Jusque là, le gouvernement Camerounais était constitué au plus haut sommet d’un Président, d’un Premier Ministre, d’un Secrétaire Général à la Présidence de la République (Ministre d’état), le tout suivi des ministres d’état et simples ministres. Désormais, avec la nouvelle donne que justifie la constitution, le Vice-Président sera la personnalité politique la plus proche du président.
Contrairement au passé, le président de la république du Cameroun pourra être assisté d’un Vice-Président nommé par celui-ci, jouissant de tous ses pouvoirs jusqu’en fin de mandat, en cas de vacances. La constitution révisée le 14 Avril dernier à l’issue d’un vote à l’assemblée nationale à presque 100% favorable, a fait naître cette fonction présidentielle annexe, faisant par la même occasion des remous au sein de l’opposition camerounaise.
En effet, la Constitution du Cameroun a été modifiée à plusieurs reprises depuis l’indépendance en 1960. La révision la plus marquante est celle du 18 janvier 1996, qui a profondément modifié celle du 2 juin 1972, suivie d’une modification notable le 14 avril 2008 concernant la limitation des mandats présidentiels. Depuis l’avant dernière révision en 2008, le mandat du président de la république n’est plus limité. Au demeurant, le pays a connu plusieurs évolutions constitutionnelles majeures, passant d’un État fédéral à un État unitaire.

Ce que prévoient les nouvelles dispositions de la Constitution
Article 5.- (nouveau) (1) Le Président de la République est le Chef de l’Etat. (2) Elu de la Nation tout entière, il incarne l’unité nationale:
a) Il définit la politique de la Nation; b) Il veille au respect de la Constitution; c) II assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics; d) Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la permanence et de la continuité de l’Etat, du respect des traités et accords internationaux.
(3) Il peut être assisté d’un Vice-Président.
(4) La durée des fonctions de Vice-Président ne peut excéder celle du mandat du Président.
(5) En cas de vacance de la Présidence de la République pour cause de décès ou de démission, ou en cas d’empêchement définitif dûment constaté par le Conseil Constitutionnel, le Vice-Président achève le mandat du Président de la République.
La réaction de Maurice Kamto, enseignant de Droit et Homme Politique
D’après le Président National du MRC en la personne de Maurice Kamto, cette révision est un coup d’état constitutionnel. S’exprimant sur le sujet, Maurice Kamto a fait savoir que son opposition n’est pas liée à la fonction même de Vice-Président, mais sur sa conformité juridique et constitutionnelle. “Nous n’avons aucun problème à ce qu’un poste de vice-président de la République soit mis en place. Notre problème est qu’il doit être conforme à la Constitution de la République”, selon lui, cet acte législatif adopté à la Chambre basse est contraire aux dispositions constitutionnelles en vigueur. Maurice Kamto estime que cette initiative a violé l’article 64 de la Constitution camerounaise.

En effet, l’article 64 de la Constitution du Cameroun dispose “qu’aucune procédure de révision ne peut être engagée lorsqu’elle porte atteinte à la forme républicaine de l’État, à son unité, à son intégrité territoriale ainsi qu’aux principes démocratiques qui régissent la République”. Cette disposition est généralement interprétée comme une « clause d’intangibilité », fixant des limites matérielles aux modifications constitutionnelles, même lorsqu’elles sont adoptées par le Parlement réuni en Congrès.
















