Alors que le Cameroun reste cantonné dans un engrenage politique à répétition, Cyrille Sam Baka recommande de revenir au fondement de la démocratie dont le point de départ fût la réunion tripartite de 1990. Les deux ouvrages dédicacés vendredi dernier à Douala, renseignent sur la Tripartite et Propose un nouveau Paradigme pour le Cameroun. “Je suis un témoin oculaire et un acteur de cette histoire, qui est notre histoire commune. Beaucoup ne savent pas quels étaient les accords de la Tripartite”, Cyrille Sam Baka veut en informer les camerounais.
Vendu à 5000f et 10£, les œuvres parus aux éditions l’horizon de Serge Youmbi, et prefacé par l’écrivain Martin Bapeck, ont été dédicacés ce vendredi 13 mars à Douala, en présence des acteurs politiques de diverses formations, et des élèves. Selon l’auteur, les deux ouvrages désormais sur le marché doivent intégrer le programme scolaire pour le bien de l’histoire du pays. Dans le livre « Les Luttes politique au Cameroun (1990-1991) », l’auteur revient sur la Réunion tripartite. Cyrille Sam Baka propose “Un nouveau paradigme pour le Cameroun”, dans le deuxième livre.
Une fuite en avant après la première Tripartite
D’après l’auteur de « Les Luttes Politiques au Cameroun (1990-1991), les commissions avaient été mises en place pour préparer la tripartite 2, et présenter les refontes de la tripartite 1. “Les commissions se sont mises au travail. Et malheureusement, nous avons suivi à la radio, le chef de l’État a annoncé les élections législatives, avec une subvention de 500 millions de frais de préparation, pour les participants volontaires. Alors que la tripartite “1” attendait la tripartite “2” et le Référendum pour que le Cameroun soit en mouvement pour le changement. Malheureusement, les choses ne se sont pas passées ainsi. Nous n’avons pas eu la tripartite 2, nous n’avons pas eu tout ce que nous souhaitions”. Cyrille Sam Baka déclare que ceux qui avaient participé à ces élections n’étaient pas des opposants, “Ceux qui ont été à ces élections, l’ont prouvé quelques années après, en intégrant le Gouvernement. La véritable opposition avait boycotté les élections en 1992”, a-t-il fait savoir à Cameroon Press.

L’urgence de remettre les compteurs “à zéro”
L’auteur pense que le Cameroun va mal, et qu’il faut repartir de la base. “nous sommes à la croisée des chemins et on n’arrive pas à trouver des solutions. Nous devons revisiter l’éducation, l’économie, la politique, l’histoire, etc. Le colon blanc est parti, le colon noir reste, et nous-mêmes, nous devons nous demander, quand est ce que nous avons bâti quelque chose pour nos enfants”. Pour se faire, le point de départ reste la connaissance du passé politique du pays, afin de mieux être outillé pour le changement.
“Moi j’ai été à la réunion tripartite, j’ai participé au grand dialogue. Je dois dire que le Grand Dialogue national, pour moi, n’avait aucun sens, parce qu’ayant vécu là tripartite, les camerounais étaient unis, soudés, ils ont travaillé sérieusement. Et, le chef de l’État avait dit : « Ce qui sortira de là sera imposable à tous », donc c’était en fait un contrat entre les trois parties. Sam Baka précise que les refontes issues de la réunion tripartite n’ont pas été respectées, mais il y a eu des évolutions et les camerounais se sont contentés des évolutions, pourtant il faut aller en profondeur. “Et pour aller en profondeur, il faut déjà savoir ce qui s’était passé à la tripartite.
Le Parti au pouvoir s’exprime

D’après Auguste Etouke du RDPC, l’idée du président Sam Baka est très bonne, “il nous fais repenser à ce moment des années 90, et les prémices de la démocratie au Cameroun. Seulement. Néanmoins, nous pensons que le développement s’est fait ailleurs”. En réalité, si on doit faire l’analyse des panélistes, ils ont plutôt fait l’autopsie de l’échec de l’opposition depuis la tripartite. On ne peut pas reprocher au pouvoir d’avoir l’art de rester au pouvoir. Car, rester au pouvoir, c’est un art, l’opposition n’a qu’à s’organiser, pour renverser la vapeur.

André Lutter Meka (RDPC) : “Je pense qu’il y a une opposition constructive et une opposition destructive. Et M. Sam Baka fait partie de l’opposition constructive qui apporte des idées. Nous sommes venus écouter ses idées, nous sommes également venus écouter sa trajectoire du Cameroun. Il a sa perception de la politique, et nous avons la nôtre.
André Lutter Meka pense que l’action fondamentale de la politique au Cameroun, et les dynamiques de changement, c’est le président Paul Biya. “C’est lui qui a permis l’ouverture de la démocratie. Et, on ne peut pas parler de dynamique de changement au Cameroun, sans parler de l’équation Paul Biya”. Le membre du RDPC déclare que sur le plan de l’éducation, les livres de Sam Baka apporteront un plus. “Sam Baka a été un acteur et il a un certain nombre de faits vécus qu’il apporte, et qui peut édifier ceux qui n’ont pas vécu la tripartite”.
















