présentée par Timack Charles Bertin, consultant en management de projets, l’étude s’est appuyée sur les fondements juridiques de l’inclusion des personnes handicapées et a porté notamment sur l’accessibilité aux édifices publics et la mobilité en milieu urbain.

Sur ces différents volets, le constat reste préoccupant. De nombreux bâtiments publics demeurent difficilement accessibles aux personnes handicapées. Et lorsque des aménagements existent, ils ne répondent pas toujours aux normes requises.

L’étude relève également des insuffisances dans les dispositifs destinés aux personnes malentendantes. Dans plusieurs bâtiments publics, l’absence de signalétique ou de moyens de communication adaptés peut contraindre ces usagers à dépendre d’une tierce personne pour communiquer ou accéder à certains services.

Une place encore limitée dans les décisions

Au-delà de l’accessibilité physique, l’étude met en lumière un autre enjeu : la faible participation des personnes handicapées aux processus de décision. Selon Timack Charles Bertin, ces populations sont encore insuffisamment associées aux réflexions et décisions qui concernent leur cadre de vie.

Pour lui, les municipalités doivent prendre conscience que l’inclusion constitue une obligation, au regard des engagements pris par le Cameroun et de leurs responsabilités envers leurs administrés. Cette prise de conscience doit désormais se traduire par des actions concrètes dans plusieurs secteurs prioritaires, notamment l’éducation, l’emploi, la formation professionnelle et la mobilité urbaine.

« Les personnes handicapées se trouvent en marge »

Le plaidoyer est également porté par Fopa Jean Pierre, président exécutif de l’Association nationale des jeunes handicapés du Cameroun. Pour lui, le projet d’agglomération inclusive répond à une réalité persistante dans la capitale économique. « Les personnes handicapées dans l’agglomération de Douala se trouvent en marge », relève-t-il, en citant notamment les difficultés rencontrées dans la mobilité urbaine, l’emploi et la formation professionnelle.

La question des déplacements demeure particulièrement sensible dans une métropole où les transports reposent notamment sur les taxis et les motos. L’adaptation des moyens de transport et de l’environnement urbain aux besoins spécifiques des personnes handicapées reste donc un chantier à poursuivre.

Mettre les décideurs face aux réalités du terrain

À travers le Projet de plaidoyer pour l’agglomération inclusive à Douala, l’Association nationale des jeunes handicapés du Cameroun entend renforcer le dialogue avec les gouvernants et les institutions locales. La présence des représentants des cinq mairies d’arrondissement concernées, de la Communauté urbaine de Douala et du Conseil régional du Littoral traduit cette volonté de porter directement les préoccupations des personnes handicapées auprès des principaux acteurs de la gouvernance territoriale.

L’objectif est de faire en sorte que les personnes vivant avec un handicap soient davantage prises en compte dans la conception des politiques publiques, des infrastructures et des services urbains, mais aussi qu’elles puissent participer aux décisions qui les concernent. L’enjeu posé par l’atelier de Bépanda dépasse ainsi la seule question de l’accessibilité : il s’agit de faire progressivement de Douala une ville où le handicap ne constitue plus un obstacle à la mobilité, à l’éducation, à l’emploi, à l’accès aux services publics et à la participation citoyenne.

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