Une farine panifiable déjà certifiée sera bientôt sur le marché, avec une exonération de la TVA. La promotrice de All Kassava veut faire du Manioc, une souveraineté alimentaire au Cameroun. Yvette Doume Epse Banlog, demande au Gouvernement de mécaniser suffisamment la filière Manioc, afin d’exploiter au mieux les dérivés de la production.
Sous le thème « booster l’économie locale par la mécanisation et l’entreprenariat jeune», la deuxième édition du Festival International du Manioc « All Kassava“, présidée par Gabriel Mbairobe, Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural (Minader), a débuté ce Jeudi 24 Juillet 2025 à la maison du parti de Bonanjo, dans l’arrondissement de Douala 1er. C’était en présence des autorités locales et plusieurs producteurs de Manioc, y compris des délégations venues des pays voisins du Cameroun.

La Manioc, véritable levier économique et de compétitivité à l’échelle internationale
D’après Yvette Doume Banlog, promotrice du festival, l’avenir du Manioc à l’échelle internationale réside dans la modernisation de la chaîne de production, de la mécanisation à l’Entrepreneuriat jeune. “Nous avons pensé ce festival comme un hommage à notre terre et notre savoir-faire, à nos femmes rurales, à nos jeunes, à nos chercheurs, à tous ceux qui croient à la puissance de l’agriculture locale. La vision de All Kassava, est de faire Manioc la souveraineté alimentaire du Cameroun, un vecteur d’autonomisation économique, un symbole de transformation sociale, et de créativité locale”, a-t-elle déclaré a Cameroon Press.
Pour transformer cette vision en réalité, Yvette et l’ONG Femme Action et Développement au Cameroun et en Centrafrique (FADEC), recommande la modernisation mecano-industrielle du secteurs. “Car sans équipement performant et outils adaptés, nos efforts restent limités. La mécanisation est un levier essentiel pour améliorer la production, alléger la charge des femmes, et surtout garantir la qualité des produits afin de rendre la filière compétitive sur le marché international”, a-t-elle poursuivi.

La farine de Manioc en plein essor
Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique d’import-substitution, l’Agence des Normes et de la Qualité (ANOR) en collaboration avec le MINADER ont élaboré une Norme pour la farine de Manioc panifiable obtenue par la transformation du Manioc doux et/ou amer. C’est la Norme camerounaise NC 6334 :2024.
Le Ministre de l’Agriculture a fait savoir dans son allocution que plusieurs acteurs de la chaîne de production et d’exploitation du Manioc ont déjà adhéré à l’incorporation de la farine locale, notamment celle du manioc, à la farine de blé dans la fabrication du pain et des pâtisseries, avec un taux qui pourrait osciller entre 4 et 5% dans un premier temps, permettant ainsi une transition progressive et maîtrisée. “Beaucoup de boulangers s’y sont d’ailleurs déjà lancés, et le public adhère également, puisque de nombreux produits à base de cette farine mélangée font le bonheur des amateurs de pains, gâteaux et autres biscuits. Cette politique volontariste du gouvernement bénéficie d’un soutien fiscal conséquent. La loi des Finances 2025 supprime en effet la TVA sur la farine locale, créant ainsi un environnement fiscal incitatif pour développer cette filière stratégique”, a-t-il déclaré à Cameroon Press.
“Le Manioc est la culture dominante parmi les racines et tubercules. C’est une espèce qui renferme plusieurs sous-espèces. C’est un aliment de base prisé par les Africains en général et les Camerounais en particulier. Le Manioc est particulièrement bien adapté aux sols et au climat de l’Afrique. Il est consommé aujourd’hui dans toute l’Afrique subsaharienne. Il représente la troisième source de glucides pour l’Homme dans le monde. C’est une véritable mine d’or.” a expliqué le ministre à Cameroon Press.
Le Coup de pouce de la ville de Douala
“je puis vous assurer qu’en sa qualité de chef-lieu de la Région du Littoral qui est un grand bassin de production et un très important marché de consommation du manioc sous des formes nombreuses et variées, la Ville de Douala soutient fermement les stratégies que vous mettez en place pour l’éclosion décisive du secteur agricole camerounaise, et entend porter très haut l’étendard de l’économie du manioc. Nous nous y emploierons notamment grâce au partenariat gagnant-gagnant entre la Communauté Urbaine de Douala, le FADEC et les experts du programme REMAD, que nous préparons soigneusement,” a déclaré Marie Dine Adzogo, dans son discours, la 4ème adjointe de l’exécutif communautaire, agissait en sa qualité de représentante du Maire de la ville.

Les difficultés qui entravent le développement optimal du manioc au Cameroun
D’après le Ministre Gabriel Mbairobe, La filière Manioc au Cameroun fait face à des défis significatifs qui entravent son développement optimal : des techniques agricoles obsolètes, un accès limité aux marchés, un manque d’infrastructures de transformation et une faible valeur ajoutée des produits dérivés.
Le ministre a ajouté que le secteur privé qui, à travers ses investissements doit aider à moderniser les infrastructures de transformation, améliorer les techniques de production et ouvrir de nouveaux marchés pour les produits dérivés du Manioc, n’est pas encore suffisamment impliqué dans l’émergence de cette filière. Aussi, les femmes qui jouent un rôle crucial dans la production et la transformation du Manioc, n’ont-elles pas souvent un accès limité aux ressources, à la formation et aux opportunités économiques. Enfin, les conditions météorologiques extrêmes, telles que les sécheresses prolongées et les inondations, perturbent les cycles de culture et réduisent les rendements du Manioc. “
L’acte 2 de All Kassava se déroule jusqu’au 27 Juillet et réunit des experts, des chercheurs, des entrepreneurs, des investisseurs et des ONG.
Billy Kolla

















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