Hélène Teuba a été condamnée à mort par le tribunal de grande instance du Ndé, à Bangante, le 10 mai 2004, pour avoir tué deux de ses enfants en les précipitant dans une rivière. Hélène Teuba a indiqué à de multiples reprises avoir agi sous l’emprise d’une force maléfique.
Selon le réseau des avocats camerounais contre la peine de mort, « la législation camerounaise est claire sur les cas de démence : un individu atteint « d’une maladie mentale telle que sa volonté a été abolie ou qu’il n’a pu avoir conscience du caractère répréhensible de son acte » est pénalement irresponsable. Si la démence n’est pas totale, elle constitue tout de même une excuse atténuante ».
Les avocats abolitionistes expliquent que « dans ces cas, il est de la responsabilité du tribunal d’ordonner une expertise médicale, ce qui n’a pas été réalisé pour Hélène Teuba. D’après les entretiens réalisés avec les gardiens de la prison et les autres personnes détenues rencontrées à Bafoussam, où elle est incarcérée, l’état mental d’Hélène Teuba se serait aggravé en détention. Elle n’a reçu aucune assistance médicale spécifique pour ses troubles et serait devenue très agressive »
Les ONG abolitionites partenaires estiment que « la peine de mort participe, on le sait aujourd’hui, à la violence de la société ; et son maintien conforte le taux de criminalité. Elle n’a aucun caractère dissuasif. Elle est irréversible, alors même qu’aucun système judiciaire n’est évidemment infaillible. Elle entretient l’antinomie qui oppose la mort à la justice. Tous ces arguments nous sont connus et sont incontestables. Il est bon, pourtant, d’en rappeler la quintessence, surtout lorsque cette peine est prononcée dans les conditions les plus iniques, et sans aucun respect des principes d’un procès équitable.
Avec Les ONGs : Droits et Paix, Ensemble Contre la Peine de Mort, Réseau des Avocats Camerounais Contre la Peine de Mort.



















