En réflexion depuis 2002, le projet de réhabilitation du Port fluvial de Garoua entre dans une nouvelle phase. Réunis du 14 au 19 septembre 2026, les acteurs institutionnels veulent désormais finaliser les instruments juridiques devant permettre de passer des études à l’exécution, sur fond d’urgence autour de l’envasement du lac de retenue de Lagdo.

 

Après plus de vingt ans de réflexions, le Port fluvial de Garoua veut sortir du cycle des études. Un atelier consacré à la relecture des instruments juridiques du projet de réhabilitation et de rénovation de ses infrastructures et équipements s’est ouvert lundi 14 septembre 2026 à l’hôtel Ribadou de Garoua.

 

Les travaux ont été ouverts au nom du gouverneur de la région du Nord, Jean Abate Edi’i, par l’inspecteur général des Services régionaux du Nord, Alim Garga. Autour de la table : des responsables du MINEPAT, du MINT, du MINFI, du MINDEVEL, du MINEPDED, de l’Autorité portuaire nationale, de la Communauté urbaine de Garoua (CUG) et du Port autonome de Douala (PAD).

 

Vingt-quatre ans de réflexion

 

Dans son propos introductif, le conseiller technique n°1 au MINEPAT, Roger Bafakan, a rappelé que la réhabilitation du Port de Garoua est envisagée depuis 2002. Plusieurs études de faisabilité et ateliers de restitution ont depuis été conduits sous l’impulsion notamment du MINEPAT et du PAD.

 

L’un des rendez-vous importants remonte à août 2024, lors d’un atelier présidé par le gouverneur de la région du Nord et auquel avait notamment pris part le directeur général du PAD, Cyrus Ngo’o. À l’issue de cette rencontre, l’État, à travers le MINEPAT, et la Communauté urbaine de Garoua, gestionnaire du port, avaient porté leur choix sur le PAD pour conduire le chantier de rénovation et de réhabilitation.

 

Pour les autorités locales, l’enjeu dépasse la seule remise en état d’une infrastructure. Le représentant du maire de la ville de Garoua a présenté la rencontre comme une étape appelée à « écrire l’histoire », en rappelant le rôle joué par le port dans le développement de la ville et de la région.

 

L’urgence de Lagdo

 

La question portuaire est désormais étroitement liée à celle du lac de retenue de Lagdo. Avant l’ouverture des travaux, le gouverneur Jean Abate Edi’i a reçu une délégation comprenant notamment des responsables du MINEPAT et du PAD.

 

Le gouverneur a insisté sur l’urgence du dragage du lac, confronté à un niveau d’envasement jugé préoccupant. Les conséquences potentielles concernent notamment la pérennité du barrage de Lagdo, la production d’électricité, la sécurité, l’environnement ainsi que les activités économiques et agricoles.

 

Pour le gouverneur, le projet revêt un caractère suffisamment vital pour ne plus rester au stade des études. L’atelier ouvert le 14 septembre doit ainsi, selon son orientation, être rapidement suivi du passage à l’exécution.

 

Le cadre juridique avant le chantier

 

Jusqu’au 19 septembre, les participants doivent finaliser trois documents destinés à encadrer la mise en œuvre du projet.

 

Il s’agit d’abord du projet de délibération du Conseil de communauté de la CUG. Les travaux portent également sur le projet de convention de partenariat entre le PAD et la CUG, qui doit définir les modalités de rénovation et de réhabilitation des installations et équipements du Port de Garoua, ainsi que celles de sa gestion transitoire.

 

Enfin, un cahier des charges relatif à l’exécution du projet doit être finalisé avant la signature des différents instruments par les parties prenantes.

 

À Garoua, le défi est donc désormais clairement identifié : transformer un projet envisagé depuis 2002 en chantier concret. La séquence ouverte le 14 septembre ne constitue plus seulement une nouvelle étape de réflexion. Elle doit préparer le cadre juridique permettant au projet de passer à l’action.

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