“Le Cameroun dispose aujourd’hui des réserves en or d’environ 1500 kg logées au ministère des finances. Ce n’est que si une partie de cette réserve est portée disparue, qu’on pourrait parler de perte en Or pour le Cameroun. Le phénomène d’écart entre déclaration et d’exportation qui est observée, n’est pas une perte de l’Or, mais une perte des revenus en matière de collecte de taxes d’exportation et impôt synthétique qui s’élèvent à des centaines de milliards”.
Lors d’une conférence de presse ce mercredi 15 Juillet 2026 à Yaoundé, le Ministre Fuh Calistus Gentry, des Mines a apporté « des éclairages » sur l’exploitation de l’Or au Cameroun, qui fait l’objet d’une actualité hautement polémique née des déclarations du Directeur Général de la Sonamines, entreprise publique camerounais créée en 2020 en charge de la chaîne d’exploitation du sous sol minier du Cameroun.
Plus de 1000 milliards de fcfa perdus en Or
“Selon les données compilées par la Société nationale des mines (Sonamines), 44 tonnes d’or ont été réceptionnées à Dubaï entre 2021 et 2025 comme provenant du Cameroun, alors que les exportations officiellement déclarées par les autorités camerounaises sur la même période ne totalisent que 148 kilogrammes. Cette quantité d’or enregistrée aux Émirats arabes unis est évaluée à 3,4 milliards de dollars, soit près de 1 914,4 milliards de FCFA”. D’après le site Sika Finance, ces informations ont été rendues publiques par le directeur général de la Sonamines, Hervé Bongueno, lors d’une intervention sur la télévision publique camerounaise le 25 mai 2026.
Lors de sa mise au point face à la presse nationale et internationale, le Ministre de l’Industrie, des Mines et du Développement Technologique, le Pr Fuh Calistus Gentry a implicitement reconnu les faits, sans reconnaître un pillage d’Or au Cameroun. Pour le patron institutionnel de l’industrie et du sous sol minier du Cameroun, en dehors de l’Or artisanal, le Cameroun n’a jamais exporté un quelconque minerais. “C’est d’autant plus que ce sont des substances visibles, qui ne peuvent être transportées que par Bateau”, a-t-il déclaré avec véhémence.
“À cet effet, les propos souvent relayés sur les réseaux sociaux faisant état de ce qu’il y a pillage d’autres minerais en dehors de l’Or, trouvent automatiquement leur démenti, et peuvent être qualifiés de non maîtrise du sujet ou de mauvaise foi”, a-t-il ajouté. Selon le Pr Fuh Calistus Gentry dans son élan de justification “mitigée”, l’Or exporté est artisanal (de l’or non dissous).

Le Cameroun n’a pas perdu l’Or, mais l’argent de l’Or!
D’après le Ministre des Mines, le Cameroun n’a pas perdu de l’Or, mais les taxes sur l’exploitation de l’Or. Le problème n’est pas l’exportation de l’Or, mais le déficit des taxes proportionnelles à la quantité d’or exporté. Le Cameroun exporte l’Or, sans prélever les taxes qu’il mérite qui s’élèvent à des centaines de milliards de pertes. “Le problème vient de ce que les opérateurs profitant du système fiscal du Cameroun qui est déclaratif, avancent des chiffres très faibles et très éloignés de la production réelle. Les sommes collectées sont donc loin de refléter la réalité de la production”, a-t-il précisé.
S’agissant du problème des écart sur l’Or, celui-ci réside sur la qualité déclarée et collectée, vue que les taxes spécifiques à l’exportation sont privées dans les sites d’exploitation. Ce système présente ses limites, puisque le constat est que la collecte s’effectue sur les déclarations des minerais présentant à peine 10% de la production réelle. La restructuration proposée vise donc à maîtriser la production, et à collecter toutes les sommes dues au profit de l’état afin que quelque soit celui qui sort avec l’Or, l’état aura déjà récupéré les sommes dues qui représente environ 30% de la production totale, l’un des meilleurs taux en Afrique. À l’origine de l’écart constaté entre l’Or déclaré au pays et celui acheté à l’extérieur du pays, le Ministre a fait savoir que dans les zones qui représentent presque 80% de la production et qui sont presque inaccessibles, aucune taxe n’est collecté et des extractions ne sont pas déclarées, et demande un redressement fiscal.
Sur le terrain, la tck force a découvert que dans son opération de sondage en vue de déterminer la teneur moyenne et le seuil minimal, a mis en évidence d’importantes défaillances dans le système actuel de collecte et déclaration de l’or. En particulier pour l’exploitation artisanale de l’or.
Une défaillance du système de traçabilité
D’après le MINMIDT, la production s’est faite en deux faces. Une étape physique de broyage permettant de récupérer moins de 30%, et une seconde étape chimique notamment de distillation qui permettent de récupérer plus de 80% de l’or. Or, le mécanisme actuel de contrôle et de collecte par la Sunamines ne prend essentiellement en compte que la première phase (de Broyage), créant un déficit de traçabilité et favorise les écarts entre les quantités déclarées et les quantités produites. Les missions de terrain ont permis d’identifier 51 installations dont 33 disposent de réservoir de grandes capacités de 300 000 tonnes à 1,6 millions de tonnes de minerais environ.
La solution pour récolter toutes les taxes
D’après le Pr Fuh Calistus Gentry, le système actuel va demeurer déclaratif. le Ministère en charge des mines propose un système radical de calcul sur la base d’un minimum de production scientifiquement démontré et un système de collecte à la base d’où le seuil minimal devient dorénavant la porte d’entrée pour le secteur semi-mécanisé. À cet effet, le gouvernement a initié un processus de recrutement d’un expert indépendant qui va indiquer la production attendue de chaque site sur lesquels les sommes dues vont être imposées.
“Ça ne veut pas dire que tout le monde va déclarer 5kg, il y a les sociétés qui produisent 300 kg, et elles vont être taxées sur la base de ses études. C’est une société d’expertise internationale qui va orienter les quantités à prélever, donc les impôts et taxes étant collectés à la source et non dans les postes de sortie. Si les déclarations sont bien faites, et les impôts et taxes bien calculés, il n’y aura pas de problèmes d’écarts, étant donné que 90% de l’or est produit à travers la semi mécanisation. Si on avait 15 tonnes et on avait collecté 30% il ne devait pas y avoir de problème”, a-t-il expliqué.
























