Élu 5ᵉ adjoint au maire de Douala 5ᵉ en 2020, Yerima Ousmanou s’est progressivement imposé dans l’espace public local par une présence qui dépasse les murs de l’hôtel de ville. Sport, jeunesse, entrepreneuriat, cohésion sociale et valorisation des savoirs endogènes : son parcours dessine le profil d’un responsable politique qui fait du terrain un laboratoire de proximité.
Un mandat qui s’est construit au contact du terrain
Depuis son élection comme 5ᵉ adjoint au maire de Douala 5ᵉ à l’issue des municipales de février 2020, Yerima Ousmanou occupe une place identifiable dans l’exécutif communal dirigé par Richard Mfeungwang. La mairie le présente toujours comme le 5ᵉ adjoint au maire, fonction qu’il exerce aux côtés des cinq autres adjoints.
Mais son profil public ne s’est pas construit uniquement dans les réunions institutionnelles. Il s’est surtout affirmé à travers des activités qui le mettent régulièrement en contact avec les populations.
Le sport constitue l’un des premiers marqueurs de cette présence. Dès 2021, il représentait déjà la commune lors de compétitions de vacances et défendait une conception du football comme outil d’animation urbaine et d’encadrement de la jeunesse. « Le plus important c’est une fête parce que c’est la fête du football », expliquait-il alors, tout en appelant les participants à ne pas perdre de vue les impératifs sanitaires liés à la pandémie de Covid-19.
Le football comme instrument d’encadrement : Cette orientation s’est progressivement transformée en politique d’animation sportive locale.
Le Festifoot Douala 5ᵉ, lancé en 2023, en est aujourd’hui l’une des principales illustrations. Pour l’édition 2025, 32 équipes avaient participé à la compétition, avec une ouverture à des formations venues notamment du Nord-Ouest et du Noun. Yerima Ousmanou, président du comité d’organisation, mettait alors en avant le rassemblement, le fair-play et le vivre-ensemble.
Un an plus tard, la quatrième édition a confirmé cette trajectoire. Trente-deux équipes ont pris part au tournoi, avant une phase finale remportée par Doctor’s Lounge face à Bureau FC. Yerima Ousmanou a détaillé un nouveau format destiné à maintenir la compétition sous tension jusqu’à la finale.
Mais derrière les résultats sportifs, le discours municipal reste centré sur la jeunesse. Le Festifoot est présenté comme un moyen d’occuper les jeunes durant les vacances, de favoriser leur socialisation et de contribuer à les éloigner de certains comportements à risque. Le maire Richard Mfeungwang a par ailleurs indiqué qu’un joueur issu de cette compétition avait signé avec Montpellier, donnant au tournoi une dimension supplémentaire : celle de la détection des talents.
De la pelouse à l’entrepreneuriat
Le parcours de Yerima Ousmanou révèle cependant une préoccupation plus large : celle de l’insertion des jeunes.
En 2023, lors d’un forum consacré à l’entrepreneuriat et à l’engagement citoyen, il représentait la commune et expliquait que le nouvel exécutif municipal avait ouvert un dispositif d’information destiné aux jeunes. L’objectif était notamment de leur permettre de connaître les opportunités et les mécanismes d’accompagnement disponibles.
Cette approche est intéressante parce qu’elle élargit son champ d’intervention : le jeune n’est plus seulement considéré comme un sportif ou un bénéficiaire d’activités de vacances, mais comme un potentiel entrepreneur et un acteur du développement local. Une présence qui gagne d’autres secteurs
Plus récemment, son champ d’intervention s’est élargi.
En mai 2025, le maire lui a confié la coordination d’une nouvelle équipe à la fourrière municipale. La mission consistait notamment à améliorer les pratiques professionnelles, privilégier la sensibilisation et faire respecter les règles avec davantage de courtoisie et de professionnalisme.
Quelques mois plus tard, en juillet 2025, il était également présent au lancement d’un point de services financiers à Logpom, dans Douala 5ᵉ, placé sous le patronage de la mairie. L’initiative portait notamment sur la proximité des services financiers et la vulgarisation de la finance islamique ou éthique.
Cette succession de séquences révèle un élu qui apparaît dans des dossiers très différents, mais avec un même fil conducteur : le rapport direct avec les populations et les acteurs locaux.
Des savoirs endogènes à la citoyenneté locale
Le 31 août 2026, son intervention lors de la 24ᵉ Journée africaine de la médecine traditionnelle a encore élargi cette image. Prenant la parole au nom de la collectivité, Yerima Ousmanou a plaidé pour une meilleure reconnaissance des savoirs thérapeutiques traditionnels.
Mais son discours ne s’est pas limité à la défense de la tradition : il a également insisté sur la nécessité de documenter, structurer, rechercher et encadrer les pratiques. Cette nuance est importante. Elle inscrit son intervention dans une logique de valorisation du patrimoine associée à la responsabilité publique, plutôt que dans une opposition entre médecine traditionnelle et médecine moderne.
Une dimension politique assumée : L’autre facette de son parcours est naturellement politique.
Membre de la section RDPC Wouri 5, Yerima Ousmanou y a notamment été présenté comme responsable de la communication. En mars 2024, il appelait les militants et les forces vives de Douala 5ᵉ à se mobiliser en perspective des échéances politiques de 2025.
En mars 2025, lors de la célébration du 40ᵉ anniversaire du RDPC à Bépanda, il a de nouveau pris la parole pour réaffirmer son soutien au président Paul Biya et à la formation politique au pouvoir.
Cette dimension doit être assumée dans son portrait : Yerima Ousmanou n’est pas seulement un responsable municipal intervenant sur les questions sociales et sportives ; il est aussi un acteur politique engagé.
Le pari d’une politique de proximité
C’est probablement là que se trouve l’intérêt de son parcours : En six années de mandat, son nom apparaît successivement dans des dossiers liés au sport, à la jeunesse, à l’entrepreneuriat, à la gestion urbaine, à la cohésion sociale et à la valorisation des savoirs endogènes. Les sources disponibles ne permettent pas, en revanche, de lui attribuer personnellement l’ensemble des politiques menées par la commune. Elles montrent plutôt un responsable régulièrement mobilisé pour représenter ou porter certaines initiatives de l’exécutif municipal.
Son enjeu pour les prochaines années sera donc de transformer cette présence de terrain en résultats durables et mesurables. Car au-delà des tournois, des cérémonies et des prises de parole, la question centrale reste celle de l’impact : combien de jeunes réellement accompagnés ? Quels talents durablement insérés ? Quels dispositifs municipaux pérennisés ? Quelle amélioration concrète du quotidien des habitants ?
C’est à cette aune que pourra se mesurer la véritable portée du parcours de Yerima Ousmanou. À Douala 5ᵉ, son pari semble désormais clairement identifié : faire du terrain le principal espace de son engagement public.






















