Le MINESUP annonce le paiement de 6,69 milliards de FCFA au titre de l’allocation de recherche et fait état de 7,294 milliards déjà versés sur la dette académique. Ces nouveaux décaissements interviennent le jour où le gouvernement et le SYNES doivent renouer le dialogue sur la crise qui secoue les universités d’État.
Le gouvernement accélère les décaissements en direction des enseignants-chercheurs. Dans un communiqué rendu public ce vendredi 18 septembre 2026, le ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, annonce une nouvelle série de paiements au titre de l’allocation financière spéciale pour la modernisation de la recherche universitaire et fait le point sur l’apurement de la dette académique.
Selon le MINESUP, le reliquat du premier trimestre 2026, évalué à 1,769 milliard de FCFA, a été entièrement payé ce 18 septembre auprès des banques de domiciliation des comptes des enseignants-chercheurs. Le cumul des virements effectués pour ce trimestre atteint ainsi 4,861 milliards de FCFA.
Dans le même temps, les paiements relatifs au deuxième trimestre 2026 commencent. L’enveloppe annoncée pour les virements bancaires s’élève à 4,919 milliards de FCFA. Les opérations doivent se poursuivre conformément au plan de programmation arrêté par le ministère des Finances et en fonction des disponibilités de trésorerie. Pour les enseignants concernés par le paiement par billetage, le MINESUP fixe le début des opérations au mercredi 23 septembre 2026 à partir de 12 heures, à l’Agence comptable du Compte d’affectation spéciale, au 10ᵉ étage de l’immeuble ministériel n°2.
La dette académique : 7,294 milliards déjà payés
Sur la dette académique, le ministère indique que le processus d’apurement, engagé le 3 octobre 2025, se poursuit. Le nouveau communiqué chiffre désormais cette dette à 16,959 milliards de FCFA. Sur cette enveloppe, 7,294 milliards de FCFA auraient déjà été payés, soit 43 %. Le reliquat annoncé s’élève à 9,696 milliards de FCFA, dont le règlement doit se poursuivre en fonction des disponibilités de trésorerie de l’État.
Ce chiffre appelle toutefois une mise en perspective. Dans son précédent bilan du 11 septembre, le MINESUP évaluait la dette académique à 15,498 milliards de FCFA, avec un taux d’apurement de 41 %. Le communiqué du 18 septembre ne détaille pas l’origine de l’écart de près de 1,46 milliard de FCFA entre les deux évaluations. Cette évolution des montants mérite donc d’être clarifiée, notamment sur le périmètre retenu et les états financiers pris en compte.
Des annonces financières au moment de la reprise du dialogue
Ces nouvelles annonces interviennent dans un contexte de forte tension dans les universités d’État. Le SYNES a lancé une grève totale et illimitée le 3 septembre 2026. Ses revendications portent notamment sur le paiement intégral de la dette académique, des allocations destinées à la modernisation de la recherche et des prestations académiques.
Après avoir boycotté la concertation organisée par le MINESUP le 11 septembre, le syndicat devait finalement rencontrer la tutelle ce vendredi 18 septembre. Une session extraordinaire du bureau exécutif national tenue le 16 septembre avait préparé cette rencontre, avec une délégation conduite par la secrétaire générale du SYNES. Les informations publiées avant la réunion faisaient encore état de la poursuite du mouvement de grève. Le nouveau communiqué financier du MINESUP intervient donc le même jour que cette reprise du dialogue. À ce stade, il convient toutefois de ne pas tirer de conclusion sur la réaction du SYNES aux nouveaux paiements annoncés. La position du syndicat après la communication du 18 septembre devra être établie sur la base de sa propre réaction.
Le gouvernement met les paiements en avant
Dans sa communication, Jacques Fame Ndongo insiste sur les mesures prises pour apurer progressivement les engagements financiers de l’État.
Pour l’exercice 2025, le MINESUP avait déjà annoncé le paiement intégral des quatre trimestres de l’allocation spéciale, pour un montant total de 16 milliards de FCFA. Pour le premier trimestre 2026, le ministère avait précédemment annoncé un taux de paiement de 82 %, avant d’annoncer ce 18 septembre le règlement du reliquat.
Le ministre d’État appelle désormais la communauté universitaire à préserver un climat social apaisé afin de permettre la poursuite normale des activités dans les Universités d’État.
Reste désormais à connaître la position du SYNES après ces nouveaux décaissements et les discussions engagées avec la tutelle. Car au-delà des montants annoncés, l’enjeu porte également sur le périmètre exact des sommes dues, le calendrier d’apurement et les garanties permettant de traduire les engagements financiers en paiements effectifs.
Pour l’heure, le gouvernement a communiqué ses chiffres et son calendrier. La prochaine réponse appartient au SYNES.























