Lors de la session budgétaire à mi-parcours de la mairie de Douala 5e, le maire Richard Mfeungwang (RDPC) et le conseiller municipal Patrick Obam (PCRN) ont interpellé la Communauté urbaine de Douala sur le reversement des ressources dues à la commune, l’état des routes et la gestion des ordures. Au total, 300 millions de FCFA sont réclamés au titre de la DGF 2026 et d’un reliquat de 2025.
La session budgétaire à mi-parcours de la mairie de Douala 5e a largement dépassé le cadre du simple suivi des comptes. Les échanges ont mis en lumière les difficultés financières auxquelles la commune dit être confrontée, mais aussi les interrogations des élus sur les réponses apportées à plusieurs problèmes qui affectent les populations. Au centre des débats : la Dotation Générale de Fonctionnement (DGF) qui doit être reversée par le Maire de la ville, Dr Mbassa Ndinè (RDPC), au mairie d’arrondissement. Selon les éléments évoqués au cours des travaux, la commune attend 250 millions de FCFA au titre de 2026 alors que l’année tant vers la fin, auxquels s’ajoutent 50 millions de FCFA de reliquat de 2025, soit un total de 300 millions de FCFA.
Le non-reversement de la DGF, un manque à gagner aux conséquences concrètes
Pour Patrick Obam, conseiller municipal du PCRN, ces ressources doivent être récupérées. « Il faut récupérer les 300 millions », a-t-il insisté au cours des échanges.
Au-delà du montant, l’enjeu est celui de la trésorerie de la commune. Ces 300 millions de FCFA constituent des ressources sur lesquelles la mairie compte pour assurer ses charges et financer ses actions. Leur non-reversement ou leur retard réduit donc sa marge financière au moment où elle doit faire face à ses dépenses courantes. La première conséquence concerne le fonctionnement de l’administration municipale. Une trésorerie moins importante peut compliquer le règlement régulier des engagements de la collectivité. Patrick Obam a notamment insisté sur une nécessité très concrète : « Il faut payer les salaires ».
La seconde touche à la capacité d’intervention de la commune. Lorsque des ressources attendues ne sont pas disponibles, les marges de manœuvre se réduisent pour financer les actions de proximité, répondre aux sollicitations des habitants ou programmer certaines dépenses nécessaires au fonctionnement des services municipaux. Le débat ne porte donc pas uniquement sur une ligne budgétaire. Il porte sur la capacité effective de Douala 5e à disposer des moyens financiers nécessaires à l’exercice de ses responsabilités.
Routes et ordures : la CUD également interpellée
La question financière s’est accompagnée de critiques sur plusieurs problèmes urbains. Patrick Obam a notamment pointé l’état de la route située devant la mairie de Douala 5e, interpellant la Communauté urbaine de Douala sur l’entretien des infrastructures.
Même préoccupation concernant les ordures ménagères. « Les ordures sont toujours là », a déploré l’élu, mettant en avant la persistance des problèmes d’assainissement dans plusieurs secteurs de l’arrondissement. Ces difficultés ne doivent toutefois pas être automatiquement présentées comme une conséquence directe du non-reversement de la DGF. La répartition des compétences entre la commune d’arrondissement et la Communauté urbaine est déterminante, notamment pour les questions de voirie et de services urbains.
Mais pour les élus de Douala 5e, l’équation reste problématique : la commune doit répondre aux attentes de ses administrés tout en réclamant des ressources qu’elle estime lui être dues, tandis que certaines préoccupations relevant de la CUD restent visibles sur le terrain.
Une interpellation portée par la majorité comme par l’opposition
Le débat présente également une particularité politique. Les critiques ont été portées à la fois par Richard Mfeungwang, maire issu du RDPC, et par Patrick Obam, conseiller municipal du PCRN. Cette convergence ponctuelle ne gomme évidemment pas leurs différences politiques. Elle montre néanmoins que la question des ressources et des services urbains dépasse ici les clivages partisans. Les deux élus demandent notamment que les ressources attendues par la commune soient disponibles et que les problèmes qui affectent les populations trouvent des réponses. La pression se porte ainsi sur la Communauté urbaine de Douala, dirigée par Roger Mbassa Ndinè, également issu du RDPC.
Pour la mairie de Douala 5e, l’enjeu est désormais de récupérer les ressources revendiquées et de disposer d’une trésorerie suffisante pour assurer son fonctionnement. Pour les habitants, l’attente est plus simple : voir les services publics fonctionner et les problèmes du quotidien trouver des réponses. La session budgétaire à mi-parcours aura ainsi mis en évidence une équation qui dépasse les seuls chiffres : des ressources attendues mais contestées, des charges à assurer, une capacité d’intervention à préserver et des problèmes urbains qui demeurent visibles.
À Douala 5e, les élus demandent désormais à la CUD de clarifier le sort des 300 millions de FCFA évoqués, mais aussi d’assumer pleinement les responsabilités qui relèvent de son niveau de compétence. Derrière ce débat financier se trouve une question essentielle de gouvernance locale : les ressources destinées aux collectivités doivent-elles encore attendre lorsque les besoins, eux, sont déjà bien présents sur le terrain ?




















