À l’occasion de la 24ᵉ Journée africaine de la médecine traditionnelle, célébrée ce 31 août 2026 au Parcours Vita de Douala, les praticiens ont présenté leurs produits et méthodes de prise en charge. Parmi eux, le Dr Catherine Gatseye Hawona, qui se présente comme spécialiste des pathologies de la prostate, revendique 23 années d’exercice et affirme prendre en charge des cas allant des troubles prostatiques aux cancers. Des affirmations qui relèvent, à ce stade, de ses seules déclarations.

« Même avec la sonde, je peux traiter », affirme le Dr Catherine Gatseye Hawona lorsqu’elle évoque les patients souffrant de problèmes de prostate. Installée à PK8, à proximité du Centre de Santé du Golf, la praticienne assure exercer dans le domaine depuis 23 ans.

Selon elle, son activité consiste notamment à prendre en charge les troubles de la prostate, y compris des situations qu’elle qualifie d’avancées. Elle affirme pouvoir traiter des patients portant une sonde urinaire et dit également prendre en charge des cas de cancer de la prostate.

Pour étayer ses propos, elle affirme détenir la photocopie du résultat d’un examen effectué au Centre Pasteur de Yaoundé pour l’un de ses patients. Elle précise toutefois que son protocole repose essentiellement sur des plantes et des fruits naturels et affirme en revendiquer une efficacité de « 100 % », avec un traitement qui varierait selon le stade de la maladie.

Des explications, selon elle, sur les causes de la prostate 

Interrogée sur les causes des problèmes prostatiques, la praticienne met notamment en avant, selon son interprétation, les maladies vénériennes non traitées. Elle estime par ailleurs que tous les hommes sont concernés par ces pathologies.

Elle avance également une explication liée à des « résidus de spermatozoïdes » qui, selon elle, ne seraient pas évacués lors des rapports sexuels et pourraient favoriser la maladie. Une interprétation qui n’est pas étayée dans l’entretien par des données scientifiques ou une référence médicale.

Pour la prévention, elle recommande aux hommes de commencer, dès 40 ou 45 ans, des séances régulières de « nettoyage » à base de plantes. Elle affirme par ailleurs avoir reçu cette année un patient âgé de 18 ans, présenté comme le plus jeune cas rencontré en 23 années de pratique.

Autre conseil donné par la praticienne : uriner immédiatement après chaque rapport sexuel.

Une activité qui dépasse les frontières camerounaises

À l’occasion de cette Journée africaine de la médecine traditionnelle, le Dr Catherine Gatseye Hawona annonce également une promotion sur ses produits. Elle indique proposer certains traitements à 20 000 FCFA au lieu de 100 000 FCFA, et d’autres à 10 000 FCFA au lieu de 50 000 FCFA, durant la journée.

La praticienne affirme par ailleurs avoir pris en charge « des millions de personnes » en Afrique et en Europe, notamment en Allemagne. Elle dit également expédier ses produits à l’étranger par DHL et assure que ses remèdes sont distribués à travers le Cameroun.

Derrière ces déclarations, une question demeure essentielle : quelle place et quel encadrement pour les traitements traditionnels revendiquant une efficacité sur des pathologies aussi sensibles que les maladies de la prostate ou le cancer ? Si la médecine traditionnelle occupe une place importante dans les systèmes de soins africains, les allégations thérapeutiques concernant des maladies graves doivent pouvoir être confrontées à des preuves cliniques et à l’évaluation des autorités sanitaires compétentes.

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