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À Douala, les PME sont appelées à ne plus considérer l’accompagnement fiscal comme une fin en soi. À l’occasion de la 11ᵉ édition de la Caravane de sensibilisation des Petites et Moyennes Entreprises à l’adhésion aux Centres de Gestion Agréés (CGA), organisée les 1er et 2 septembre 2026, Marise Njenga, présidente du CGA Fiscal.com, plaide pour un accompagnement plus large, axé sur la structuration, le financement, le renforcement des capacités et l’accès aux marchés africains.

Des CGA pour mieux tirer parti des dispositifs publics

Dans un environnement économique où de nombreuses petites et moyennes entreprises cherchent encore à consolider leurs activités, l’accès à l’information et aux dispositifs d’accompagnement demeure un enjeu majeur. C’est dans ce contexte que se tient à Douala la 11ᵉ édition de la Caravane de sensibilisation des PME pour leur adhésion aux Centres de Gestion Agréés, placée sous le thème : « Optimisation du dispositif d’accompagnement des entrepreneurs dans les CGA : défis, stratégies et perspectives ».

Parmi les acteurs mobilisés figure le CGA Fiscal.com, dirigé par Marise Njenga. Pour sa présidente, les Centres de Gestion Agréés constituent un levier permettant aux entreprises de mieux comprendre et de bénéficier des mesures d’accompagnement mises en place par l’État en faveur des PME.

« Le dispositif des Centres de Gestion Agréés est très important parce qu’il permet aux entreprises d’avoir accès à ces mesures incitatives mises sur pied par l’État pour les PME », explique-t-elle.

Elle évoque notamment les avantages fiscaux dont peuvent bénéficier certaines entreprises, ainsi que le suivi institutionnel assuré dans le cadre de la double tutelle exercée sur les CGA par le ministère des Petites et Moyennes Entreprises et le ministère des Finances.

Sortir de la seule logique fiscale

Pour Marise Njenga, toutefois, réduire le rôle d’un CGA à la fiscalité et à la comptabilité reviendrait à passer à côté d’une partie essentielle de sa mission. « Au-delà de l’accompagnement fiscal, nous allons vers la croissance des entreprises », affirme-t-elle.

Cette approche entend notamment répondre aux difficultés rencontrées par les PME dans l’accès au financement et dans le développement de leurs compétences. Le CGA Fiscal.com dit également porter une attention particulière aux entreprises qui souhaitent franchir le cap de l’internationalisation.

L’objectif est donc de faire évoluer la perception du CGA : d’un simple outil d’assistance fiscale et comptable vers un véritable dispositif d’appui à la structuration et à la croissance des entreprises.

Le programme de 100 PME africaines

Cette ambition prend une dimension concrète avec le programme « Afrique Innovante », développé par le CGA Fiscal.com et Valeurs Ajoutées, avec l’accompagnement de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) et des États concernés.

Marise Njenga explique que ce programme vise à accompagner et à mettre en réseau 100 PME africaines afin de leur permettre de mieux se structurer, de renforcer leurs capacités et d’accéder plus facilement aux marchés extérieurs.

Le programme cible cinq pays : le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Tunisie et l’Algérie. Il doit favoriser les échanges de produits, les mises en relation entre entreprises et le partage d’opportunités commerciales entre les PME participantes.

À travers cette initiative, l’objectif est de dépasser l’accompagnement individuel et de créer une dynamique régionale entre des entreprises africaines capables de collaborer, de développer leurs activités et de conquérir de nouveaux marchés.

Quand le manque d’information freine les opportunités

Reste un obstacle de taille : l’information. Selon Marise Njenga, les PME ne disposent pas toujours d’une information suffisamment accessible sur les mécanismes d’accompagnement auxquels elles peuvent prétendre. Elle estime notamment que la communication autour des Centres de Gestion Agréés et de leurs avantages gagnerait à être renforcée.
Marlyse Ndjenga et sa collaboration dans le Stand de l’entreprise à l’ouverture de la Caravane de Sensibilisation à Douala

La dirigeante avance également l’idée que certains centres des impôts pourraient communiquer de manière limitée sur certaines mesures incitatives fiscales, en raison de leur possible incidence sur les recettes encaissées. Cette affirmation relève de son analyse et n’a pas été vérifiée de manière indépendante.

Mais la responsabilité ne serait pas uniquement institutionnelle. Marise Njenga pointe également le manque de disponibilité de certains entrepreneurs, souvent absorbés par les urgences quotidiennes liées à la recherche de financement et au fonctionnement de leurs entreprises.

« Les entreprises ne sont pas très curieuses. Elles sont plus concentrées sur la recherche d’argent. Elles sont stressées et ça fait qu’elles passeront à côté des informations utiles », observe-t-elle.

Plus d’information, mais aussi plus de moyens

Une situation qui, selon elle, rend indispensable une sensibilisation plus offensive. Or, cette démarche suppose aussi des moyens supplémentaires. « Plus d’efforts veut dire plus de communication et plus de dépenses », souligne-t-elle.

Pour la dirigeante, l’enjeu consiste donc à rapprocher davantage les dispositifs existants des entrepreneurs, afin que les mesures d’accompagnement ne restent pas uniquement connues des entreprises déjà suffisamment structurées.

Les relais de l’État comme leviers pour les entrepreneurs

Dans cette perspective, la Caravane de sensibilisation organisée par le ministère des PME constitue, pour Marise Njenga, un moyen de rapprocher les entrepreneurs des dispositifs publics existants.

Elle met notamment en avant les points focaux du ministère des PME présents dans les dix régions du Cameroun. Ces relais peuvent, selon elle, servir d’intermédiaires pour faire remonter les difficultés rencontrées par les entreprises et orienter les entrepreneurs vers les mécanismes d’accompagnement appropriés.

Elle cite le cas d’une entreprise camerounaise confrontée à la concurrence d’un produit étranger alors qu’elle commercialise déjà localement une offre similaire. Dans une telle situation, estime-t-elle, l’entreprise peut s’appuyer sur son CGA et saisir le point focal du ministère afin de présenter sa problématique et d’explorer les réponses institutionnelles possibles.

De la survie à la conquête des marchés

Au fond, le message porté par Marise Njenga dépasse la seule question de la fiscalité. Pour la présidente du CGA Fiscal.com, l’enjeu est désormais d’aider les PME à mieux connaître leurs droits, à renforcer leurs capacités, à accéder aux financements et à mobiliser les différents leviers institutionnels disponibles.

Une stratégie qui, selon elle, doit permettre aux entreprises camerounaises non seulement de mieux résister à la concurrence, mais aussi de se positionner sur de nouveaux marchés.

À travers sa participation à cette 11ᵉ édition de la Caravane, le CGA Fiscal.com défend ainsi une conception élargie de l’accompagnement : celle d’un Centre de Gestion Agréé qui ne serait plus seulement perçu comme un intermédiaire fiscal, mais comme un outil de structuration, de croissance et d’ouverture des PME camerounaises et africaines.

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