D’après Abraham Baboule, président de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Cameroun, « Plus de 71% de l’électorat camerounais est représenté par les Travailleurs. C’est pourquoi nous avons décidé, en toute indépendance et avec responsabilité, d’interpeller les candidats à l’élection présidentielle autour d’un socle de revendications claires. Par ailleurs, nous rappelons que le progrès économique sans justice sociale est source d’inégalités, de frustrations et de tensions. Le travail, en tant que droit fondamental, pilier de la dignité humaine, de l’épanouissement, doit être au cœur de tout projet de société », a-t-il déclaré en présence de plusieurs présidents de syndicats des travailleurs, lors d’un point de presse donné ce Mercredi 27 Aout 2025, à Douala.
Des confédérations des syndicats des travailleurs du Cameroun, représentés par leurs différents présidents, ont donné un point de presse ce Mercredi 27 Aout 2025 à Douala, afin de faire entendre leur vœu pour les travailleurs du Cameroun, à l’attention des candidats à l’élection présidentielle du 12 Octobre prochain, et également à l’attention des travailleurs, qui, d’après les présidents des confédérations suscitées, représentent 71% des votants. « Nous ne passons pas une consigne de vote, nous attirons juste l’attention en publiant ce mémorandum en interne des fédérations, afin que tous les travailleurs soient au courant de nos attentes. Nos organisations sont libres, à l’intérieur duquel l’on retrouve des travailleurs de plusieurs parties politiques différents. L’on devrait nous associer à l’élaboration du budget du Cameroun. Nous veillerons à détecter les faux messages, des bons messages des candidats, en fonction de nos attentes », a déclaré le président Abraham Baboule, à Cameroon Press. « les syndicats sont plus dangereux que l’armée. C’est aux candidats de venir vers nous, ce n’est pas à nous d’aller vers eux”, a ajouté Isaac Bissala, président de l’Union Générale des Travailleurs du Cameroun (UGTC), également face à la presse.
Déclaration des confédérations syndicales camerounaises les plus représentatives à l’endroit des candidats à l’élection présidentielle du 12 Octobre 2025
À quelques semaines d’un rendez-vous crucial pour notre pays, il nous semble impératif, en tant qu’organisations représentatives des Travailleurs du Cameroun, de nous adresser solennellement à l’ensemble des candidats à cette élection, ainsi qu’à l’opinion publique nationale et internationale.
Le Cameroun traverse une période marquée par de nombreux défis socio-économiques et politiques ci-après que nous citerons de manière non exhaustive :
_ Une situation de l’emploi préoccupante, notamment pour les Jeunes ;
_ La précarisation croissante du travail ;
_ Le non-respect récurrent du code du Travail, des conventions collectives et des conventions internationales de l’OIT pourtant ratifiées par le Cameroun ;
_ Le bas Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG), insuffisant face au coût de la vie ;
_ L’insuffisance d’un Dialogue social sincère et tripartite dont la pratique ressemble plus à une formalité de conformité qu’à une réelle volonté d’aboutir à des résultats consensuels et applicables :
_ La faiblesse de la protection sociale et la disparité des régimes de retraite ;
_ L’inexistence d’une politique industrielle avérée, structurante et génératrice d’emplois décents.
Face à ce tableau presque sombre, les travailleurs du Cameroun qu’ils soient du secteur public, privé ou informel s’interrogent avec gravité sur les intentions et les engagements concrets des candidats à la Magistrature Suprême. En effet, le monde du travail ainsi que l’environnement professionnel ne peuvent plus être marginalisés dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques.
C’est pourquoi nous avons décidé, en toute indépendance et avec responsabilité, d’interpeller les candidats à l’élection présidentielle autour d’un socle de revendications claires, dont la copie du document à eux destiné vous sera remise. Par ailleurs, nous rappelons que le progrès économique sans justice sociale est source d’inégalités, de frustrations et de tensions. Le travail, en tant que droit fondamental, pilier de la dignité humaine, de l’épanouissement, doit être au cœur de tout projet de société.
_ Nous ne soutenons aucun candidat pour le moment et ne faisons la campagne pour personne. Mais nous appelons chaque candidat à se positionner clairement sur les priorités sociales et syndicales que nous soumettons aujourd’hui.
_ Les travailleurs exigent du respect, de la justice sociale, et une gouvernance centrée sur l’Humain.
Nous, les Confédérations syndicales les plus représentatives, demandons à chaque candidat de se prononcer publiquement et précisément sur nos attentes dans leurs projets de société. Toutefois, il ne suffit pas de nous faire des promesses vagues ou dites électorales au sens négatif de cette expression, mais de prendre des engagements concrets que nous suivrons avec vigilance et détermination. Nous, travailleurs du Cameroun serons extrêmement attentifs, mobilisés et engagés pour défendre nos acquis, nos droits et notre dignité.
Mémorandum des confédérations syndicales des travailleurs les plus représentatives du Cameroun à l’endroit des candidats à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025
Les attentes des travailleuses et travailleurs du Cameroun à la veille de la prochaine élection présidentielle se résument, sans être exhaustives en quatre (04) Axes majeurs :
Axe 1 : l’amélioration des conditions de travail et du pouvoir d’achat avec :
L’augmentation du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) et son indexation sur le coût de la vie. La revalorisation significative du SMIG, avec un mécanisme de révision périodique et d’extension automatique indexé sur le coût de la vie ;
La lutte contre la précarisation du travail, les contrats abusifs, déséquilibrés ainsi que la Sous-traitance ;
La mise sur pied d’une Politique Nationale du Travail (PNT) et de son plan d’action opérationnel : cette politique aura pour but de promouvoir les relations entre les acteurs du monde du travail afin d’assurer la protection des salariés d’une part, et d’autre part, d’améliorer leur condition de vie et renforcer la compétitivité et la rentabilité des entreprises ;
Le respect strict des normes de santé et de sécurité au travail ;
La réforme de la fiscalité sociale en la rendant plus équitable, en allégeant le fardeau fiscal des travailleurs par la suppression de I’IRPP sur l’indemnité de fin de carrière.
Le retour dans le giron du portefeuille de l’Etat de toutes les entreprises stratégiques privatisées ou celles dont la gestion est mise en concession comme CAMRAIL, ENEO et autres ;
La mise en place d’une politique volontariste concrète pour stabiliser les prix des produits de première nécessité et lutter contre l’inflation et la spéculation.
Axe 2 : La politique nationale de l’emploi (pne) et de la formation professionnelle :
La stratégie de la politique nationale de l’emploi sera basée sur le développement durable et la lutte contre la pauvreté, avec pour objectifs principaux de :
Conforter et sécuriser les emplois privés existants et améliorer les performances dans les emplois publics ;
Améliorer l’offre de la main d’œuvre grâce à une meilleur formation et qualification adaptées aux besoins de l’économie ;
Favoriser l’amélioration des conditions de travail dans les différents domaines de l’emploi dans les secteurs formel, informel et rural ;
Instaurer dans toutes les entreprises privées comme publiques, la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC) comme outil de création d’emplois ;
Instaurer la gestion des emplois et des compétences territoriales au niveau de la décentralisation pour aider les communes à se développer ;
Créer des emplois décents et durables ;
Investir massivement dans la formation professionnelle et dans l’apprentissage ;
Promouvoir l’entrepreneuriat et le développement des PME;
Renforcer l’enseignement technique et la formation professionnelle pour répondre aux besoins du marché de l’emploi ;
Industrialiser stratégiquement le pays en priorisant les secteurs créateurs d’emplois durables
Intégrer le Dialogue direct et sincère avec les Confédérations Syndicales les plus représentatives dans l’élaboration des politiques économiques et de développement ;
Mettre un accent particulier pour la formation des Jeunes et des Femmes ;
Prendre des mesures efficaces et durables afin de migrer le secteur informel vers le secteur formel.
Axe 3 : la politique nationale de protection sociale
Elle porte sur :
L’extension du champ d’application personnel (élargissement de la couverture sociale à toutes les catégories de la population) ;
L’extension du champ d’application matériel (élargissement des domaines des prestations sociales);
Le développement de l’aide sociale et le renforcement de l’action sociale (assistance aux personnes du 3ème âge);
Le développement de la mutualité et autres organisations basées sur la solidarité ;
L’accès équitable et égalitaire aux services sociaux de base (les minima).
Pour ce faire, les masses laborieuses demandent :
L’aboutissement enfin de la réforme de la sécurité sociale dont le projet de loi portant cadre général de la sécurité sociale au Cameroun et les projets de décret portant organisation et fonctionnement de la Caisse Nationale des personnels de l’Etat – CNPE, la Caisse Nationale Assurance Maladie – CNAM, et la Caisse Nationale de Sécurité Sociale – CNSS qui remplace l’actuelle CNPS, dans le strict respect de l’organisation et du fonctionnement des organismes de sécurité sociale arrêtés par la Conférence Interafricaine de la Prévoyance Sociale en abrégé CIPRES, validé depuis le 05 Février 2009 par la commission nationale consultative du travail (CNCT), mais qui n’a jamais été soumis au parlement pour examen et adoption;
L’harmonisation du taux de remplacement du salaire de 2% par année d’assurance dans le calcul et le paiement des pensions dans les secteurs public et privé en vigueur seulement pour les salariés fonctionnaires ;
Le retour à l’orthodoxie avant Janvier 2026, de la gestion des pensions par répartition respectée depuis 1974 jusqu’au 14 février 2016, mais violée depuis le 15 février 2016 du fait de l’application injuste du décret N° 2016/072 ayant fait passer le plafond des cotisations et du calcul de l’ensemble des pensions de 300 000 à 750 000 FCFA selon la rémunération mensuelle moyenne (RMM) de chaque assuré social et le SMIG qui permet de recalculer le montant mensuel des petites pensions ;
L’arrimage de la gestion de la sécurité sociale du Cameroun au socle juridique de la CIPRES adopté le 12 Décembre 2019 ;
L’organisation d’un audit des méthodes de gestion de la CNPS aux fins de plus de transparence et de prédictibilité des opérations de révision, tant des revalorisations des taux, assiettes de cotisations que des pensions servies ;
Et enfin, la remise de la gestion de la CNPS aux seuls cotisants que sont les employeurs et les travailleurs conformément au socle juridique de la CIPRES applicable aux Organismes de Prévoyances Sociale (OPS) des pays membres.
Axe 4 : le dialogue social :
Les travailleuses et les travailleurs demandent :
Le respect de la liberté syndicale, du droit syndical et de la négociation collective ;
La mise en place d’un mécanisme consensuel et efficace de règlement des conflits sociaux ;
Le renforcement du rôle des institutions du dialogue social ;
L’instauration d’un véritable Dialogue social tripartite, régulier et contraignant, entre le Gouvernement, le Patronat et les Syndicats ;
Le respect du Droit de grève, tel que reconnu par la Constitution et les Conventions de l’OIT ratifiées par le Cameroun ;
De même, nous attendons et encourageons la ratification de beaucoup d’autres conventions, notamment la 102 de l’OIT en vigueur depuis 1955, utiles et indispensables à l’amélioration des conditions de travail et de vie des Masses laborieuses.
Les confédérations signataires du présent mémorandum restent ouvertes au dialogue.
Fait à Douala, le 27 Août 2025
ONT SIGNÉ :
Abraham Baboule, président de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Cameroun
Mikou Joseph, Président de la Confédération des Syndicats Autonomes du Cameroun (CSQC)
Ndzana Olongo, président de la Confédération des Syndicats Indépendants du Cameroun
Isaac Bissala, président de l’Union Générale des Travailleurs du Cameroun (UGTC)
Moussole Flaubert, président de la Cameroon Confederation Workers Trade Union (CCWTU)

















https://shorturl.fm/PD526
https://shorturl.fm/TAmAq