À l’ouverture de l’année scolaire 2026-2027, le RDPC a multiplié les opérations de proximité en faveur des élèves dans plusieurs régions du Cameroun. Kits scolaires, bourses, récompenses à l’excellence et soutien aux enfants vulnérables : le parti au pouvoir a mobilisé ses structures locales autour de la rentrée. Face à ce déploiement, le SDF et le PCRN ont également mené des actions concrètes, mais sur des périmètres plus ciblés. Le MRC, pour sa part, a privilégié la prise de parole. Quant aux autres partis, c’est le “Back-Out” total.
La rentrée scolaire n’a pas seulement remis les élèves sur le chemin des classes. Elle a également remis les partis politiques sur le terrain. À quelques jours du 7 septembre, plusieurs formations ont profité de cette période pour apporter un soutien aux familles, récompenser des élèves méritants ou rappeler leurs positions sur les enjeux éducatifs.
Mais toutes ne l’ont pas fait avec la même intensité.
À la lecture des opérations publiquement documentées en août et septembre 2026, le RDPC apparaît comme la formation la plus visible sur le terrain scolaire, avec un dispositif qui combine interventions locales, cérémonies d’excellence, distributions de fournitures, bourses et appui aux enfants vulnérables.
Du Littoral à l’Est, un maillage RDPC particulièrement dense
À Douala 5e, l’opération « Soutien scolaire à la base », menée exclusivement dans le cadre du RDPC à l’initiative de la vice-présidente de l’OFRDPC Wouri 5, a ciblé 1 503 enfants. Au total, 1 053 kits scolaires ont été distribués dans 50 groupes scolaires. L’opération comprenait également des bourses d’excellence de 20 000 FCFA et des bourses sociales de 15 000 FCFA. Une mobilisation qui illustre la volonté des structures locales du parti d’intervenir directement auprès des familles à l’approche de la rentrée.
À New-Deido B, toujours à Douala, la sous-section RDPC a organisé le 22 août sa troisième cérémonie d’excellence scolaire. 350 kits complets ont été remis aux élèves sélectionnés sur la base de leurs résultats scolaires. L’initiative, reconduite d’année en année, témoigne d’une implantation du dispositif dans la durée.
À Nkongsamba III, dans le Moungo, le RDPC a également mobilisé ses responsables locaux autour d’enfants défavorisés, notamment des orphelins et des déplacés internes. Des kits ont été remis dans le cadre d’une opération portée par la présidente de section OFRDPC Moungo Nord 3, Yvonne Eyidi.
À Yaoundé, le Mfoundi II figure lui aussi parmi les points de mobilisation. Une opération de rentrée organisée par une sous-section du RDPC a annoncé plus de 1 000 kits scolaires et des bourses d’études. Une autre initiative, organisée à l’issue d’un camp de vacances, avait ciblé des enfants orphelins auxquels des fournitures scolaires ont été remises.
À Djoungolo Vallée, les activités de vacances de l’OJRDPC ont également débouché sur une remise de sacs, cahiers et stylos aux jeunes participants au championnat « Elig Omgba Nsi », accompagnée de récompenses financières pour les équipes finalistes.
L’Est donne la mesure du dispositif
C’est toutefois dans la région de l’Est que l’une des opérations les plus importantes apparaît dans les données disponibles. À Bertoua, une mobilisation autour de la rentrée a annoncé des fournitures et des bourses pour 2 724 lauréats du primaire dans 1 870 écoles et 1 040 lauréats du secondaire dans 218 établissements, soit 3 764 bénéficiaires annoncés. À ces appuis se sont ajoutés des prix spéciaux attribués aux meilleurs élèves de la région.
Le chiffre est significatif : il montre que certaines opérations du RDPC dépassent largement le cadre d’une cérémonie organisée dans un quartier. Dans cette région, l’action annoncée couvre un nombre important d’établissements et de bénéficiaires.
Dans l’Adamaoua, notamment dans la Vina Sud 1C, des kits et des bourses ont également été remis à des élèves présentés comme nécessiteux. Le bilan publié par le journal du RDPC autour de la rentrée présente ainsi plusieurs volets d’intervention : kits scolaires, promotion de l’excellence, bourses, appui aux infrastructures et récompenses aux meilleurs élèves et étudiants.
Les formes d’aide sont elles-mêmes variées : sacs, cahiers, stylos, crayons, manuels, ardoises et uniformes, mais aussi primes d’encouragement et matériel informatique pour certains bénéficiaires.

Face au RDPC, une opposition timidement présente
« Ce déploiement ne signifie toutefois pas que les partis d’opposition ont déserté le terrain scolaire. »
À Douala 5e, le SDF a distribué 600 kits scolaires à des enfants issus de familles démunies lors d’une opération organisée le 30 août à Vallée La Conquête. L’initiative, portée par Marcel Tadjeu, figure parmi les actions d’opposition les plus importantes documentées à l’occasion de cette rentrée. Le PCRN a également investi le terrain, notamment dans la Sanaga-Maritime, à travers son initiative « Excellence scolaire – Bonne rentrée à tous ».
Après une première remise à Ekite 4, dans l’arrondissement d’Edéa 2, le parti a annoncé d’autres distributions à Mouanko et dans plusieurs établissements primaires. Les enfants méritants de Sainte-Odile Ekite, de l’EP Ekite 3, de la CEBEC Dipita, des Prodiges, d’Arche Fondation et de l’EP Mangombé figurent parmi les bénéficiaires ciblés. Le dispositif inclut également des enfants issus des communautés du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et du Grand-Nord.
L’action du PCRN est présentée comme un programme combinant promotion de l’excellence et solidarité. Ces deux exemples relativisent donc l’idée d’une opposition totalement absente de la rentrée. Le SDF et le PCRN ont bel et bien mené des opérations matérielles en faveur des élèves.
Le MRC mise davantage sur le discours
Le MRC, de son côté, a privilégié une autre forme d’intervention. À l’occasion de la rentrée du 7 septembre, Maurice Kamto a adressé un message aux élèves, aux parents et à la communauté éducative. Le président du MRC y a notamment insisté sur les enjeux liés à l’éducation et à la protection des enfants.
Une approche différente de celle des formations ayant organisé des distributions de kits. Elle rappelle que la mobilisation politique autour de l’école ne se résume pas aux dons de fournitures : elle peut également passer par la prise de parole, la sensibilisation et la formulation de propositions.
Le véritable écart se situe dans le maillage
Au terme de cette comparaison, le constat est donc moins celui d’une opposition absente que celui d’un écart dans l’ampleur et le maillage des initiatives documentées.
Le SDF a distribué 600 kits à Douala 5e. Le PCRN a déployé son opération dans plusieurs localités de la Sanaga-Maritime. Le MRC s’est exprimé sur la rentrée.
Mais le RDPC cumule, sur la même période, des opérations dans le Littoral, le Centre, l’Est et l’Adamaoua, avec des interventions portées par ses sections, sous-sections, organisations de femmes et de jeunes et responsables locaux.
Les chiffres disponibles donnent une idée de cette densité : 3 764 bénéficiaires annoncés dans l’Est, 1 503 enfants concernés à Douala 5e, plus de 1 000 kits et bourses dans le Mfoundi II et 350 kits à New-Deido, auxquels s’ajoutent les opérations de Nkongsamba III, de la Vina Sud 1C, de Mfoundi II et de Djoungolo Vallée.
Ces chiffres ne peuvent évidemment pas être additionnés comme s’ils constituaient un bilan national consolidé : les opérations ont des périmètres différents et certains chiffres désignent des bénéficiaires, d’autres des kits ou des lauréats. Ils permettent néanmoins de mesurer l’étendue du dispositif.
L’école, un autre terrain de proximité politique
La rentrée scolaire apparaît ainsi comme un espace où se croisent action sociale et présence politique. Pour les familles, les fournitures et les bourses répondent à une dépense immédiate. Pour les partis, ces opérations offrent l’occasion de maintenir un contact direct avec les populations et de valoriser leurs structures locales.
Le phénomène n’est d’ailleurs pas propre au parti au pouvoir. Le SDF et le PCRN montrent que l’opposition peut également investir ce terrain. Mais leurs initiatives apparaissent, dans les éléments recensés, davantage concentrées géographiquement et moins nombreuses.
La rentrée 2026-2027 ne révèle donc pas une opposition absente du terrain éducatif. Elle met plutôt en évidence un contraste de déploiement : le RDPC a largement mobilisé ses réseaux autour des kits, des bourses et de l’excellence scolaire, tandis que les initiatives documentées du SDF et du PCRN restent plus ciblées et que le MRC a privilégié la prise de parole.
Au-delà des cartables et des cahiers, la rentrée scolaire confirme ainsi que l’école constitue aussi un espace de proximité politique, où les formations cherchent à matérialiser leur présence auprès des familles et à donner à voir leur capacité d’action.




















