C’est au point ou des menaces ouvertes et sans concession s’invitent dans des réactions poussées par le désir de préserver l’intégrité territoriale locale et les traditions des villages du Ngondo. Les populations Sawa craignent d’avoir un androgène à la tête d’une chefferie locale, alors que l’administration annonce sans plus de précision, les consultations en vue de l’installation d’un chef de 3eme degré et donc traditionnelle, dans un quartier du Village Bonateki.
Dans un communiqué de presse signé par le Sous-préfet Heungap Arnaud de l’arrondissement de Douala 1er, celui-ci annonce aux notables et populations de Bonalembe à Akwa et du quartier Grand moulin à Bonateki, les consultations en vue de l’installation prochaine de deux chefs de 3ème degré, dans les deux localités suscitées. Les chefs Sawa y voient un outrage et des menaces ressortent d’un message “La Patience du peuple Sawa a des limites !” peut-on lire dans le communiqué. Sur la page Facebook nommée Fier d’être Sawa une publication rappelant des décès passés des enfants d’un administrateur civil, a suivi plusieurs autres en faveur du peuple Sawa.
Les faits
Dans son communiqué, le Sous-préfet fait savoir qu’il vient consulter les notables en vue de désigner les chefs de 3ème degré, conformément à la loi N°77/245 du 15 Juillet 1977 qui stipule en son article 12, que, “Les consultations d’usages ont lieu au cours d’une réunion présidée par le préfet pour les chefferies de 1er et 2ème degré, et par le sous-préfet pour les chefferies de 3ème degré”.
Dans la ferveur populaire alimentée par des discours plus ou moins tribalistes, « le sous-préfet viendrait installer le chef du 3ème degré, pourtant il n’a pas qualité ». Une assertion que contredit la Loi et le communiqué du Sous-préfet, qui a clairement annoncé le but de la réunion, qui est « la consultation préalable à la désignation du chef ». Laquelle consultation donnera lieu à un rapport que celui-ci adressera à son supérieur hiérarchique le Préfet du Wouri.
Chefferie de 3ème degré ou chefferie de quartier
Selon le communiqué des chefs Sawa, grand moulin est un quartier du village Bonateki, qui dispose déjà d’un chef traditionnel de 3ème degré, installé en début des années 1950. De ce fait, Grand moulin étant un quartier de Bonateki, ne dispose que d’un chef de bloc qui a toujours fait allégeance au Chef de Bonateki, village de Deïdo. La loi quant à elle dans son article 3 stipule que “La chefferie de 3ème degré correspond au village ou quartier en milieu rural, et au quartier en milieu urbain.

Cela dit, étant en milieu urbain (Douala), le quartier Grand moulin devrait être doté d’un chef de 3ème degré. La correspondance du Sous-préfet à ce stade ne fait pas de vagues. D’après des informations, Grand moulin étant un quartier en milieu urbain, a toujours été doté d’un chef de Bloc qui ne joui d’aucune garantie administrative, pourtant la loi y voit un chef de 3ème degré qui est toujours selon la loi, un chef traditionnel. Le sous-préfet dans son communiqué justifie son action par le désir de faire respecter la loi.
Ce qui fait problème
Le torchon brûle parce que le Sous-préfet a annoncé la désignation d’un chef de 3ème degré en remplacement de l’ancien chef décédé il y a peu de temp, qui n’avait pourtant pas de situation administrative, étant chef de bloc, et alors que grand moulin est un territoire qui fait allégeance au Chef de Bonateki.
Les chef Sawa qui considèrent grand moulin comme un bloc y voient à travers l’initiative du Sous-préfet qui s’appuie sur la loi, l’outrage au coutumes locales car, Grand Moulin est une zone peuplée en majorité des ressortissants de l’Ouest _les chefs de bloc sont souvent les plus anciens dans le quartier quel que soit leur origine_. “Celle-ci porte un mépris flagrant à l’architecture traditionnelle Sawa et à l’orthodoxie administrative en vigueur, qui distingue clairement les Chefs de 3ème degré (d’essence traditionnelle) des Chefs de zones, de quartiers et de blocs (sans degré et d’essence administrative)”, peut-on lire dans le deuxième paragraphe du communiqué Sawa.
Synthèse
Il est désormais établi que Grand moulin n’a jamais eu de chef traditionnel légalement installé car, les anciens considérés comme chefs de bloc prêtaient régulièrement allégeance au chef (3ème degré) de Bonateki. Il est également clair que Grand Moulin étant un quartier a part entière en milieu urbain, devrait avoir un chef de 3eme degré à sa tête. Si l’usure du temp a laissé croire que les chefs passés à grand moulin étaient des chefs traditionnels, cela explique l’annonce du Sous-préfet qui parle d’un remplacement et non d’une création. Etant donné que c’était des chefs de bloc et non de quartier, la posture revendicatrice des chefs Sawa trouve un sens, mais porte à faux leur position qui de fait ignore la légalité d’une chefferie de 3ème degré au Grand moulin.





















