La Première Région de Gendarmerie a interpellé deux présumés cybercriminels spécialisés dans la création de faux sites de voyages et le piratage de comptes Mobile Money. Le réseau aurait déjà soutiré plus de 50 millions de FCFA à ses victimes.
Un réseau de cybercriminels opérant à Yaoundé vient d’être démantelé par le Service de Recherches Judiciaires et de Lutte contre le Grand Banditisme (SRJ) de la Première Région de Gendarmerie, avec l’appui d’éléments de la Garde présidentielle.
L’affaire a éclaté à la suite de la plainte d’une dame qui avait déboursé 19 000 FCFA, le 30 juillet 2026, pour acheter en ligne un ticket de voyage à destination de Douala. La transaction avait été effectuée via une page Facebook présentée comme celle de l’agence Touristique Voyages. Mais au moment de l’embarquement, son nom ne figurait pas sur le bordereau des passagers.
Les vérifications de l’agence ont révélé que le ticket provenait d’un faux site. Cinq autres passagers auraient été victimes du même procédé. La plaignante a par ailleurs découvert que son compte Mobile Money avait été débité de 230 000 FCFA.
Les investigations ont conduit les enquêteurs jusqu’au quartier Awae, où le présumé cerveau du réseau, SUFFO Patrick, alias « Le Suspendu », a été interpellé. Son exploitation a permis l’arrestation d’un autre suspect au quartier Nkomo.
Selon le capitaine NJALONG NAN, chef Bureau Suivi et Statistiques au SRJ/PRG, le principal suspect serait spécialisé dans la conception de faux sites de réservation et de vente de billets de transport, aussi bien pour les trajets nationaux qu’internationaux. Il aurait déjà été condamné à deux reprises pour des faits similaires.
Faux sites, vraies ponctions sur les comptes
Le mode opératoire reposait sur la création de faux sites imitant ceux d’agences de transport. Après avoir attiré leurs victimes, les suspects leur demandaient une capture d’écran de la transaction Mobile Money effectuée pour l’achat du ticket.
Cette image leur permettait, selon les enquêteurs, d’évaluer le solde disponible sur le compte de la victime. Ils exerçaient ensuite une pression sur celle-ci afin de lui faire effectuer plusieurs transactions successives, facilitant ainsi les retraits frauduleux.
L’exploitation des numéros utilisés par le réseau aurait permis d’établir que plus de 50 millions de FCFA ont ainsi été soutirés à plusieurs victimes. Les deux suspects ont été remis à la disposition de la justice. L’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels autres membres du réseau.




















