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À Bilongué, dans l’arrondissement de Douala 3e, le Centre d’Alphabétisation Fonctionnelle pour Déficients Auditifs (CAFDA) situé non loin de l’école publique de céans, accompagne depuis 2012 des enfants sourds. Parti de quatre apprenants, l’établissement en accueille aujourd’hui une cinquantaine, malgré des moyens limités. La scolarisation, le matériel pédagogique et la formation professionnelle restent au cœur de ses préoccupations.

Mis en œuvre en septembre 2012, le CAFDA est une école spécialisée pour enfants sourds, placée sous les mentions du MINEDUB et du MINAS.  Selon Dimitri Fokou, enseignant au CAFDA, le centre a progressivement développé ses activités malgré les difficultés. “Pour cette rentrée scolaire, plus de 28 enfants fréquentent les classes, mais seulement 12 sont officiellement inscrits. Certains sont accueillis alors que leurs parents n’ont pas les moyens de payer leur scolarité. D’autres sont issus de familles fragilisées ou sont confiés à leurs grands-parents”. Une situation qui oblige le centre à fonctionner avec des ressources réduites.

Des moyens limités pour une mission essentielle

Le CAFDA compte actuellement quatre enseignants et un formateur en informatique. Le centre dispose de quelques ordinateurs, mais le matériel informatique et pédagogique reste insuffisant et coûteux. Les contributions des parents permettent difficilement de couvrir les besoins de fonctionnement. La rentrée scolaire s’effectue d’ailleurs progressivement.

Tous les enfants n’étant pas encore présents, les enseignants avancent avec prudence pour éviter de pénaliser ceux qui rejoindront l’établissement dans les prochaines semaines.

Une réalité visible dans les salles de classe

Jeudi 11 septembre 2026, Cameroon Press a effectué une incursion au sein du CAFDA pour toucher du doigt les réalités quotidiennes de cet établissement spécialisé. Dans les salles, le manque d’espace et de moyens se fait immédiatement sentir. Les enfants de différents niveaux, de la maternelle à l’école primaire, sont regroupés dans une même grande salle, aménagée en plusieurs espaces faisant office de salles de classe.

Face aux tableaux noirs, les élèves sont installés sur des tables-bancs de fortune ou du mobilier scolaire vieillissant. Dans certaines séquences observées, l’enseignant doit se rapprocher individuellement de l’apprenant pour l’accompagner dans l’écriture et les exercices. L’encadrement demande ainsi une attention particulière, notamment auprès des enfants présentant des déficiences auditives ou des troubles du spectre de l’autisme.

Les images prises sur place montrent des enseignants constamment sollicités, passant d’un apprenant à l’autre pour expliquer, corriger ou guider les gestes. Malgré la promiscuité et les contraintes matérielles, les cours se poursuivent. Une scène qui illustre concrètement le décalage entre la volonté d’offrir une éducation adaptée à ces enfants et les moyens dont dispose actuellement le centre.

Au CAFDA, la question n’est donc pas seulement celle du nombre d’enfants accueillis. Elle est aussi celle des conditions dans lesquelles ces apprenants peuvent étudier et des moyens nécessaires pour permettre aux enseignants de remplir pleinement leur mission.

De l’éducation à l’insertion professionnelle

Pour le CAFDA, l’école ne doit pas constituer une finalité. Le centre souhaite également préparer les jeunes sourds à leur autonomie professionnelle.

Un programme de formation est ainsi envisagé pour ceux qui ne peuvent poursuivre leurs études dans les établissements classiques. Quatre parents ont notamment sollicité le centre pour former leurs filles en couture et en coiffure, invoquant les difficultés de communication rencontrées dans les centres de formation ordinaires.

L’informatique fait également partie des pistes développées. L’objectif, explique Dimitri Fokou, est de permettre aux personnes sourdes d’acquérir des compétences utiles à leur insertion.

Dimitri Fokou, tenant la plaque du CAFDA, devant les élèves du centre.

Un appel aux âmes de bonne volonté

Face à ces besoins, le CAFDA et L’Œil et la Main Cameroun mettent en avant un dispositif de parrainage des enfants sourds. Le soutien recherché peut servir à financer la scolarité, les fournitures, le matériel pédagogique, l’encadrement et les formations professionnelles.

Le message s’adresse aux personnes, associations et structures disposées à accompagner ces enfants dans la durée.

Pour Dimitri Fokou, l’enjeu est simple : l’éducation doit être suivie d’une formation permettant aux jeunes sourds de devenir autonomes et de trouver leur place dans la société.

Parti de quatre apprenants en 2012, le CAFDA en accompagne aujourd’hui une cinquantaine. Mais pour poursuivre cette mission, l’établissement compte désormais sur la solidarité et l’engagement des âmes de bonne volonté.

 

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