Routes, gestion des déchets, environnement, équipements scolaires, santé, ressources humaines et mobilité des équipes : l’évaluation à mi-parcours de l’exercice 2026 a mis en évidence les difficultés qui ralentissent encore l’action de la commune. À la clôture du Conseil municipal, Richard Mfeungwang a plaidé pour une mobilisation accrue des ressources, tandis que le préfet du Wouri a appelé à poursuivre la collaboration avec les services de l’État.
Derrière les chiffres du budget se trouvent des services publics et des investissements qui peinent encore à suivre le rythme des besoins de Douala 5e. Les travaux des commissions du Conseil municipal, consacrés à l’examen de l’exécution budgétaire et des activités du premier semestre, ont fait ressortir une contrainte récurrente : la faiblesse des ressources disponibles limite la capacité de la commune à réaliser l’ensemble de ses projets et à assurer certaines missions de proximité.
Le maire Richard Mfeungwang l’a reconnu lors de la clôture de la session ordinaire, le 10 septembre 2026. Malgré une amélioration de l’exécution des recettes, celles-ci n’atteignaient que 31,80 % au 30 juin, tandis que l’exécution des dépenses se situait à 8,30 %. Pour l’exécutif communal, cette situation a entraîné des retards dans plusieurs opérations prévues au budget.
Des ressources qui conditionnent directement les projets
Le problème ne se limite pas au niveau des recettes inscrites dans les comptes. Il concerne aussi la disponibilité effective des fonds. La commune attend notamment des ressources au titre de la DGF et des centimes additionnels communaux.
Richard Mfeungwang a expliqué que l’absence de ces ressources affectait directement la capacité de la commune à atteindre ses objectifs. Les recettes mobilisées doivent en effet couvrir les dépenses de fonctionnement tout en permettant de financer les investissements.
Le maire estime néanmoins que la situation peut évoluer favorablement. La commune a renforcé ses efforts de recouvrement et cherche de nouvelles sources de recettes. Il a notamment cité les taxes liées aux carrières, les permis d’impact environnemental et, à terme, la fiscalité foncière.
Cette stratégie intervient après une première année d’application de la nouvelle fiscalité locale jugée difficile. Selon le maire, la réforme avait créé une période de flottement chez les contribuables, avant que des mesures conjointes des administrations en charge de la décentralisation et des finances ne permettent de clarifier la collecte de certaines recettes.
Les déchets et l’environnement restent des points sensibles
Les commissions chargées de l’aménagement, de l’urbanisme et de l’environnement ont particulièrement insisté sur les questions liées à la salubrité et à la protection du cadre de vie.
La gestion des déchets a été identifiée comme une préoccupation persistante, avec des conséquences sur la santé publique et l’environnement. Les élus ont demandé que les mécanismes de collecte et de traitement soient renforcés.
La commission chargée de l’environnement et du développement durable a, de son côté, relevé des difficultés dans la mise en œuvre des actions de protection environnementale. Elle a notamment évoqué l’insuffisance des moyens des équipes de terrain et la faible prise en compte de certaines recommandations, notamment en matière de plantation d’arbres.
Des ateliers consacrés à la politique environnementale ont été proposés afin de mieux structurer l’action municipale dans ce domaine.
Écoles et santé confrontées aux limites financières
Les secteurs sociaux n’échappent pas à cette contrainte. La commission chargée de l’éducation, de la formation professionnelle et de la culture a relevé le niveau encore faible d’exécution de certaines lignes budgétaires et examiné les actions menées en faveur des établissements scolaires et des acteurs locaux.
Face aux limites financières, elle a préconisé la recherche d’appuis techniques et financiers auprès des autorités administratives et des partenaires pour certaines interventions dans les établissements.
Dans le domaine sanitaire et social, les conseillers ont également demandé des garanties et des documents complémentaires avant la poursuite de certains projets, notamment ceux liés aux infrastructures de santé. Cette prudence traduit la volonté de sécuriser les engagements de la commune avant leur mise en œuvre.
Personnel et moyens roulants : deux autres handicaps
Les difficultés ne sont pas uniquement financières. Richard Mfeungwang a également cité l’insuffisance de personnel qualifié dans certains secteurs. Il souhaite un renforcement des effectifs afin de permettre aux services municipaux de mieux assurer leurs missions.
La question des moyens matériels est tout aussi importante. Le maire a relevé l’insuffisance du parc automobile pour couvrir un territoire aussi vaste que celui de Douala 5e. L’acquisition de nouveaux véhicules figure ainsi parmi les besoins identifiés pour améliorer les interventions de terrain.
La sensibilisation des populations constitue un autre axe de travail. L’exécutif communal souhaite renforcer les campagnes de proximité sur l’hygiène, la salubrité et la lutte contre le désordre urbain.
Le préfet : soutenir, mais aussi rappeler les règles
Au terme de la session, le préfet du Wouri, Mvogo Sylvac Marie, a apporté une lecture plus institutionnelle de la situation. Il a reconnu les difficultés liées à l’entrée en vigueur de la nouvelle fiscalité locale, tout en estimant que les résultats présentés témoignaient d’un travail réel de l’exécutif communal et des conseillers.
Pour lui, l’amélioration des relations entre les services de la commune et ceux de l’État doit permettre de consolider les performances en matière de recettes. Il a demandé à Richard Mfeungwang et à son équipe de maintenir cette dynamique afin de donner à la commune les moyens de réaliser son programme.
Le représentant de l’État a toutefois associé son soutien à une exigence claire : le respect des lois et règlements de la République. À ses yeux, cette discipline institutionnelle reste l’une des conditions de réussite de la décentralisation.
Le préfet a finalement qualifié Douala 5e de « bon élève », tout en assurant que l’administration continuerait à l’accompagner. Le défi pour la commune est désormais de convertir cette amélioration des recettes et cet accompagnement institutionnel en résultats plus visibles dans les services de proximité. À Douala 5e, la prochaine étape ne sera donc pas seulement de mobiliser davantage de ressources, mais de parvenir à les transformer en investissements et en services publics effectivement délivrés aux populations.





















